Syrie : François Fillon critique la position de François Hollande devant Vladimir Poutine

Publié à 16h31, le 19 septembre 2013 , Modifié à 22h17, le 19 septembre 2013

Syrie : François Fillon critique la position de François Hollande devant Vladimir Poutine
François Fillon, aux côtés de Vladimir Poutine, jeudi 19 septembre (capture d'écran)

DIPLOMATIE PARALLELE – Un ancien premier ministre peut-il, devant un chef d’Etat étranger, qui ne figure pas franchement parmi les proches alliés de la France sur un dossier de relation internationale donné, critiquer ouvertement la ligne diplomatique française ?

François Fillon a tranché : pour lui, c’est par l’affirmative qu’il faut répondre à cette question.

Ainsi, invité à prononcer un discours à l’occasion du Forum de Valdai, un rassemblement notamment organisé par l’agence officielle russe Ria Novosti, François Fillon s’est-il exclamé, au sujet de la crise syrienne, et devant Vladimir Poutine, à qui il donnait du "mon cher Vladimir" :  

Je souhaite (...) que la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d’action qui, seules, lui confèrent une autorité dans cette crise.

Regardez cette vidéo, à partir de 0h40 : 

Une phrase que l'ancien premier ministre a d'ailleurs rediffusé sur son compte twitter :

(Reuters

Au Lab, l'entourage de François Fillon explique que cette position a déjà été défendue par l'ancien premier ministre en France, et qu'il n'y avait donc aucune raison de tenir un double discours à l'étranger.

Le 30 août, à Saint-Raphaël, François Fillon lançaitainsi :

J’attends du Président de la République plus de clarté, car j’ai aujourd’hui le sentiment d’un flottement qui me parait préjudiciable à la crédibilité et à l’indépendance de la France.

Oui oui, vous avez bien lu: devant Vladimir Poutine qui, malgré la proposition de désarmement dont il a récemment pris l'initiative, n'en reste pas moins un allié historique du régime syrien, François Fillon a clairement regretté le manque d’indépendance de la politique étrangère française sur le sujet

(François Fillon aux côtés de Vladimir Poutine, jeudi 19 septembre, capture d'écran) 

Sous-entendu : François Hollande ne ferait que répéter, sinon se faire dicter, sa ligne par l’autre acteur clef du dossier, les Etats-Unis de Barack Obama.

 
 
Sur le fond du dossier syrien, François Fillon a réitéré son opposition à des frappes aériennes, appelant toutefois à "ne pas rester inactif devant (le) massacre" syrien. L'ancien premier ministre a notamment justifié cette nécessité de ne pas être inactif par son attachement profond au christianisme. 
 
 
 
A l'adresse de Vladimir Poutine, François Fillon lance encore : 
 

Neutraliser et éliminer l’arsenal chimique syrien, c’est une nécessité mais cela ne suffit pas.
 
Nous devons aller plus loin et forcer les belligérants à cesser les combats et à entamer un dialogue national pour trouver les chemins de la paix.
 
La Russie doit peser de tout son poids sur le régime syrien qui doit comprendre qu’aucune victoire durable n’est possible tant que le sang coulera.

 
 
 
Sur son site officiel, pour présenter son déplacement en Russie, François Fillon ne cachait d'ailleurs rien de son envie de proximité avec Vladimir Poutine sur le sujet : 
 

François Fillon a très tôt défendu que la solution en Syrie passait par une négociation avec la Russie.
 
 
Même s'il reste bien des efforts pour parvenir à une solution politique, l'influence déterminante de la Russie dans la conclusion d'un accord sur l'élimination de l'arsenal chimique syrien vient aujourd'hui renforcer cette conviction.

 
 
En plaidant ainsi la carte "Moscou", François Fillon montre qu'il est bien peu rancunier : en novembre 2011, à l'occasion d'un voyage officiel en France, Vladimir Poutine avait en effet choisi de tourner en dérision la demande de soutien à une résolution au conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie qui lui avait été formulée par un certain ... François Fillon.
 
 
Edit, 16h45 : reformulation du premier paragraphe sur la proximité franco-russe.
 
Edit, 18h50 : ajout de citations du discours de François Fillon, et de la réaction de son entourage.

Du rab sur le Lab

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