Asnières 2014 : Aeschlimann écrit à Devedjian pour balancer les conflits d’intérêts de son concurrent pour l’investiture UMP, Déchenoix

Publié à 12h39, le 16 septembre 2013 , Modifié à 13h15, le 16 septembre 2013

Asnières 2014 :  Aeschlimann écrit à Devedjian pour balancer les conflits d’intérêts de son concurrent pour l’investiture UMP, Déchenoix

DOCUMENT LAB - Pour l’UMP, la ville d’Asnières-sur-Seine pourrait ressembler à une poudrière. Dans une lettre adressée au président du Conseil général, Patrick Devedjian, ainsi qu’à l’ensemble des conseillers généraux, datée du 11 septembre, et que le Lab publie, l’ancien maire d’Asnières, Manuel Aeschlimann, "balance" Cyrille Déchenoix, son concurrent pour l’investiture UMP– qui a retardé l’échéance contrairement à de nombreuses municipalités.

Dans cette missive, Manuel Aeschlimann tient "à attirer" l’attention de Patrick Devedjian "sur des faits qui ont été portés à [notre] connaissance au début de l’été 2013". Des faits qui visent… Cyrille Déchenoix, dont il dénonce les conflits d’intérêts potentiels.

Ainsi pointe-t-il deux dossiers :

  

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Ces documents concernent le conseiller général Cyrille Déchenoix.

Il ressort entre autres de ceux-ci que :

- Monsieur Déchenoix est membre de la Commission d’Appel d’Offres du conseil général des Hauts-de-Seine. Dans ce cadre, il apparait que celui-ci aurait voté l’attribution de nombreux marchés publics à des sociétés, qui sont aussi « clientes » de la société d’intérim dont il est directeur commercial. Ces votes « cumulés » porteraient sur des marchés de plusieurs millions d’euros.

- Monsieur Déchenoix est délégué au sport du conseil général. Dans ce cadre, il est la cheville ouvrière du soutien départemental au club du Racing Métro. C’est notamment lui qui a proposé puis concrétisé le double de l’aide du CG au Racing Métro, faisant passer celle-ci de 500 000 euros à 1 million annuel. Là, il apparaitrait que, durant la même période, le Racing Métro est devenu client de la société d’intérim dont Monsieur Déchenoix est directeur commercial.

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Aussi Manuel Aeschlimann demande-t-il à Patrick Devedjian de "vérifier la matérialité" de ces faits afin d’en "établir une qualification juridique"

Contacté par le Lab, il ajoute :

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Patrick Devedjian doit en tirer les conséquences. Je pense que si les faits sont avérés, il doit être destitué de la place à la commission d'appel d'offres et de sa place aux Sports.

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Veut-il "tuer" son rival à l’approche de l’investiture de l’UMP ? Il assure que non. 

"Patrick Devedjian et les conseillers généraux ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas prévenus", explique au Lab l’auteur de la lettre, faisant référence à l'Affaire Cahuzac et assurant qu’il ne cherche pas "à disqualifier" son concurrent. Et de rappeler à l’ancien ministre Devedjian sa volonté de "nettoyer les écuries d’Augias" dans le 92. 

Cyrille Déchenoix, "visé par une enquête préliminaire ouverte au parquet de Nanterre depuis plusieurs semaines", dixit Le Monde, est suspecté de conflits d’intérêts entre ses mandats électifs et son poste de directeur commercial chargé des grands comptes dans une société de service.

Il n’a pas répondu aux sollicitations du Lab mais assure au Parisien que derrière ses tracas judiciaires, se cache l’emprunte de son concurrent, Manuel Aeschlimann. 

Aussi déclare-t-il au quotidien :

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Cette dénonciation, c’est celle d’un homme aux abois que plus personne ne soutient.
Il pratique la politique de la terre brûlée. Il sait qu’il ne peut pas être celui qui rassemble la droite. Tout ça fait le jeu du PS et de Sébastien Pietrasanta.

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Le président du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, qui déclare au Parisien "attendre des informations en provenance directe du parquet pour réagir", est de son côté annoncé présent au meeting de Cyrille Déchenoix, le mercredi 18 septembre.

En juin 2012, Cyrille Dechenoix avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre pour prise illégale d’intérêts. Quant à Manuel Aeschlimann, il a également été déjà condamné. A dix-huit mois de prison avec sursis, en 2011. En cause ? "Favoritisme dans l’attribution de marché public".

Patron de l’UMP locale, le sénateur Roger Karoutchi concède au Monde avoir échoué à trouver un candidat vierge de tout passé judiciaire.

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Personne n’a émergé. Je ne vais pas inventer quelqu’un.

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Sébastien Tronche, avec Ivan Valerio

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