Le multiplex politique du 11 septembre avec Dray, Valls, NKM, Bayrou, Le Pen et Juppé

Publié à 09h32, le 11 septembre 2016 , Modifié à 07h50, le 12 septembre 2016

Le multiplex politique du 11 septembre avec Dray, Valls, NKM, Bayrou, Le Pen et Juppé

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 11 septembre : Manuel Valls (Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Echos/iTélé), Julien Dray dans BFM Politique (BFM TV/Le Parisien), François Bayrou dans Questions politiques (France Inter/France Info/Le Monde), Nathalie Kosciusko-Morizet dans le Grand Jury (RTL/Le Figaro/LCI), Marine Le Pen dans Vie politique (TF1) et Alain Juppé au JT de 20 heures (France 2).

  • Alain Juppé

#Comme Sarko (enfin presque)

Les Français ne font pas confiance au gouvernement pour affronter la menace terroriste. Ce qui pousse les candidats à la primaire de la droite à multiplier les propositions d'apparence sécuritaire. Nicolas Sarkozy propose ainsi d'enfermer les fichés S dans des centres de rétention. Pour Alain Juppé, c'est une bonne idée... même si en fait non. Dans une formule étonnante, le maire de Bordeaux explique qu'il est favorable à une telle proposition... sous le contrôle du juge :

 

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Il faut les [NDLR : les fichés S] neutraliser. On peut le faire avec l'état d'urgence, aujourd'hui, puisque les préfets ont la possibilité de les mettre en résidence surveillée. Je suis tout à fait favorable à ce qu'on aille plus loin, à ce qu'on les mette dans des centres de rétention, à une condition, c'est que nous respections un principe fondamental, c'est que l'autorité judiciaire, en France, est garante des libertés publiques.

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Dans l'idée d'Alain Juppé, il faudrait enfermer les fichés S dans des centres... à condition que le juge donne son aval. Ce qui est très différent du projet sarkozyste : Pour le président de LR, c'est le fait d'être fiché S qui justifie la rétention. Pour l'ex-Premier ministre, le juge doit étudier les situations au cas par cas. 

Au final, ce que propose Alain Juppé est très approchant du régime juridique actuel, à ceci près que les fichés S perçus comme dangereux ne seront plus assignés à résidence chez eux, mais placés dans des camps spécifiques. Tant pis pour les muscles.

  • Marine Le Pen

#JeNeSuisPasRaciste

55 % des Français jugent Marine Le Pen "raciste", selon un sondage cité par le journaliste de TF1 Gilles Bouleau. Ce qui

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C’est l’image que l’on a cherché pendant de nombreuses années à donner de moi en en général de nous. Cette accusation est profondément injuste ne correspond ni à notre pensée ni à notre programme. Rien dans notre projet ne vise à séparer les gens en fonction de leur race ou à discriminer une partie de la population en fonction de sa race, de son origine ou de sa religion. Par conséquent, nous ressentons avec tristesse avec un profond sentiment d’injustice cette image qu’on essaie de nous coller.

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Sur Europe 1 en 2013, la cheffe frontiste avait menacé de poursuivre en justice une spectatrice qui l’accusait d’être "raciste" lors d’un face à face très tendu.

#Hommage à Chirac

Interrogée sur une photo d’elle prise à Saint-Pierre-et-Miquelon et affichée dans son QG de campagne, Marine Le Pen en profite pour dire son "affection" pour l’Outre-Mer "qui fait partie des oubliés". L’occasion de rendre un hommage inattendu à Jacques Chirac :

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J’aimerais bien qu’on oublie pas que l’Outre-Mer c’est la France parce que l’Outre-Mer a été totalement abandonné, totalement méprisé que ce soit pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy ou pendant le quinquennat de François Hollande. Permettez-moi de tirer un petit coup de chapeau à Jacques Chirac, ça n’arrive quasiment jamais, mais je trouve que dans ce domaine, il a pris des mesures nécessaires.

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La cheffe frontiste assure que l'Outre-mer aura une "place particulière dans la vision stratégique" qu'elle entend porter pour 2017, notamment sur "les métiers de la mer". La candidate à la présidentielle semble oublier qu'elle a eu, à trois reprises, des difficultés à se rendre aux Antilles, où des comités avaient empêché sa venue. 

