Si on ouvre les salles de shoot, pourquoi pas les "bordels" ? s'interroge Bernard Debré

Publié à 07h22, le 11 février 2013 , Modifié à 07h26, le 11 février 2013

Si on ouvre les salles de shoot, pourquoi pas les "bordels" ? s'interroge Bernard Debré
Bernard Debré sur France 5 le 9 février 2013 (images France 5)

Invités de l'émission 19h Paul Amar sur France 5 le 9 février, le député de l'Essonne Jérôme Guedj et le médecin et député de Paris Bernard Debré ont débattu sur l'opportunité d'ouvrir des salles de consommation de drogue, Matignon ayant donné son autorisation pour une première expérimentation à Paris.

Si le socialiste Jérôme Guedj plaide pour tester ce système au nom de la santé publique, l'élu UMP Bernard Debré se dit "très reservé" et craint que les salles de shoot créent un "afflux de toxicomanes" avec un "confort pour se shooter".

Espagne, Hollande, Suisse ... Jérôme Guedj énumère les pays où des salles de consommation ont ouvert dans le cadre d'une "politique sanitaire et sociale" pour protéger les toxicomanes et éviter qu'ils ne se droguent "dans des cages d'escalier". Bernard Debré estime alors que, suivant cette logique, on pourrait tout autant "ouvrir les bordels" au prétexte de la protection des personnes prostituées qui se tournent vers la rue ou les bois :

La logique voudrait à ce moment-là qu’on ouvre les bordels, c’est la même chose ! (...)

J’ai fais exprès d’utiliser ce terme peut être trop fort (...)

Vous allez me dire, ça a été fait aussi en Belgique et ailleurs d’ouvrir les maisons closes parce qu’on voit des femmes et des hommes dans une grande précarité qui vont aller au bois de Boulogne et au bois de Vincennes ...

Afin de comprendre la logique du docteur Debré, le journaliste relance : "Ce serait pour éviter les viols, la violence, le sida ?". "Bien entendu !", répond Bernard Debré, tout en précisant que lui-même est défavorable à l'ouverture des maisons closes.

Visiblement surpris par cet argument, Jérôme Guedj rétorque que, contrairement à la question des salles de shoot, on met ici en jeu "la marchandisation et la dégration du corps de l'homme". Les salles de consommations, elles, n'introduisent pas non plus "un rapport de marchandisation".

Pour voir l'ingralité du débat, c'est ici :

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