Philippot refuse de quitter la présidence des Patriotes malgré la menace de Le Pen : "On m'a mis un pistolet sur la tempe"

Publié à 08h52, le 19 septembre 2017 , Modifié à 10h01, le 19 septembre 2017

Philippot refuse de quitter la présidence des Patriotes malgré la menace de Le Pen : "On m'a mis un pistolet sur la tempe"

La guerre au Front national a atteint un nouvel échelon ce mardi 19 septembre. Et rien ne va plus entre les deux amis d'hier : Marine Le Pen et Florian Philippot. La présidente du FN a répété, sur RTL, que le numéro 2 du parti devait quitter la présidence de son mouvement Les Patriotes. Quelques minutes plus tard, Florian Philippot lui répond. Spoiler : il refuse.

Invité de BFMTV, le vice-président frontiste s'étonne de la menace formulée par Marine Le Pen à son encontre. Il ne mâche pas ses mots, s'étonnant que la présidente du FN ne formule pas le même genre de demande à l'adresse de son compagnon Louis Aliot, lui aussi président d'association. Il lance :

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Je lui ai répondu [à Marine Le Pen] ainsi qu'au bureau politique que je ne comprenais pas du tout cette demande et que je ne pouvais donc pas y répondre. […] Je note que d'autres vice-présidents comme Louis Aliot sont également président d'association, Idées nation, qui sont des think tanks, qui ont déjà organisé des colloques et qu'on ne leur a jamais rien demandé. Donc, je ne comprends pas cette demande et je pense qu'on ne fera pas la refondation avec un pistolet sur la tempe.

 

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Florian Philippot utilise à plusieurs reprises cette métaphore du pistolet pointée sur lui et que tiendrait, dans sa main de présidente, Marine Le Pen. "On m'a mis un pistolet sur la tempe, répète-t-il, pour une raison que je ne peux pas comprendre." 

Et le numéro 2 du FN de répéter, une nouvelle fois, que l'on ne demande pas à Louis Aliot de partir, lui aussi, de la présidence de son think tank. Surtout, Florian Philippot craint que sa démission ne conduise à d'autres demandes. Et là, l'élu frontiste s'interroge : que va-t-on lui réclamer après ? Il dit :

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Imaginons que j'accepte. Mais qu'est-ce qu'on me dira dans deux semaines ? 'Écoute, range ton De Gaulle' puisque vous savez que tous les 9 novembre je vais sur la tombe du général De Gaulle, je suis gaulliste. On me dira 'allez, pas de provocations, range De Gaulle'. Et puis après on me dira quoi ? 'Allez, arrête de manger du couscous'. Et puis on me dira quoi ? 'Allez, parle un peu moins de la loi travail, arrête tes manifestations, arrête de rejoindre les forains pour soutenir la manifestation'. Et ce sera sans fin.

 

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Des références aux deux derniers actes de Florian Philippot qui ont suscité la polémique ces derniers temps : la participation du numéro 2 du  FN à la manifestation des forains, le 12 septembre et le "Couscousgate" qui a agité l'extrême droite en cette mi-septembre.

Cela n'a clairement pas plu à Jérome Rivière, membre du conseil stratégique et conseiller Défense de Marine Le Pen :

La guerre entre les deux lignes du front est ouverte. 

 

[EDIT 10h01] Ajout tweet de Jérôme Rivière

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