  • Manuel Valls

#Tromperie

Lourde charge de Manuel Valls contre Nicolas Sarkozy ce dimanche. Alors que le candidat à la primaire LR évoque ses propositions en matière de lutte contre le terrorisme dans le JDD (et notamment d'appliquer le principe de précaution aux djihadistes), le Premier ministre estime que l’ancien chef de l’Etat "se trompe" sur toute la ligne. Après avoir dit qu’il avait "du respect pour (ses) concurrents", Manuel Valls déroule son offensive et accuse Nicolas Sarkozy, en plus de se méprendre, de "diviser les Français" :

 

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Qu’il laisse le peuple français choisir en avril et mai prochain. Il se trompe Nicolas Sarkozy. Il s’est trompé en 2012 sur la lecture de la menace terroriste. Il s’est trompé comme président de la République. Il se trompe sur la méthode en essayant de tordre le coup à l’Etat de droit face à la menace. La réponse à l’époque des Républicains et de George Bush en créant un Patriot act n’a pas mis les Etats-Unis à l’abris de la menace. Il se trompe sur la forme en faisant croire aux Français qu’avec lui il n’y aurait plus d’attentats. Il le laisse entendre en disant que nous n’avons pas tout mis en œuvre contre le terrorisme alors que deux lois ont été adoptées à une large majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il apporte solutions du passé. Il se trompe sur l’analyse qu’il fait. Il est brutal dans ses propositions et il divise les Français.

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"Sarkozy dans le JDD : mensonges, outrance et démagogie", a réagi de son côté le député PS spécialiste des questions de terrorisme, Sébastien Pietrasanta tandis qu'Arnaud Leroy, également député PS, estime quant à lui que Nicolas Sarkozy est "premier au grand slam du populisme".

Dans cette même interview au JDD, Nicolas Sarkozy reproche au procureur de Paris François Molins "d'interférer dans le débat politique", alors que ce dernier avait notamment jugé inapplicables ses propositions de placer les fichés S en rétention ou de créer un parquet national antiterroriste.

Jeudi, c'est François Hollande qui avait ciblé Nicolas Sarkozy, répondant via... une anaphore aux "arguties juridiques" de l'ancien Président.

#Pas un recours

Manuel Valls, qui rêve sans s’en cacher de l’Elysée, se tient-il prêt à partir en campagne au cas où François Hollande renoncerait à être candidat en 2017 ? Certains de ses proches le souhaitent et aimeraient bien voir le Premier ministre porter les couleurs du PS plutôt que François Hollande. Mais qu’en pense l’intéressé ? "Je ne suis pas un suppléant, pas un recours", dit-il fermement après un bel épisode de langue de bois :

 

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Quels sont les enjeux de l’élection présidentielle ? Au-delà des enjeux que nous avons évoqués, il y a le danger du FN. L’enjeu politique, c’est le danger que représente le FN. Le deuxième enjeu, c’est l’élimination de la gauche au soir du 1er tour, aA capacité à être au deuxième tour face au FN. C’est bien l’enjeu. Troisièmement, c’est la recomposition politique. Toute candidature sera liée à cela. Je suis Premier ministre, pas suppléant, pas recours. Je dois agir.

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  • Julien Dray

#Enfantillages

Julien Dray a l’oreille de François Hollande. Il lui avait demandé de "renverser la table" pour reprendre l'initiative face à ses détracteurs et semble avoir été entendu, selon lui, avec le discours du chef de l’Etat salle Wagram autour de la question "démocratie et terrorisme". Mais le conseiller général PS d’Ile-de-France craint qu’un "éclatement de la gauche" qui "condamnerait dès le départ" la gauche à l’élection présidentielle fasse renoncer François Hollande.

Et, sans les citer, Julien Dray de demander aux Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et autres candidats à la primaire du PS qui ne veulent plus de François Hollande, de mettre leur ego de côté :

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Je le dis gentiment avec tout le respect que j’ai pour ces camarades, ces militants. Il faut cesser certains enfantillages.

