Les eurodéputés PS veulent que Barroso soit privé de sa retraite de l'UE après son embauche chez Goldman Sachs

Publié à 12h48, le 11 juillet 2016 , Modifié à 16h37, le 11 juillet 2016

Les eurodéputés PS veulent que Barroso soit privé de sa retraite de l'UE après son embauche chez Goldman Sachs
© HOANG DINH NAM / AFP

L'annonce de l'embauche de José Manuel Barroso par Goldman Sachs vendredi 8 juillet a suscité un tollé dans la classe politique française et européenne. L'ancien président de la Commission européenne, tenu par certains pour responsable du virage libéral pris par l'Union, est très critiqué pour ce pantouflage. 

Les eurodéputés socialistes demandent ce 11 juillet que celui qui a présidé la Commission de 2004 à 2014 ne puisse toucher sa pension de l'UE.
Ainsi, ils écrivent dans un communiqué :

 

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Parce qu’un tel recrutement est indécent, indigne et honteux, la délégation socialiste française au Parlement européen va entreprendre toutes les démarches pour le rendre impossible. D’abord, il s’agit d’une violation claire et manifeste de l’article 245 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et du serment fait par M. Barroso le 3 mai 2010. Nous demandons ainsi la déchéance du droit à pension de M. Barroso ainsi que des autres avantages en tenant lieu. M. Barroso a déjà coûté trop cher à l’Europe.

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Si la décision de José Manuel Barroso peut choquer, elle n'a rien d'illégale. Les règles 'antipantouflage' évoquées dans l'article 245 du traité ne portent que sur les 18 mois qui suivent la fin des fonctions. Les élus PS proposent de porter ce délai à 5 ans.

Un peu plus tôt dans la matinée, la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann s'était indignée sur Twitter :  

Goldman Sachs est une grande banque d'affaire américaine. Elle est souvent accusée d’avoir joué un rôle majeur dans la crise des "subprimes" et d'avoir aidé la Grèce à camoufler son déficit avant de spéculer contre elle. Selon les élus, ce recrutement vise à faire du lobbying au plus haut niveau de l'Union alors que cette dernière, après la décision des britanniques de la quitter, traverse une période de turbulence.

Dans une interview au Financial Times rapportée par Médiapart, Barroso explique : 

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Évidemment, je connais bien l’UE, et je connais aussi plutôt bien l’environnement britannique […]. Si mes conseils peuvent être utiles dans les circonstances actuelles, je suis prêt, bien sûr, à aider ». 

 

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Une aide qui passe mal. 

Des élus se sont élevés contre cette décision : de la gauche du PS au FN. Parmi les membres du gouvernement, Matthias Fekl s'était indigné de cette décision sur Twitter : 

L'ex-ministre Christiane Taubira a également réagi :    

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<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/hashtag/Barroso?src=hash">#Barroso</a>, primum nocere, nuire impunément, détruire éhontément, s'enrichir effrontément. Obscène devise ! Notre impuissance? ChT</p>&mdash; Christiane Taubira (@ChTaubira) <a href="https://twitter.com/ChTaubira/status/751735320358612992">9 juillet 2016</a></blockquote>
<script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

 

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[EDIT] 15H10 

Ajout des tweets de Matthias Fekl et Christiane Taubira 

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