La classe politique choquée par l’image qu’elle a donné d’elle-même lors des questions au gouvernement post-attentats

Publié à 11h45, le 18 novembre 2015 , Modifié à 11h58, le 18 novembre 2015

La classe politique choquée par l’image qu’elle a donné d’elle-même lors des questions au gouvernement post-attentats

PROFONDÉMENT CHOQUÉS - La séance des questions au gouvernement du mardi 17 novembre aurait-elle du se tenir ? C’est la question qui se pose après le spectacle déplorable donné par les députés qui ont fait voler en éclat l’unité nationale. Claude Bartolone s’est interrogé dès le soir même, rejoint ce mercredi par Brice Hortefeux qui, sur France Inter, a jugé :

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La procédure des questions au gouvernement, qui sont des moments de grande tension, et où parfois il y a des exagérations, des dérapages de part et d’autres, peut-être dans les circonstances actuelles, n’était pas la plus appropriée.

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Sur Europe 1, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui a présidé cette séance post-congrès et post-attentats alors qu’il avait dit qu’il se mettrait en retrait du fait de sa campagne des régionales, est revenu sur cette séance houleuse. "J’étais très surpris du climat qui régnait hier", déplore l’élu PS de Seine-Saint-Denis qui fustige ce "climat de campagne électorale" alors que les trois premiers orateurs LR étaient des têtes de liste aux régionales :

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Je pense que tout le monde va se ressaisir. Il y avait peut-être plus un climat de campagne électorale plutôt qu’une volonté de garder cette unité nationale.

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Qui est fautif ? La gauche, qui a titillé la droite rappelant les suppressions de postes dans la police sous Nicolas Sarkozy, ou la droite qui a invectivé Manuel Valls et hué Christiane Taubira avant même que la garde des Sceaux ne prenne la parole ? Pour Bruno Le Roux, c’est très clair, la gauche ne peut être accusée d’être "coresponsable" de l’image donnée. Invité de LCP, il déclare, visant une "consigne" de Nicolas Sarkozy envers ses troupes :

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J’étais abattu. Et je ne partage pas l’idée qu’il y aurait une coresponsabilité sur cette séance d’hier. Hier il y avait un certain nombre de députés de l’opposition qui avaient le sentiment d’avoir reçu des consignes, qui ont été détaillées dans un article du Monde. On leur avait demandé le matin d’être hyper-agressifs pour ne pas laisser le gouvernement dérouler les propositions qu’il faisait.

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Interrogé sur LCI et Radio Classique, Laurent Wauquiez, numéro 2 bis de LR, a regretté "le fait que le Premier ministre ait sans doute répondu de façon très agressive et directe à ce qui était juste une proposition de l'opposition". Mais il ajoute :

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Je le comprends en même temps, le Premier ministre est sur le pont, il est dans une situation où il est sollicité chaque jour, c'est normal.

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Ancien ministre et conseiller politique de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel s'est lui dit sur RFI "personnellement choqué", rejetant également une part de la faute sur Manuel Valls :

 

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Je regrette que le Premier ministre ait adopté hier un ton dont il a l'habitude, martial, donneur de leçon. Personne n'a le monopole de la dignité.

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Un débat qui s'est poursuivi entre députés PS et LR :

Dès mardi, des personnalités comme Cécile Duflot ou Jean-Christophe Lagarde avaient fait part de leur "honte" d'avoir assisté à un tel spectacle.

Du rab sur le Lab

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