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Il poursuit :

 

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Si on veut diriger la France, il faut être capable de mettre en avant l’intérêt général avant l’intérêt particulier. Il faut sacrifier son propre ego, son destin personnel, au profit du destin collectif.

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  • François Bayrou

# Macron 2017 = Sarkozy 2007

Emmanuel Macron, avec son mouvement "En Marche !", veut réunir des gens issus de la droite et de la gauche. S’il est courtisé par le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, François Bayrou, lui, n’a pas du tout envie d’opérer un rapprochement avec l’ancien ministre de l’Économie. Car selon le maire de Pau, il défend un projet de société proche de celui proposé par Nicolas Sarkozy en 2007 :

 

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Je ne me reconnais pas dans ce qu’Emmanuel Macron incarne. Le projet de société qui est celui d’Emmanuel Macron, il est infiniment proche de celui que Nicolas Sarkozy défendait en 2007. Je me suis affronté avec Nicolas Sarkozy sur les inégalités croissantes le soutien, la justification sur les milliardaires. [Emmanuel Macron] a dit 'Il faut que les jeunes français aspirent à devenir des milliardaires. NS disait ça c’est la réussite. C’est évidemment le monde de l’argent. Or aujourd’hui, l’argent gouverne tout.



Si vous lisez la notice wikipédia d'Emmanuel Macron, vous voyez : haut fonctionnaire, banquier d’affaire, homme politique. [...] Toute ma vie, je me suis battu pour qu’il n’y ait pas de connivences, pas de franchissement de frontières entre le monde des intérêts privés et celui de l’intérêt public.

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Le patron du MoDem reproche également à Emmanuel Macron d’avoir fait sa "première manifestation publique à la City de Londres, la Mecque de la finance où il a organisé un dîner à 7.500 euros le couvert". Cette somme correspond en fait au plafond légal de don pour aider financièrement un mouvement politique.

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  • Nathalie Kosciusko-Morizet
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#Souviens-toi décembre dernier
Nathalie Kosciusko-Morizet n’est pas rancunière mais presque. Interrogée sur le fait que le nombre de candidats à la primaire prouve, selon Nicolas Sarkozy, que cette compétition n’était pas verrouillée, NKM a répliqué d’un cinglant :

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Ce n’est pas grâce à lui.

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Sous-entendu, ce n’est pas son appel de dernière minute à aider son ancienne porte-parole de campagne à avoir ses parrainages qui a fait la différence. NKM remercie en revanche nommément Alain Juppé qui, souligne-t-elle, a été le premier à faire un appel en ce sens. Et la députée LR de l’Essonne d’ajouter en direction de Nicolas Sarkozy :

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Nicolas Sarkozy a eu comme dernier geste à mon égard de me virer de la direction des Républicains. C’était en décembre dernier. Je n’attendais pas particulièrement de geste de soutien de sa part, je n’en demandais pas, du coup je n’ai pas été déçu. 

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"J’ai souhaité pouvoir bénéficier du soutien de 23 parlementaires pour qu’aucun ne puisse dire que c’était grâce à lui", ajoute-t-elle, désirant démontrer qu’elle n’est redevable envers aucun des favoris de la primaire.

#Fausses polémiques

Outre le fait qu’elle soit la seule femme candidate à la primaire, NKM essaye de se distinguer sur le programme. Et notamment en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Son cheval de bataille ? Une proposition de loi pour interdire le salafisme. Interrogée sur les propositions de Nicolas Sarkozy en la matière, ce dimanche dans le JDD, Nathalie Kosciusko-Morizet accuse l’ancien Président de "lancer des fausses polémiques" et prend comme exemple son offensive contre le droit du sol qu’elle compare à la déchéance de nationalité :

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Il est en train d’essayer de lancer des fausses polémiques. Relancer une polémique sur le droit du sol, est-ce résoudre les problèmes ? Je ne crois pas. C’est exactement comme la déchéance de nationalité. C’est symbolique, ça accroche l’oreille, l’opinion, mais derrière, il n’y a absolument aucune efficacité. Ça ne changera rien à notre situation.

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En revanche, elle ne s’oppose pas à la proposition de Nicolas Sarkozy de suspendre le regroupement familial. "C’est autre chose, dit-elle. On a besoin de refonder totalement notre politique migratoire."

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