Le show de Delphine Batho

Publié à 15h00, le 04 juillet 2013 , Modifié à 16h04, le 04 juillet 2013

Le show de Delphine Batho
Delphine Batho (Capture BFMTV)

FEU SUR MATIGNON - Delphine Batho, évincée mardi du gouvernement, avait promis de "tout" dire sur "les circonstances de ce limogeage et ses conséquences" lors d'une conférence de presse d'une petite heure ce jeudi.

L'ancienne ministre de l'Écologie a chargé frontalement le Premier ministre, lui reprochant de ne pas permettre le débat au sein du gouvernement et de faire une politique de "rigueur qui ne dit pas son nom".

#JAIRIENFAITDEMAL

Dans une déclaration liminaire avant de répondre aux questions des nombreux journalistes, l'ancienne ministre commence par rappeller chaque ligne de son CV puis déclare : 

"

Je n'ai commis ni une erreur, ni une faute, je n'ai pas manqué à la solidarité gouvernementale.

"

Un passage isolé par FranceTVInfo :

#COUCOUJEANMARC

"Je me suis parfaitement conformée à la charte de déontologie signée lors du premier conseil des ministres", poursuit-elle en reprochant très frontalement à Jean-Marc Ayrault de ne pas permettre un "débat collégial"au gouvernement.

Selon elle :

"

Mon éviction est un message à mes ex-collègues : c’est fini la collégialité au sein du gouvernement.

"

Delphine Batho poursuit son réquisitoire contre le premier ministre à qui elle reproche d'avoir arbitré les budgets "sans discussion directe avec les ministres concernés".

#RENONCEMENT

"Ce que je n’accepte pas, c’est l’abandon et le fatalisme, c’est le tournant et le renoncement à l’espoir du 6 mai" ajoute-t-elle en développant : 

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Je n’accepte pas le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom.Le temps est venu de reprendre la main du changement. J’appelle la gauche à un sursaut. En faveur de l’écologie, de l’espoir et des générations futures.

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#AVENIR

Et la suite ? Delphine Batho qui va redevenir députée des Deux-Sèvres à la rentrée parlementaire annonce qu'elle compte apporter "[son] aide et [son] expérience"à la fondation de Nicolas Hulot.

#POINTCAHUZAC

L'ancienne ministre reproche à Jean-Marc Ayrault et François Hollande d'avoir utilisé moins de pincettes pour l'éjecter que...l'ancien ministre du Budget.

"

On peut prendre exemple d’autres déclarations qui ne font pas l’objet du même traitement. Je remarque que Jérôme Cahuzac a été remercié et salué pour l’ensemble de son travail au service de la République, et que ce n’est pas le cas dans le communiqué de presse qui m’a congédié.

"

#COMPLOT 

L'ex-ministre est persuadée et dit haut et fort que "certaines forces économiques", liées notamment au gaz de schiste et au nucléaire, ont eu sa tête :

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Certaines puissances économiques n'acceptaient pas le niveau d'ambition que je fixais pour la transition énergétique. Ces forces ne se sont pas cachées de vouloir ma tête, mais si le gouvernement avait été solidaire, elles n'y seraient pas parvenues.

"

#COUCOULELYSEE

Delphine Batho s'en est également pris au patron de l'entreprise de tubes en acier Vallourec, Philippe Crouzet, époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet du président François Hollande :

"

Est-il normal que le patron de l'entreprise Vallourec directement intéressé par l'exploitation des gaz de schiste ait pu annoncer ma marginalisation des semaines à l'avance devant des responsables de son entreprise aux USA ?

"

"Que le patron de Vallourec dise que je suis un désastre parce que je fais rempart au gaz de schiste et que je veux réduire la part du nucléaire, c'est une chose, qu'il annonce ma mise à l'écart à l'avance, c'en est une autre. De quelle informations disposait-il pour être si sur de lui?" a-t-elle poursuivi.

Delphine Batho qui a également mis en cause les "conseillers de Matignon et de l'Elysée". Est-il normal "qu'ils "me critiquent publiquement dans la presse"? a-t-elle lancé.

Les dizaines de journalistes s'entassent dans le 1er bureau reservé pour l'occasion par son suppléant. Un bureau qui ne comporte que 54 places assises.

Mitraillée par les flashs, en direct sur les trois chaînes d'infos, c'est un peu le festival de Cannes pour Delphine Batho.

 

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