Luc Carvounas (PS) regrette avoir soutenu la déchéance de nationalité : "Ce fut une erreur, une faute politique"

Publié à 17h01, le 23 janvier 2018 , Modifié à 17h01, le 23 janvier 2018

Luc Carvounas (PS) regrette avoir soutenu la déchéance de nationalité : "Ce fut une erreur, une faute politique"
Luc Carvounas. © AFP

En 2017, Luc Carvounas a opéré deux changements majeurs dans sa carrière politique : 1) il est passé de sénateur à député et 2) il a laissé derrière lui le vallsisme pour "gauchiser" sa ligne. Désormais candidat pour prendre la tête du Parti socialiste, Luc Carvounas doit s'expliquer auprès des sympathisants socialistes sur ses positions passées, lesquelles tranchent avec ses propositions présentes.

Ainsi, ce mardi 23 janvier, il écrit une lettre ouverte aux militants pour faire le point sur un sujet hyper-tabou à gauche : la déchéance de nationalité. Fin 2015-début 2016, Luc Carvounas s'était positionné en faveur de la réforme constitutionnelle portée par François Hollande qui, entre autres, prévoyait de "priver un terroriste de la nationalité française".

Ce mardi, dans sa lettre ouverte, après avoir rappelé le contexte des attentats du 13 novembre dans lequel s'inscrivait cette idée de déchéance, Luc Carvounas écrit :

 

Mon unique obsession était de conforter l’exécutif, de faire corps et faire front, et je pensais sincèrement que cette idée pouvait de manière consensuelle exprimer notre attachement à l’unité de la Nation. Ce fut une erreur. Ce fut une faute politique. Cette mesure a ranimé au sein de notre famille politique des blessures douloureuses dont je n’avais pas mesuré la portée.

Par la suite, Luc Carvounas explique qu'après le renoncement de François Hollande de réviser la Constitution, il a alors "mesuré les conséquences désastreuses de cette initiative. Comme Maire d’Alfortville, je rencontrais tous les jours des habitants qui se sentaient blessés par le principe même de son inscription dans notre droit. [...] J’ai juré qu’on ne m’y reprendrait plus." Et le député PS de continuer ses promesses : "Depuis, j’ai décidé de ne plus contingenter mes idées à quelque raison politique ; soit une idée répond à mes convictions et aux valeurs de la Gauche et elle est bonne, le cas contraire elle ne l’est pas, et rien, aucune raison d’état ne justifiera plus jamais quoi que ce soit."

Luc Carvounas faisait partie de ceux qui, début 2016, proposait de trancher cette question clivante de la déchéance de nationalité par la tenue d'un référendum. On connaît la suite.

Mais la rupture de ce partisan de Manuel Valls n'interviendra qu'en 2017, au moment de la primaire de la "Belle alliance populaire", lorsque l'ancien Premier ministre a refusé de soutenir le vainqueur Benoît Hamon. "Je pense qu'il se trompe", clamait alors Luc Carvounas, entamant un tournant vers la gauche (modérée, n'exagérons rien) du PS dont aujourd'hui il fait figure de candidat, face à Delphine Batho, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel.

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