Greenpeace : la fausse bonne idée

Publié à 14h40, le 05 décembre 2011 , Modifié à 19h51, le 05 décembre 2011

Greenpeace : la fausse bonne idée
La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Maxppp)

Des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine dans l'Aube pour prouver qu'il y a bien des failles dans la sureté nucléaire. Mission réussie, mais à quel prix, se questionne notre blogueur Jegoun, pour qui ce coup d'éclat risque surtout de faire le jeu... du gouvernement. D'accord, pas d'accord, débattez-en sur le Lab.

  1. Une action contre-productive

    Lundi, des militants de Greenpeace se sont introduits dans les centrales nucléaires de Chinon (Indre-et-Loire) et de Nogent-sur-Marne (Aube). Ils auraient aussi tenté de s’introduire dans celles de Cadarache (Bouches-du-Rhône) et du Blayais (Gironde), mais auraient échoué.

    Voir la video des militants GreenPeace inflitrés dans la centrale de Nogent

    Ces actions coup de poing visent à nous prouver que les centrales ne sont pas sûres : des terroristes, par exemple, pourraient y entrer et faire péter la boutique (je suppose néanmoins qu’il faudrait qu’ils soient bien organisés et équipés).

    Henri Guaino a dit que l'action "fait quand même réfléchir sur la sécurisation des accès aux centrales nucléaires" juste après avoir déclaré que l’action était irresponsable… Il ne manque pas d’air…

    Eric Besson, quant à lui, qui n’est visiblement pas vraiment au parfum, a déclaré: "Si l'enquête confirme que Greenpeace est entré dans la centrale, cela veut dire qu'il y a eu dysfonctionnements et qu'il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas."

    Je suppose que notre grandiose gouvernement va ordonner la mise en place de caméras de surveillance, voire le déploiement de cordons de CRS autour des centrales pour pouvoir claironner que le nucléaire français est sûr. Faudra-t-il, ensuite, que Greenpeace détourne un avion et "fasse semblant" de s’écraser sur une centrale pour démontrer l’inverse ?

    Je n’aime pas ce genre de coup d’éclat de Greenpeace qui, politiquement, revient à pisser dans un violon : on sait que les centrales ne sont pas sûres à 100% mais les électeurs ne savent pas s’ils auront assez d’électricité cet hiver. Par contre, c’est un nouveau "fait divers" sécuritaire sur lequel le gouvernement pourra rebondir pour réaffirmer "sa plus grande fermeté" (à propos de je ne sais trop quoi, d’ailleurs), critiquer les démagogues divers et l’absence de sérieux de ces groupuscules à la limite du terrorisme.

    Mais c’est le propre des militants écolos : se faire plaisir en faisant parler d’eux par des actions spectaculaires. Ce n’est pas ainsi qu’on sortira du nucléaire…

  2. La sécurité nucléaire remise (sérieusement) en question

    Sur Europe 1

    L'action des militants de Greenpeace est selon eux "réussie" car elle prouve que la sûreté nucléaire laisse a désirer. Une action qui tombe quelques jours après la visite de parlementaires dans deux centrales qui a mis au jour des défaillances "ubuesques" dans les systèmes de sécurité. 

    Le député UMP Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), s’est ainsi rendu dans la nuit de mercredi à jeudi dans la centrale de Paluel, en Seine-Maritime, accompagné d’un responsable de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). 

    Ils ont simulé un accident de type "Fukushima". Il a fallu plusieurs heures aux agents pour réaliser la procédure d'urgence notamment à cause d'une clef égarée. 

    EXTRAIT 

    Les déconvenues se sont enchaînées, commençant par le manque d’une clef nécessaire pour ouvrir un panneau d'alimentation électrique, actuellement "en commande" et donc pas disponible sur le site. C’est ensuite un problème d’"indications du document de procédure" qui ont ralenti leur action.

    L'IRSN (Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire) a notament mis en garde la France le 17 novembre dernier estimant que la France devait faire évoluer "sans tarder" les normes de sécurité des centrales françaises. 

  3. Greenpeace tient son "live blogging"

    Sur Greenpeace

    Les militants de Greenpeace tiennent sur leur site un compte rendu actualisé en direct de leur action. A 14 heures, l'organisation publie une video d'un de leur militant dans une centrale nucléaire. "Pourtant EDF assure qu'il n'y a eu aucune autre intrusion... ", lit-on sur le site. Des militants sont encore infiltrés, assure l'organisation.

    Voir la video : 

  4. Duflot et Besson se chamaillent sur Twitter

    Alors que les militants de Greenpeace s'introduisaient dans la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube), Cécile Duflot a ironisé à 8h53 sur le terme de "dysfonctionnement" utilisé par Eric Besson quelques instants plus tôt sur France Info. Le ministre de l'Industrie lui a répondu via Twitter. 

    Revivre le clash Duflot/Besson :

    View the story "Clash Duflot Besson " on Storify]

  5. Crise de nerfs à l'UMP

    Sur Libération.fr

    Le coup de force des militants de Greenpeace a échauffé les esprits. Sur son compte Twitter, le responsable des Jeunes Pop' d'Indre-et-Loire (où se situe la centrale de Nogent) se lâche. En effet, Maxime Buizard estime que la gendarmerie aurait dû "abattre" les "terroristes" de Greenpeace. Conscient d'être allé trop loin - c'est un euphémisme - le jeune homme s'est excusé en fin de journée (et a rendu son compte privé).

  6. Cet article se construit avec vous !

    Vous avez vu une video, un tweet, un article sur l'action de Greenpeace dans les centrales nucléaires ? Collez le lien dans les commentaires, nous l'ajouterons à notre sélection. 

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