L’argumentaire de Michel Sapin pour la retraite à points

Publié à 13h25, le 20 décembre 2012 , Modifié à 14h01, le 20 décembre 2012

L’argumentaire de Michel Sapin pour la retraite à points
Michel Sapin et Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée nationale, le 7 novembre 2012. (Reuters)

Le gouvernement va s’attacher à réformer les retraites. Et pourrait opérer un changement de système en envisageant la retraite à points, a annoncé mercredi 19 décembre, Michel Sapin sur LCP.

Oui, il faudra revenir sur la réforme des retraites menée par le gouvernement Fillon en 2010. C'est ce qu'a annoncé mercredi 19 décembre Pierre Moscovici sur RTL.

Le ministre de l'Economie a confirmé que le déficit des régimes de retraite serait plus grand que prévu et qu'il faudra se repencher sur la question.

Toujours mercredi, invité de Questions d’info sur LCP, le ministre du Travail Michel Sapin a confirmé les propos du ministre de l’Economie tout   en vantant les mérites d’une retraite par points, déjà mise en avant en 2010. Un système qui tend "à mimer le fonctionnement d'un système de retraites par capitalisation", explique Alternatives économiques.

"Encore un gros dossier dont nous avons hérité", a lancé ce proche de François Hollande avant de développer son argumentaire :

Il ne faut pas s’interdire de réfléchir à cela. Le candidat François Hollande a dit qu’il ne s’interdirait pas une réforme en profondeur.

Une retraite par points ? Il faut que les gens comprennent de quoi il s’agit.

Ce système par points, c’est celui qui permet de simplifier les choses, de tenir compte de plusieurs métiers, de tenir compte de la pénibilité de ces métiers, qui fait en sorte que l’on accumule, garanti par la collectivité, des droits qui permettent de tenir compte de votre propre situation.

Le 1er novembre 2010, en pleine réforme des retraites menée par Eric Woerth, Marisol Touraine expliquait, dans un chat au Monde.fr, que "la question de la retraite à points a resurgi dans le débat lorsque le gouvernement a annoncé, à la fin de la discussion au Sénat, que sa réforme n'était pas durable et devrait être reprise dès 2013".

Celle qui est aujourd’hui ministre des Affaires sociales et de la Santé et qui pourrait, selon Challenges, être chargée de cette future réforme poursuit, soulignant que "derrière cette expression se cachent des réalités qui peuvent être différentes", qu’elle détaille :

Le système par points le plus simple– un mois travaillé donne X points – est très risqué car il revient à équilibrer le système en faisant varier la valeur du point. Très concrètement, dans la situation des prochaines années, cela signifierait la diminution du montant des retraites. C'est d'ailleurs ce que l'on a vu pour les retraites complémentaires.

Il y a un deuxième système possible, plus compliqué, qui est le système suédois, qui revient à combiner un système par points et la prise en compte de l'espérance de vie d'une génération. C'est un système assez séduisant mais la vérité oblige à dire qu'en Suède, les retraites ont baissé en raison du déséquilibre démographique.

C'est la raison pour laquelle les socialistes proposent de reprendre l'esprit de la réforme suédoise, mais en ne prenant pas en compte des points, mais du temps travaillé, et en modulant le temps travaillé nécessaire pour obtenir une retraite en fonction de la pénibilité du travail.

Une réforme à la suédoise alors ? Avant d’opérer un changement de paradigme sur le système français des retraites, Jean-Marc Ayrault a annoncé une "concertation" sur le sujet. Au printemps 2013.

 

Du rab sur le Lab

PlusPlus