Rôle d'Alain Juppé : les camps Copé et Fillon ne sont toujours pas d'accord

Publié à 10h05, le 23 novembre 2012 , Modifié à 10h29, le 23 novembre 2012

Rôle d'Alain Juppé : les camps Copé et Fillon ne sont toujours pas d'accord
Jean-François Copé, Alain Juppé et François Fillon, le 3 mai 2012, à Bordeaux. (MaxPPP)

On pensait les "turpitudes"à l'UMP terminées pour quelques jours, le temps que la commission indépendante organisée par Alain Juppé tire ses conclusions. Eh bien non.

Le 22 novembre, les camps Copé et Fillon ont tous les deux accepté la médiation de l'ancien Premier ministre. Ce dernier doit rassembler cinq personnalités dans une instance extra-statutaire - dont un représentant de chaque équipe - qui aboutira à un nouveau résultat "sous quinze jours".

Comment cette instance va-t-elle s'y prendre ? Voilà comment Alain Juppé définit sa mission : "réexaminer l'ensemble des résultats sur la base des conclusions de la Cocoe" mais aussi tenir compte des "remarques et contestations émises devant la commission nationale des recours". Bref, se pencher sur les chiffres bruts mais aussi sur les soupçons de fraude.

A partir de cette définition, les deux camps s'opposent sur le processus à suivre. Jean-François Copé souhaite que la commission des recours se réunisse dans un premier temps, ce qui sera le cas dimanche 2 décembre. Ensuite, et seulement ensuite, Alain Juppé interviendra pour vérifier que tout est en ordre, en travaillant à partir de ce verdict.

Rachida Dati l'explique ainsi au micro d'Europe 1 ce 22 novembre :

Alain Juppé a été appelé à la rescousse, il va uniquement vérifier si le travail de la commission de recours se fait dans de bonnes conditions, c'est tout.

Je pense qu'il y a eu quelques confusions. Alain Juppé ne pourra que vérifier les conditions de travail de la Commission de recours, ni plus ni moins.

Du côté de l'équipe Fillon, c'est tout l'inverse. Les conclusions de la commission nationale des recours ne sont pas utiles, Alain Juppé doit travailler seul. Et pour cause, François Fillon juge cette instance illégitime car associée à Jean-François Copé. Il le dit ce 23 novembre sur RTL :

Je n’accepterai aucune de ses conclusions, je n’accepterai que celles d’Alain Juppé (...)

Ou bien Alain Juppé conduit lui-même une médiation, dans un climat où il n’y a pas suffisamment de confiance pour que les instances normales et les statuts fonctionnent. Ou bien cette médiation ne pourra pas réussir. (...)

Depuis le début, ce qui a rendu cette élection impossible est que la direction de l’UMP a toujours été partiale. On voudrait me faire accepter avec cette commission des recours que l’une des personnes mises en cause se juge elle-même !

Alain Juppé va devoir clarifier sa méthode de travail, préciser l'importance donnée à la commission nationale des recours et donc trancher le nouveau contentieux entre les deux camps.

Du rab sur le Lab

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