André Vingt-Trois accuse l'Elysée de retirer les portraits de l'Abbé Pierre quand il visite un centre Emmaüs

Publié à 19h37, le 23 décembre 2012 , Modifié à 01h07, le 24 décembre 2012

André Vingt-Trois accuse l'Elysée de retirer les portraits de l'Abbé Pierre quand il visite un centre Emmaüs
(Maxppp - Xavier de Torres)

Le Cardinal André Vingt-Trois ne veut pas investir le terrain politique, déclare-t-il sur RTL, ce dimanche 23 décembre. Mais cela ne l'empêche pas de dénoncer "un certain climat". 

Invité du Grand jury, le patron de l'église catholique de France accuse l'entourage de François Hollande de faire de "l'excès de zèle". En ligne de mire, un événement bien particulier : la visite du chef de l'Etat pour l'inauguration d'un centre Emmaüs. Lors de celle-ci, il raconte que son service de presse aurait fait retirer le portrait de l'Abbé Pierre à la tribune, selon le Cardinal : 

Je pense que nous vivons dans une société civilisée, il se peut qu'il y ait des fonctionnaires qui pensent que c'est trop civilisé et qui fassent de l'excès de zèle. 

Quand le président de la République va inaugurer un centre Emmaüs et que le service de presse de l'Elysée enlève les portraits de l'Abbé Pierre sur le podium, je ne vois pas en quoi ça éclaire beaucoup la situation. 

Une accusation qui aurait déjà été relayée dans la presse. Selon le forum Cité-Catholique, l'édition du 7 décembre de Valeurs actuelles, hebdomadaire de droite rapportait l'événement."Juste avant le discours du chef de l'Etat, qui inaugurait le 7 décembre dernier le bric-à-brac d'Emmaüs Défi (une entreprise d'insertion dépendante d'Emmaüs), deux membres de la présidence ont fait retirer la grande photo de l'abbé Pierre (et l'un de ses livres) devant laquelle F.Hollande devait prononcer son discours", reproduit un utilisateur du forum. 

Sur l'antenne de RTL, André Vingt-Trois explique son opposition à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Il estime même que "c'est une question de vie ou de mort" : 

Cette question de mariage pour tous, c'est une question de vie ou de mort, dans le sens ou ça touche l'équilibre globale de la société. 

Et souligne son rôle dans la mobilisation contre cette loi : 

Jusqu'à que je fasse des déclarations un peu forte, tout était plié, ça allait passer comme une lettre à la poste. 

(...)

J'ai signalé quelques points d'attention. C'est un changement de l'institution matrimonale. 

(...)

Si cette manifestation a une vertue, c'est de montrer que ce n'est pas un débat de chaisières

Mais l'homme d'Eglise se garde d'investir le terrain politique, selon ses dires. "J'ai mis en branle un mouvement, mais je ne suis pas un acteur politique. Je donne des orientations, des éléments de refléxion, ça n'est pas moi qui organise l'action publique", précise-t-il. 

Le Cardinal vise également la ministre du Logement, Cécile Duflot."Découvrir qu'il fait froid au mois de novembre, c'est assez banal, mais on ne le fait pas dans l'urgence", déclare-t-il à son propos, répondant à la demande de Cécile Duflot, de faire réquisitionner des bâtiments de l'Eglise.

  

"Sur ce point là, elle a agi de façon légère", tranche-t-il. 

 

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