Le patron des députés PS Bruno Le Roux saisit Claude Bartolone pour sanctionner le député d’extrême droite Jacques Bompard

Publié à 06h42, le 22 octobre 2015 , Modifié à 13h09, le 22 octobre 2015

Le patron des députés PS Bruno Le Roux saisit Claude Bartolone pour sanctionner le député d’extrême droite Jacques Bompard
© FRED DUFOUR / AFP

INFO LAB - Il y a des questions d’actualité au gouvernement qui ne passent pas. Mercredi 21 octobre, celle du député d’extrême droite Jacques Bompard est rentrée dans cette catégorie, en évoquant la théorie du "grand remplacement" et en demandant un moratoire sur la construction de mosquées. Une prise de parole insoutenable pour le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux.

Selon les informations du Lab, le député de Seine-Saint-Denis et proche de François Hollande a prévenu ses ouailles députés PS qu’il allait saisir, au nom du groupe SRC, le président de l’Assemblée, Claude Bartolone, pour savoir s’il serait possible de sanctionner le président de la Ligue du Sud. "Cet après-midi, lors des questions au Gouvernement, le député Jacques Bompard a tenu des propos insultant l'Etat et nos concitoyens, notamment ceux de religion musulmane", écrit le patron des députés PS à ses troupes. Et d’ajouter :

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J'ai saisi le Président de l'Assemblée nationale pour savoir s'il était possible de sanctionner ce député. Je l'ai fait au nom du Groupe SRC.

Je tenais à te donner cette information au moment où quelques-uns d'entre nous prennent une initiative qui ne peut pas, sur cette question, scinder notre groupe.

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Sauf qu'il semble difficile de sanctionner l'élu d'extrême droite pour ses propos tenus dans l'hémicycle puis que les députés ont une immunité totale pour les propos tenus dans ce cadre parlementaire.

Mercredi, Jacques Bompard, qui n'a pas souvent l'occasion de poser une question au gouvernement, en a bien profité. Alors forcément, quand il a la parole, le député-maire d'Orange, président du parti d'extrême droite La Ligue du Sud se lâche *un peu*. Et évoque son sujet préféré : le "grand remplacement".

Dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, le député a évoqué donc cette théorie appréciée du FN et selon laquelle les populations européennes seraient peu à peu remplacées par d'autres, venues surtout d'Afrique, et essentiellement musulmane forcément.

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Ce qui est insupportable aux Français, c’est que l’Etat encourage l’islamisation de notre société. En France des préfets font pression pour la construction de mosquées, en France des membres du Conseil d’Etat sont commissionnés à la Fondation pour les œuvres de l’Islam, en France les Frères Musulmans sont des interlocuteurs du ministère de l’intérieur.

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C’est Manuel Valls, himself, qui a tenu à lui répondre et lui porter la contradiction. Dénonçant les "contre-vérités" de Jacques Bompard, le Premier ministre a rappelé que le principe de laïcité, tel qu'énoncé par la loi de 1905, consiste à permettre le libre exercice des cultes. Et Manuel Valls de dénoncer "la théorie du grand remplacement", "des mots qui sont prononcés par l'extrême droite mais qui sont aussi prononcés aussi par des leaders de la droite courant derrière le Front national".

[Edit 13h] Une réponse et un point Godwin de Bompard

Dans un billet de blog, Jacques Bompard a réagi aux menaces de sanctions qui pèsent sur lui. Citant au passage Philippe de Villiers et Eric Zemmour, il maintient l'intégralité de ses propos, dénonce les "censeurs" socialistes et se fend d'un joli petit point Godwin. Il écrit, écorchant au passage le nom de Claude Bartolone :

 

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S’il se trouvait que Claude Bartelone (sic) acceptât d’attenter à mon immunité parlementaire, la Gauche prouverait alors qu’elle nous fait bien retomber dans les heures les plus sombres de l’histoire

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