Face à la polémique, Thierry Solère annonce qu'il quittera la questure à la fin de l'année

Publié à 07h44, le 28 novembre 2017 , Modifié à 12h03, le 28 novembre 2017

Face à la polémique, Thierry Solère annonce qu'il quittera la questure à la fin de l'année
© Thierry Solère sur CNEWS, mardi 28 novembre

Après deux jours de polémique, Thierry Solère rend la questure. En rejoignant LREM ce week-end, le député ds Hauts-de-Seine a fait basculer son poste de questeur dans la majorité et l'opposition n'en détenait plus aucun sur les trois que compte l'Assemblée nationale, contrairement à la coutume qui veut que l'un d'eux lui soit dévolu, afin d'assurer le pluralisme politique dans le contrôle des finances du palais Bourbon. Et s'il jugeait dimanche qu'il n'avait "aucune raison de démissionner" de la questure puisqu'il y avait été élu par ses pairs, il finit par se plier aux injonctions venues de tous bords, y compris du président LREM de l'Assemblée, François de Rugy lui-même.

"Moi mon engagement c'est pour des idées, c'est pas pour des fonctions", dit Thierry Solère sur CNEWS mardi 28 novembre après avoir annoncé sa démission à la fin de l'année et sans attendre le renouvellement des questeurs prévu pour le mois d'octobre 2018 :

J'entends monter une impatience à ce que la pluralité démocratique de l'Assemblée nationale puisse s'exprimer rapidement, que ça n'attende pas le mois d'octobre prochain donc je vous annonce que j'en tire en parfaite cohérence les conclusions et donc je vais quitter mes fonctions de questeur dès la fin de cette année pour permettre, dès le début de l'année 2018, sans attendre le mois d'octobre, que l'opposition puisse être représentée au sein de la questure.

"Vous voyez, je ne m'accroche pas, moi, à des petites choses", ajoute l'ancien monsieur primaire de la droite comme pour contredire ceux qui l'accusent d'avoir avant tout voulu conserver les avantages matériels et financiers liés au poste de questeur. Une décision prise après en avoir "discuté avec Richard Ferrand", le président du groupe majoritaire à l'Assemblée, a-t-il précisé... tout en maintenant qu'il avait "juridiquement raison" de vouloir initialement rester à son poste malgré la polémique.

Dans la matinée, Thierry Solère a également annoncé rejoindre officiellement le groupe de La République en marche, quittant donc les Constructifs :

La veille au soir, François de Rugy avait affirmé que "l'intérêt de l'Assemblée nationale serait que Thierry Solère abandonne la questure" et ce après avoir eu des "échanges avec les présidents de groupe" qui souhaitaient tous cette issue. Mais l'intéressé était encore bien décidé à tenir bon, rétorquant qu'il se bornerait à respecter le règlement : "Je remettrai mon mandat en jeu en octobre prochain, pour veiller à la pluralité", assurait-il alors. Avant de déposer les armes quelques heures plus tard.

L'élection de Thierry Solère à la questure avait déjà été hautement polémique : au mois de juin, celui qui était déjà membre du groupe Constructif avait à la surprise générale chipé à Éric Ciotti et Les Républicains le poste de questeur traditionnellement réservé à l'opposition, qui avait alors dénoncé un scandale démocratique et jugé que ses "droits" étaient "bafoués" par la majorité macroniste.

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