Le multiplex politique du 20 mars avec Jean-Marie Le Pen, NKM, François Fillon, Alain Juppé, Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Guen

Publié à 12h01, le 20 mars 2016 , Modifié à 21h49, le 20 mars 2016

Le multiplex politique du 20 mars avec Jean-Marie Le Pen, NKM, François Fillon, Alain Juppé, Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Guen

#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre (voir plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous qui lancent la semaine politique.

Au programme de ce 20 mars : Jean-Marie Le Pen, NKM, François Fillon, Alain Juppé, Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Guen.

  • Deuxième partie

>> Marion Maréchal-Le Pen, BFM politique

 

# Le parallèle Daech/FN, plus personne ne le fait grâce à Marine

Le 16 décembre, Marine Le Pen tweetait trois photos d’exactions commises par Daech pour dénoncer les propos du journaliste de RMC/BFMTV Jean-Jacques Bourdin qui évoquait des "liens pas directs entre Daech et le Front national  mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté d'esprit". Pour sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, la diffusion de ces photos a eu au moins un avantage :

 

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C’est une réaction épidermique de Marine Le Pen, je l’ai comprise. Le parallèle entre le FN et Daech a été repris par l’UMP [sic] et le PS et même certains journalistes. [...] Le mérite, c’est que ça n’a jamais été repris après.

 

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Après la diffusion de ces photos, la patronne du FN s’était attirée les foudres de beaucoup de monde, y compris des parents de James Foley, journaliste américain décapité par Daech, qui avaient alors exigé le retrait de la photo de leur fils.

#Le FN au pouvoir, il n’y aurait pas eu de 13 novembre

Alors que le Front national fustige régulièrement la politique migratoire du gouvernement, la députée du Vaucluse a dressé un parallèle entre immigration et terrorisme en estimant que "l’immigration en France [était] devenue un vivier de radicalisation". Marion Maréchal-Le Pen est allée jusqu'à déclarer que les attentats du 13 novembre n’auraient pas eu lieu si son parti avait été au pouvoir :

 

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Il n’y aurait probablement pas eu de 13 novembre si le FN avait été au pouvoir. La plupart de ceux qui ont frappé la France [...] auraient été derrière les barreaux.

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La candidate malheureuse à la région PACA a rappelé que Salah Abdeslam, arrêté le 18 mars à Bruxelles, était "issu de l’immigration" et demandé qu’il soit déchu de sa nationalité française.

>> Alain Juppé, Cpolitique (France 5)

#Je ne suis pas pépère

Invité du Grand Jury ce dimanche 20 mars, François Fillon a égratiné ses principaux concurrents à la primaire, et Alain Juppé en a pris pour son grade. L’ex-Premier ministre estime que le favori des sondages a un "programme ‘pépère’" et qu’il "considère que la France est fragile". Le maire de Bordeaux a donc répliqué quelques heures plus tard sur le plateau de Cpolitique :

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François, qui est un ami, se trompe. Moi, je considère que la France est très forte. Il ferait bien de me lire un petit peu. [...] Moi, je ne vais pas me borner à promettre de la sueur, du sang et des larmes.

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Alain Juppé a par ailleurs déclaré que "le référendum, c’est l’arme atomique pour écraser la mouche". Y voir donc une pique à l’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy qui affectionne particulièrement cette procédure.

>> Jean-Marie Le Guen, iTélé

#Service après-vente

Après la mise en garde de Manuel Valls aux militants PS lors d’une "Fête de la Rose" à Wattrelos (Nord) contre "la tentation mortelle de tirer contre (leur) propre camp", Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le parlement, a assuré le service après-vente. Il a déclaré :

 

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Nous avons le sentiment effectivement qu'il y a un certain nombre de gens à gauche qui poussent la critique à un point et de façon si systématique, et de façon si démonstrative, qu'ils sont là pour gêner, voire pour empêcher l'action de la gauche de gouvernement. C'est une erreur parce que l'alternative à la gauche de gouvernement (...) c'est la gauche qui n'a pas de main. C'est la gauche qui s'indigne mais (...) qui n'est pas dans l'action.

 

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Manuel Valls et Jean-Marie Le Guen visent en première ligne la maire de Lille Martine Aubry qui, le 24 février, avait signé une tribune virulente contre la politique du gouvernement.

  • Première partie

>> Jean-Marie Le Pen, Le 12/13 Dimanche, France 3

#Électoralisme

François Hollande a participé, le 19 mars, à une journée de commémoration de la guerre d’Algérie. Une date qui ne passe pas et qui a provoqué la polémique. Ainsi droite et FN se sont-ils insurgé de voir le chef de l’Etat commémorer les accords d’Evian. Interrogé sur le sujet ce dimanche 20 mars, Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, a dénoncé une "petite manœuvre électoraliste". Il dit :

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Je crois que c'est une petite manœuvre assez misérable, électoraliste. Je pense que le président se souvient qu'il a probablement été élu par les anciens immigrés et il pense devoir sa prochaine élection peut-être aux électeurs qui viennent d'Algérie. Je rappelle que 800.000 d'entre eux résidant en France ont voté pour la présidentielle algérienne, ce sont les voix - je pense - sur lesquelles compte le président de la République.

