Jean-Luc Mélenchon soigne sa com' avec l'affaire Jérôme Kerviel

Publié à 07h14, le 02 juillet 2013 , Modifié à 08h11, le 04 juillet 2013

Jean-Luc Mélenchon soigne sa com' avec l'affaire Jérôme Kerviel
Jérôme Kerviel et Jean-Luc Mélenchon (montage Le Lab via Maxppp)

OPA - Le marathon judiciaire de Jérôme Kerviel se poursuit jeudi 4 juillet. L'ancien trader sera cette fois devant les prud'hommes où il vient contester les motifs de son licenciement de la Société générale. Et depuis quelques jours, il a un soutien très politique : Jean-Luc Mélenchon.

Le dirigeant du Parti de gauche et son entourage tapent sur ce clou médiatique avec insistance. Tout commence le 20 juin quand l'ancien candidat à l'élection présidentielle publie sur son blog une note titrée "Kerviel est innocent". On apprend alors que le pourfendeur de la spéculation et du capitalisme sauvage prend la défense d'un ancien trader.

En guise d'explication, Jean-Luc Mélenchon fait une analogie entre l'affaire Jérôme Kerviel et l'affaire Dreyfus :

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Pour le militant politique que je suis, défendre un trader dans un conflit avec sa banque est aussi décalé que l’était la défense d’un capitaine monarchiste au début du siècle précédent contre l’institution militaire unanime.

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Dans la foulée, c'est son ancienne attachée de presse qui prend le relai. Celle qui a été sa RP pendant la campagne présidentielle contacte les journalistes au sujet du comité de soutien à l'ancien trader.

"Je voudrais attirer votre attention sur l'affaire dite "Kerviel" dont vous avez entendu parler", explique Sophia Chikirou. La communicante travaille pour Mediascop, agence qu'elle a contribué à fonder avec unepartie de l'ancienne équipe de com' du candidat Mélenchon pendant l'élection présidentielle.

Mais Arnauld Champremier-Trigano, directeur de l'agence, assure qu'aucun contrat ne les lie avec Jérôme Kerviel ou son comité de soutien. "Il s'agit d'une action militante", explique-t-il au Lab. Comprendre : entre deux contrats, on s'occupe aussi de projets militants, mais gratuitement. "La famille politique au sens large se met en mouvement", indique le communicant. Pour peu, on jurerait que le discours est rôdé et bien ficelé :

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C'est une thématique dans laquelle la gauche-écolo peut se retrouver, il s'agit de retrouver 1,7 milliards d'euros, c'est trois fois l'affaire Tapie.

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De fait, Clémentine Autain, membre du Front de gauche, et Julien Bayou, conseiller régional EELV en Ile-de-France, ont également pris position sur la question. La première dans la revue Regards, dont elle est co-directrice, estimant que cette affaire est "le puissant symptôme d’un capitalisme fou" et prédisant à ce nouveau volet "une forte charge politique".

Le second a donné une interview à Libération et poursuit là l'engagement qu'il a eu avec Sauvons les riches, collectif favorable à davantage de régulation bancaire. Un entretien au passage partagé par Jean-Luc Mélenchon sur son compte Facebook.

Derrière ces soutiens, l'avocat de Jérôme Kerviel : David Koubbi. Ancien conseil de Tristane Banon, c'est lui qui a approché Julien Bayou, comme il l'explique à Libération. Même commentaire dans l'entourage de Jean-Luc Mélenchon qui indique qu'au-delà du "coup de main militant", l'avocat a mis en relation les différentes parties.

L'OPA médiatique du dirigeant du Front de gauche se poursuit avec une interview donnée le 28 juin au Parisien magazine sur ce même sujet. "Je réclame justice pour Kerviel", lance celui qui vise "la toute-puissance de la finance".

Enfin, il ira jusqu'à tenir compagnie à Jérôme Kerviel, jeudi 4 juillet, au conseil de prud'hommes de Paris pour soutenir l'ancien trader qui conteste son licenciement pour faute lourde, en 2008.

Du rab sur le Lab

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