Le retournement de veste de Marisol Touraine sur la contraventionnalisation de la consommation de cannabis

Publié à 13h24, le 11 octobre 2016 , Modifié à 13h27, le 11 octobre 2016

Le retournement de veste de Marisol Touraine sur la contraventionnalisation de la consommation de cannabis
© Montage Le Lab via AFP (JACQUES DEMARTHON)

C’est un sujet qui, comme le droit de vote des étrangers, revient régulièrement (et surtout en période électorale) dans le débat à gauche sans jamais être tranché : la contraventionnalisation/dépénalisation/légalisation du cannabis. Ce mardi 11 octobre, Marisol Touraine n’y va pas par quatre chemins : "à l’évidence, un débat sur cette question s’impose", assure la ministre de la Santé dans Libération, précisant qu’il s’agit d’un "débat de santé publique".

Invitée ensuite de la matinale de BFMTV, Marisol Touraine explique qu’un débat est nécessaire "sur la nature de la sanction" et se pose la question de savoir si "une amende forfaitaire ne serait pas une meilleure sanction". On comprend donc que le débat sur la contraventionnalisation est rouvert.

Pourtant, et comme l’a noté le journaliste du MondeFrançois Béguin, la ministre de la Santé n’a pas toujours été favorable ni à un débat, ni à la contraventionnalisation. En septembre 2015, lors de l’examen du projet de loi santé au Sénat, elle s’était opposée à un amendement présenté par LR et visant à punir d’une contravention de troisième classe un premier usage de stupéfiants. Elle déclarait :

 

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La contraventionnalisation du premier usage de stupéfiants serait un mauvais signal à adresser.

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Le quotidien du soir notait à l’époque qu’un an plus tôt, la ministre avait déjà expliqué devant les députés qu’elle n’était "pas favorable à ce qu’on mette ce débat sur la table".

À quelques mois de l’élection présidentielle, le débat est donc pourtant remis sur la table… à l'initiative de Marisol Touraine. Et alors même que le gouvernement, à travers les voix de Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri, l’avait refermé en avril, après que Jean-Marie Le Guen avait proposé de "mettre fin à la politique de prohibition" du cannabis.

En 2015, Manuel Valls avait fermé la porte à toute discussion réelle en affirmant : "On peut toujours débattre, mais pour ce qui concerne le gouvernement, le débat est clos". Le Premier ministre avait ajouté : "On peut toujours débattre de ces questions mais le gouvernement ne prendra aucune initiative qui légalise, autorise, dépénalise l'usage du cannabis". Ce qui semble valable pour ce quinquennat… mais pas forcément pour un (éventuel) prochain.



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