Présidence LR : Laurent Wauquiez rend ses adversaires totalement fous sur l'organisation du débat

Publié à 12h51, le 17 novembre 2017 , Modifié à 13h58, le 17 novembre 2017

Présidence LR : Laurent Wauquiez rend ses adversaires totalement fous sur l'organisation du débat
© Montage le Lab via AFP

LE DÉBAT QUI REND FOU - "Ça fait plus de deux mois que la question est sur la table. À un moment donné, il faut savoir trancher. En politique, il faut savoir prendre des décisions. Or là, la seule décision qui est prise, c'est de laisser traîner", peste un proche de Florence Portelli. "Ils nous font tourner en bourrique, c'est l'horreur", renchérit-on du côté de Maël de Calan. En ce vendredi 17 novembre, le craquage est proche chez les adversaires de Laurent Wauquiez. Le grand favori de l'élection pour la présidence de LR est en train de rendre ses opposants totalement fous avec ses exigences successives pour l'organisation d'un débat.

Et le café matinal organisé à Paris ce vendredi, entre les représentants des trois candidats, n'a fait qu'aggraver la situation. Car Geoffroy Didier, directeur de campagne de Laurent Wauquiez, est resté sur une position inacceptable pour les autres, comme le rapporte un des participants au Lab :

Il nous a répété qu'il voulait bien que le débat soit ouvert à la presse... mais pas aux caméras.

Des reporters pourraient donc assister aux échanges, mais pas les filmer. Les seules images disponibles de ce débat seraient alors celles de Les Républicains, retransmises sur le site internet du parti comme l'a proposé Laurent Wauquiez. Une conception "assez particulière" de "l'ouverture à la presse", moque un lieutenant de Florence Portelli, qui dénonce une "manœuvre pour essayer de gagner du temps". [Edit 13h30: Geoffroy Didier précise au Lab que les micros et caméras seraient bien autorisées pendant le débat afin que les journalistes "puissent faire des reportages", mais que les seules images retransmises en direct se trouveraient sur le site de LR. "Pas de retransmission en direct sur les chaînes d'info", tranche-t-il.]

>> À lire : "Il n'y aura sans doute pas de débat", selon Geoffroy Didier, directeur de campagne de Wauquiez

Car ce n'est là que l'ultime épisode de ce mauvais feuilleton du débat, dont les premiers épisodes datent de la fin de l'été. D'abord plus que réticent, le très probable futur président de LR a finalement accepté qu'il soit organisé, mais "devant les militants" et non sur un plateau de télé ou de radio, alors qu'une floppée de médias étaient intéressés et avaient formulé des propositions alléchantes. Dernière lubie en date du camp Wauquiez : exiger que le débat se tienne *sur terrain neutre*, soit dans aucune des trois régions dont les différents candidats sont élus. Ce qui exclut son Auvergne-Rhône-Alpes à lui, la Bretagne du juppéiste Maël de Calan, mais aussi et surtout l'Île-de-France, la filloniste Florence Portelli en étant conseillère régionale.

Une exigence qui "complique" grandement la chose, sans oublier une augmentation du coût de l'organisation, d'après les deux autres prétendants. D'où cette blague que Maël de Calan et ses proches répètent en riant jaune ces derniers jours : "Wauquiez voudrait un débat organisé de nuit dans une forêt et si possible après la date de l'élection."

Les deux "petits" prétendants de cette élection supportent de moins en moins ce qu'ils voient comme des manœuvres dilatoires, alors qu'ils se plient tour à tour à chaque exigence de l'auto-proclamé "Jacques Mesrine de la politique", dont ils sont persuadés qu'il ne veut intimement pas de ce débat. Et leurs lieutenants n'en peuvent plus d'entendre un Geoffroy Didier "tout mielleux" leur dire, à l'issue de chaque discussion infructueuse : "Je vais en reparler à Laurent et on refait un point la semaine prochaine."

Tout ce petit monde doit ainsi aborder de nouveau la question lors de la réunion de la Haute autorité de LR, mardi prochain. Sans illusion : "On n'est pas prêts à tout pour débattre. Florence Portelli n'acceptera pas de débat au rabais. Si Laurent Wauquiez refuse de débattre, il l'assume et il en porte la responsabilité sur l'image du parti", balance ce proche de la candidate filloniste.

Dans un communiqué publié ce vendredi, cette dernière dénonce d'ailleurs un "grotesque débat sur le débat" ainsi que "l'obstruction méthodique et systématique" de Laurent Wauquiez, prenant "acte [de son] refus de débattre". Mais "on ne quitte pas la table des négociations", tempère son entourage auprès du Lab. Rien ne ferait en effet plus plaisir à Laurent Wauquiez... 

[Edit 13h30]

Auprès du Lab, Geoffroy Didier est à deux doigts d'annoncer la non-organisation de ce débat, pour cause de désaccord indépassable. Le directeur de campagne du favori explique : 

Nous avons un désaccord profond sur l'état d'esprit du débat voulu par les uns et les autres. Maël de Calan et Florence Portelli conçoivent le débat comme un grand show télévisé. Pour nous, il doit être totalement tourné vers les adhérents et ce n'est pas négociable : il n'y aura pas de retransmission en direct ailleurs que sur le site des Républicains.



Donc le débat sur le débat est clos. On a pris acte de nos désaccords sur l'état d'esprit et il n'y aura sans doute pas de débat. Il est temps de mettre fin à cette tempête dans un verre d'eau qui est si loin de ce qu'attendent nos adhérents.

À moins que les adversaires de Laurent Wauquiez acceptent les conditions de ce dernier, ce qui est pour le moment loin d'être gagné, le débat est donc annulé. 



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