Paul-Marie Coûteaux revendique la paternité du discours de François Fillon plagié par Marine Le Pen

Publié à 10h23, le 02 mai 2017 , Modifié à 10h28, le 02 mai 2017

Paul-Marie Coûteaux revendique la paternité du discours de François Fillon plagié par Marine Le Pen
Paul-Marie Coûteaux © JACQUES DEMARTHON / AFP

DROITS D'AUTEUR - Mais que s'est-il donc passé pour que Marine Le Pen, lors de son grand meeting parisien d'entre-deux-tours de la présidentielle, pompe aussi allègrement des passages entiers d'un discours prononcé par François Fillon dans le cadre de la même campagne, tout juste deux semaines plus tôt ? Si tous les élus FN et proches de la candidate interrogés mardi 2 mai revendiquent officiellement un "clin d’œil" et donc un appel du pied à l'électorat de l'ancien Premier ministre, qu'ils cherchent à convaincre en vue du second tour, un homme est peut-être plus spécifiquement derrière cette sombre affaire.

Paul-Marie Coûteaux aurait-il ainsi conseillé les deux responsables politiques pour la rédaction de ce *discours commun* ? Ancien du FN et ex-conseiller de Marine Le Pen (il lui a notamment présenté les frères Philippot), il était passé dans le camp Fillon pour la campagne du premier tour de la présidentielle, œuvrant à un projet qui lui tient à cœur : "l'union des droites", ou plus clairement la rencontre entre une partie de la droite dite républicaine et l'extrême droite. Paul-Marie Coûteaux mettait ainsi son entregent au service du candidat LR, tentant de le rapprocher de personnes comme Philippe Olivier, époux de Marie-Caroline Le Pen et rouage clé dans la campagne de Marine Le Pen.

Sur Twitter ce mardi, celui qui est aussi fondateur du Siel (petit parti d'extrême droite qui avait rompu avec le FN en 2016 mais tout de même soutenu la fille de Jean-Marie Le Pen) s'est félicité de voir François Fillon et Marine Le Pen évoquer "dans les mêmes termes" la "vocation universelle de la France", tout en rappelant que les mots en question, "d'inspiration gaulliste", étaient "ceux de [son] ouvrage 'L'Europe vers la Guerre' (1997)". Et de ponctuer ses messages d'une conclusion sans ambiguïté : "Nécessaire union des droites".

Revendique-t-il ici la paternité des deux discours ? Pas exactement. Contacté par Le JDD, Paul-Marie Coûteaux confirme avoir fourni des notes à François Fillon, mais pas à Marine Le Pen, soulignant cependant "l'emprunt" que cette dernière a fait à ses écrits. Auprès du Monde, il précise avoir "condensé" son ouvrage sus-cité pour le candidat de la droite, mais ne pas avoir eu de contacts récents avec la présidente-en-congé-du-FN :

Et d'ajouter auprès du JDD :

"

Je soutiens Marine Le Pen et il n'est pas mauvais que les deux candidats s'expriment dans les mêmes termes. Voilà donc un exemple [de l'union des droites].

"

Le 15 avril, François Fillon avait loué dans son discours au Puy-en-Velay la géographie de la France, et notamment ses "frontières terrestres : les Pyrénées d'abord, qui engagent la France dans cet immense ensemble qu'est le monde hispanique et latin. Il y a la frontière des Alpes, vers l'Italie notre sœur et, au-delà, l'Europe centrale, balkanique et orientale". Quinze jours plus tard, lors de son meeting lundi à Villepinte, Marine Le Pen a prononcé les mêmes phrases, quasiment au mot près, en louant à son tour "les frontières terrestres : les Pyrénées qui engagent la France dans cet immense ensemble qu'est le monde hispanique et latin. Nos Alpes, qui nous ouvrent vers l'Italie notre sœur et, au-delà, l'Europe centrale, balkanique et orientale".

Mêmes phrases également, à deux semaines d'écart, quand François Fillon et Marine Le Pen saluent la vigueur de la langue française : "Si l'on apprend notre langue, quelquefois à grand prix, en Argentine ou en Pologne, s'il existe des listes d'attente pour s'inscrire a l'Alliance française de Shanghaï, de Tokyo, de Mexico, ou bien au lycée français de Rabat ou de Rome, si Paris est la première destination touristique mondiale, c'est que la France est autre chose et bien plus qu'une puissance industrielle, agricole ou militaire". Marine Le Pen vante aussi une troisième voie "française" pour le XXIe siècle : "la voie de la culture, du doute, de la discussion, du compromis, du dialogue, la voie de l'équilibre, de la liberté des individus et des peuples". Petite nuance toutefois : pour monsieur Fillon, c'est une alternative au nazisme et au stalinisme quand madame Le Pen y voit une alternative au "mondialisme" et à "l'idéologie islamiste".

Enfin, Marine Le Pen cite, comme l'avait fait François Fillon au Puy-en-Velay, deux mêmes phrases de Georges Clemenceau (président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1920) et d'André Malraux (écrivain et homme politique qui fut ministre de la Culture du général de Gaulle).

Un plagiat débusqué et démontré en vidéo par le compte Twitter @RidiculeTV, tenu par des membres de la campagne numérique de François Fillon :

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