Pour critiquer Macron, Virginie Calmels (LR) évoque le cas Buisson et "la Seconde Guerre mondiale"

Publié à 11h28, le 28 septembre 2016 , Modifié à 11h37, le 28 septembre 2016

Pour critiquer Macron, Virginie Calmels (LR) évoque le cas Buisson et "la Seconde Guerre mondiale"
Virginie Calmels © Montage Le Lab via LCP

D'UN POINT GODWIN DEUX COUPS - Virginie Calmels n'est pas sarkozyste. Mais ça n'empêche pas la première adjointe d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux (et dauphine désignée pour lui succéder) de s'inviter au concert de commentaires ulcérés des soutiens de l'ancien chef de l'État après la publication des premiers extraits du livre de Patrick Buisson. Avec une particularité toutefois : là où tous les autres se sont exprimés à la suite de questions de journalistes, l'ex-patronne d'Endemol décide d'aborder d'elle-même la question alors que la discussion portait sur tout autre chose.

Sur LCP mercredi 28 septembre, Virginie Calmels est longuement questionnée sur la dynamique de la campagne de son champion, Alain Juppé. Puis vient sur la table Emmanuel Macron, parfois présenté comme "Juppé-compatible", avec son positionnement "et de droite et de gauche" et ses critiques adressées à François Hollande et Manuel Valls.

Pour minimiser cette proximité, la conseillère régionale (LR) d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes choisit de parler de "loyauté", cette "valeur" chère à Alain Juppé mais qui manquerait à Emmanuel Macron. Et c'est là que tout à coup, Virginie Calmels évoque brutalement Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy déchu pour avoir enregistré les conversations de son patron à l'Élysée et qui multiplie aujourd'hui les révélations vengeresses à son sujet. Elle le fait au moyen d'un bon vieux point Godwin, avant de s'en prendre de plus belle à l'ancien ministre de l'Économie :

Alain Juppé fait de la loyauté - et il l'a prouvé à titre personnel - une valeur essentielle. Et je pense que par les temps qui courent, on apprécie la loyauté. Quand je vois l'actualité, monsieur Buisson par exemple, je n'aurais pas aimé croiser cet homme pendant la Seconde Guerre mondiale. Je n'ai pas l'habitude de commenter les poubelles, mais ce que je veux dire que la loyauté est une valeur essentielle, et Alain Juppé a considéré qu'Emmanuel Macron, au lieu d'être ministre de l'Économie, de se battre sur les dossiers économiques majeurs, alors qu'il avait une responsabilité majeure dans ce gouvernement, il a préféré mettre des peaux de banane à monsieur Valls ou à monsieur Hollande, voire carrément trahir celui qui l'avait mis en piste. Je pense qu'Alain Juppé n'apprécie pas ce type de comportements.

Emmanuel Macron était déjà qualifié de "Brutus" par un grand nombre d'élus socialistes, le voilà rapproché, en quelques phrases, du comportement vengeur de Patrick Buisson, en qui elle voit un homme qu'il aurait mieux valu éviter au temps de la dénonciation auprès de l'occupant nazi et de la collaboration. Comme si cet exemple du second devait servir d'avertissement quant au caractère du leader d'"En Marche !"... Voilà qui est fort sympathique. Et *légèrement* gratuit.

Relancée sur Patrick Buisson et ses "méthodes empruntées à la Stasi" comme dirait François Baroin, Virginie Calmels repart de plus belle :

Je ne connais pas ce monsieur, je ne lirai pas son livre. Mais effectivement, comme je vous ai dit j'ai pas envie de commenter les poubelles, mais je trouve que voilà, un peu de dignité, un peu de loyauté. Là on est vraiment dans... oui c'est la référence aussi qu'il m'inspire, c'est-à-dire que je n'aurais pas aimé croiser ce monsieur pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ni Emmanuel Macron ?

Du rab sur le Lab

PlusPlus