Fête de l’Huma, prix des cotisations, "révolution" : petits conseils d’élus socialistes à Cambadélis pour faire du PS un parti de masse

Publié à 17h31, le 05 juin 2015 , Modifié à 22h17, le 05 juin 2015

Fête de l’Huma, prix des cotisations, "révolution" : petits conseils d’élus socialistes à Cambadélis pour faire du PS un parti de masse
Jean-Christophe Cambadélis © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Adoubé par les militants comme Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a tenu, campagne oblige, un discours ambitieux pour le parti qu’il dirige. Son objectif, à l’instar de celui de Nicolas Sarkozy pour le parti Les Républicains : faire du PS un parti de masse avec en ligne de mire le chiffre de 500.000 adhérents. Rien que ça, alors que le PS compte, à l’ouverture du congrès de Poitiers qui débute ce vendredi 5 juin, 131 000 adhérents actifs.

Pour aider le Premier secrétaire du PS dans sa mission (impossible ?), le Lab a demandé à plusieurs élus socialistes leurs conseils à Jean-Christophe Cambadélis pour atteindre cet objectif aussi complexe à remplir que l’inversion de la courbe du chômage.

Bière gratuite pour les militants, goodies ? Rien de tout cela. Légitimiste, le député Eduardo Rihan Cypel imagine un grand raout culturel pour rapatrier au PS des sympathisants de gauche. "Il faut faire un grand festival culturel et musical", imagine-t-il auprès du Lab. L’ex porte-parole du PS verrait bien la création d’une sorte de Fête de l’Huma de Solférino.

Plus pragmatique, le député Yann Galut, signataire de la motion D portée par Karine Berger, veut viser le trou dans le porte-monnaie. En période de crise économique, l’élu du Cher pense qu’il faut que le PS baisse le prix d’adhésion au parti, qu’il juge "inabordable" pour certains. Il confie au Lab :

"

Il faut vraiment baisser le prix des cotisations. On ne peut plus avoir un PS aussi cher pour les adhérents à 150€ par an.

"

D’autres, plutôt étiquetés frondeurs, veulent changer la manière de faire de la politique. Podemos et Syriza dans un coin de la tête, Christian Paul, lors d’une conférence de presse ce vendredi 5 juin avant l’ouverture officielle du Congrès, craint ainsi que le PS ne soit "ringardisé" par ces nouvelles formes d’engagement. Le leader de la motion B développe :

"

Les appareils politiques traditionnels sont soumis à des pressions très fortes. On a besoin d’envoyer un message d’espoir. Il faut que les appareils traditionnels répondent aux attentes des Français. Cela doit nous stimuler, nous rendre créatifs. Sinon, Podemos, en un ou deux ans, peut ringardiser le Parti socialiste.

"

>> À relire : Jean-Christophe Cambadélis craint l'émergence en France "d'un mouvement comme Podemos"

"Sinon, le parti terminera le quinquennat comme un petit parti de 30.000 adhérents", poursuit Christian Paul. "Il faut faire la révolution", renchérit sans rire l’aubryste François Lamy qui a finalement rejoint la motion A de Jean-Christophe Cambadélis. Et le député de l’Essonne transféré à Lille après son départ du gouvernement de développer :

"

Il faut faire la révolution. Il faut bouger, ne pas rester dans des schémas anciens. Le parti n’est plus la forme la plus adaptée.

"

Pour d’autres encore, issus de divers courants du PS, ce n’est pas dans la forme mais dans le fond que le PS retrouvera ses adhérents perdus. Ainsi le frondeur parisien Pascal Cherki imagine le salut socialiste par un parti qui "pèse vraiment sur la politique du gouvernement". C’est d’ailleurs l’objectif revendiqué de Jean-Christophe Cambadélis.

Tout aussi critique envers la politique menée par François Hollande et Manuel Valls, le truculent Gérard Filoche fait plus simple :

"

Il faut mener une politique de gauche.

"

Entre les lignes, on retrouve la même idée chez le député Laurent Baumel. Pour cette tête d’affiche de la motion B et de la fronde parlementaire, "il faut mener une politique qui donne envie de revenir". Sous-titre : une politique de gauche fidèle au Bourget. David Assouline, pourtant signataire de la motion A, ne dit pas forcément autre chose quand il estime qu’il faut "repolitiser le parti sur les valeurs de la gauche".

Si avec ces parlementaires-les-bons-tuyaux, Jean-Christophe Cambadélis ne trouve pas la solution…

Du rab sur le Lab

PlusPlus