"Jungle" et "changement climatique" : Nicolas Sarkozy revendique son droit à "l'humour"

Publié à 10h50, le 08 novembre 2016 , Modifié à 11h12, le 08 novembre 2016

"Jungle" et "changement climatique" : Nicolas Sarkozy revendique son droit à "l'humour"
Nicolas Sarkozy, humoriste à ses heures © Capture d'écran Public sénat

PEUT-ON RIRE DE TOUT ? - Nicolas Sarkozy aime beaucoup aborder le sujet de l'immigration sous un angle décalé. Qu'il s'agisse de comparer les réfugiés à une fuite d'eau ou de blaguer sur la "jungle" de Calais qui serait une "conséquence" du "changement climatique", l'ancien président de la République a démontré ces derniers mois sa capacité à user de *bons mots* sur des questions pourtant assez peu humoristiques.

À chaque fois, les propos de celui qui veut reconquérir l'Élysée en ont choqué plus d'un. Mais d'après leur auteur, ces gens-là n'ont tout simplement pas d'humour. Sur Public Sénat et Sud Radio mardi 8 novembre, Nicolas Sarkozy s'est en effet défendu en invoquant le droit de tout un chacun à blaguer y compris - et même surtout - sur des sujets graves :

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- Journaliste : Vous comprenez que ça ait pu choquer ?



- Nicolas Sarkozy : Je vous connais depuis des années, je sais que vous êtes un homme qui avez [sic] de l'humour. C'est une image !



- Journaliste : Oui, mais le sujet prête peu à l'humour finalement, quand même.



- Nicolas Sarkozy : Ah bah si vous pensez qu'il y a des sujets où l'humour est banni, c'est qu'on a, alors là, une différence irréconciliable. Au contraire, l'humour, c'est pas pour les sujets légers, c'est pour les sujets graves.

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Une sorte d'invocation de "l'esprit Charlie", en somme, qui réactive l'éternelle question que se posent les humoristes, à savoir : "peut-on rire de tout" et "avec tout le monde" ? Nicolas Sarkozy n'étant cependant pas comique de profession - même s'il a pu parfois donner de ses meetings une impression de spectacle de stand-up -, c'est sur un ton beaucoup plus sérieux qu'il a expliqué le sens profond qu'il donne à ce genre de déclarations :

 

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J'ai voulu dire quoi ? Expliquons-nous, c'est très simple. Qu'on banalisait des réalités dramatiques avec des mots dont on finissait par oublier la signification.

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Il s'agit donc, dans son esprit, de lutter contre des abus de langage choquants. Et de citer l'exemple du "décrocheur", qui n'est "pas le décrocheur de tableau" mais "un jeune en souffrance qui est abandonné". "Quant à la 'jungle' de Calais, tout le monde commente la 'jungle', mais c'est un scandale ! Ce sont des malheureux qui souffrent, au milieu d'une population du Calaisis absolument exceptionnelle de générosité qui entend parler de la 'jungle' et finalement, ça devient normal, naturel, personne n'est choqué", a-t-il encore argumenté. Dit comme ça...

Pour conclure, Nicolas Sarkozy a encore avancé ce qui suit :

 

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Quand la maison brûle, le coupable n'est pas celui qui dit 'regardez, la maison brûle', le problème c'est que la maison brûle.

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Une référence à la célèbre phrase de Jacques Chirac sur le dérèglement climatique, plutôt osée lorsque la discussion porte en partie sur le réchauffement de la planète et que celui qui la prononce est également capable de relativiser fortement l'impact de l'homme dans ce phénomène...

Pour mémoire, Nicolas Sarkozy a donc joué la carte de "l'humour" en meeting à Belfort, vendredi 4 novembre, expliquant que "le changement climatique a eu des conséquences, il y a maintenant une 'jungle' à Calais". Une blague à laquelle il tient, puisqu'il l'avait déjà faite le 9 octobre, ironisant :

 

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Voilà que dans le Pas-de-Calais, il y a un nouveau climat... puisqu'il y a une jungle.

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Du rab sur le Lab

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