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Samedi, lors d'une cérémonie à Paris, François Hollande a affirmé avoir voulu instaurer "la paix des mémoires" en commémorant le cessez-le-feu en Algérie, soulignant que cette date marquait "le début de la sortie de la guerre", mais son initiative a provoqué une levée de boucliers, en particulier chez les harkis et rapatriés.

#Handicap

Jean-Marie Le Pen menace toujours de créer un mouvement politique. Non pas pour concurrencer le Front national, qui l'a exclu, mais pour l'aider, assure-t-il. Selon celui qui a fondé la formation d'extrême droite, son exclusion est "un handicap" pour une éventuelle victoire de Marine Le Pen. Au contraire, il affirme que ses initiatives sont "un atout pour la victoire en 2017". Aussi a-t-il créé des "comités" pour "influencer la marche du Front national parce qu'il reste le seul moyen pour 2017 de remporter la victoire nationale". Il dit :

 

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Nous allons faire des comités, nous avons commencé déjà de les faire, des comités 'Jeanne d'Arc, au secours !' - au secours de la France bien sûr, pas de secours personnel.

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"Je ferai tout ce que je pourrais pour maintenir cette ligne", a encore assuré l'eurodéputé critiquant en parallèle le slogan "La France apaisée" de sa fille. Et d'ajouter :

 

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Je crois que c'est une mauvaise stratégie.

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Surtout qu'elle se fait sans lui. Et avec Florian Philippot.

>> François Fillon, le Grand Jury, RTL/LCI/Le Figaro

#Plutôt la Russie que la Turquie

L’Union européenne vient de conclure un accord avec la Turquie sur les migrants. Mais se pose à nouveau la question d’une éventuelle entrée d’Ankara dans l’UE. Une éventualité à laquelle François Fillon est très opposé. Soulignant qu’ils "bombardent les Kurdes", que le régime turc est "autoritaire", le candidate à la primaire de la droite estime ainsi que l’Europe a fait "une grave erreur en ne lui disant pas la vérité", "en la laissant espérer". "La Turquie n’adhérera jamais à l’Union européenne", assure encore l’ancien Premier ministre pour qui la Russie a plus de raison d’être intégré à l’espace européen que la Turquie. Il dit :

 

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C’est une drôle de façon d’agiter un épouvantail qui n’existe pas. Pour qu’un pays adhère, il faut l’unanimité des états membres et en France, il faut un référendum ou une décision du Parlement. Il n’y a aucun risque. Il faudrait dire à la Turquie qu’elle ne pourra pas adhérer à l’Union européenne. L’Union européenne ne peut pas s’étendre sans limite. La Russie a presque plus de raisons de rentrer dans l’Union européenne, en terme de culture et d’histoire, que la Turquie.

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#Souviens toi 1997 

François Fillon le répète à l’envi, il a le seul programme "construit, précis, concret" de l’ensemble des candidats à la primaire de la droite. Mais n’allez pas lui faire le procès d’avoir passé cinq ans à Matignon et de ne pas l’avoir appliqué. "Il ne vous a pas échappé que le fait d’avoir gouverné, c’est la caractéristique de tous les candidats à la primaire", rappelle-t-il, oubliant sans doute volontairement Hervé Mariton qui a fait de cette exception l’un de ses arguments phares.

Surtout, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy raille ses rivaux. Il qualifie ainsi malicieusement les projets des autres candidats à la primaire : "il y a des programmes ‘coup de menton’, des programmes ‘pépère’, des programmes ‘casting’". Dans l’ordre, il vise Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Bruno Le Maire. Mais c’est Alain Juppé, le favori des sondages, qu’il égratigne le plus, lançant :

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Il y a un ancien président de la République, un ancien Premier ministre qui est responsable de la dissolution si je ne m’abuse et il y a un Bruno Le Maire qui a été directeur de cabinet du Premier ministre au moment du CPE et qui a été 4 ans dans mon gouvernement. Cette présentation qui consiste à focaliser sur ma seule personne le fait d’avoir gouverné ne correspond pas à grand-chose.

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Vous l’avez ? François Fillon rappelle donc avec malice qu’Alain Juppé était le Premier ministre de Jacques Chirac en 1997 quand a été prononcée la dissolution de l’Assemblée nationale. Une dissolution à la suite de laquelle la gauche avait récupéré la majorité.

>> Nathalie Kosciusko-Morizet, le Supplément, Canal+

#Usual suspects

De reportages en interviews, Nathalie Kosciusko-Morizet se plaît à revendiquer sa singularité parmi les candidats à la primaire de la droite : en plus d’être une femme, elle estime porter un message autrement plus moderne que ses concurrents. Invitée du Supplément sur Canal+, elle a cette fois usé d’une comparaison cinématographique surprenante pour qualifier ses adversaires :

 

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Il ne faut pas que ce soit les mêmes usual suspects déjà anticipés, déjà présentés.

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Pour rappel, Usual suspets est un film américain de Bryan Singer avec Kevin Spacey, sorti en 1995. Il suit les pérégrinations d’une bande de malfrats, choisis pour effectuer un casse d’envergure.  

Interrogée par Ali Baddou, sur cette métaphore un peu vacharde, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est justifiée… en évoquant le conformisme de ses rivaux.

 

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Suspects ? Non mais allons-y. Suspects de vouloir faire perdurer une façon de la politique, une vision de la politique, une conception du pouvoir qui, pour moi, n’est plus de mise aujourd’hui.

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Du rab sur le Lab

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