Voici l'équipe qui a permis à Benoît Hamon de remporter la primaire de la Belle Alliance Populaire

Publié à 20h49, le 30 janvier 2017 , Modifié à 21h08, le 30 janvier 2017

Voici l'équipe qui a permis à Benoît Hamon de remporter la primaire de la Belle Alliance Populaire
Benoît Hamon avec plusieurs soutiens (de gauche à droite : Mathieu Hanotin, Hella Kribi-Romdhane, Sandrine Charnoz, Alexis Bachelay et Pascal Cherki). © BERTRAND GUAY / AFP

Ils ont assuré le service après-vente de leur candidat. Ils se sont dépensés sans compter pour leur ami qu’ils connaissent pour la plupart depuis de nombreuses années. La victoire de Benoît Hamon à la primaire, c’est aussi celle d’une équipe soudée. Une équipe composée de soutiens pour la plupart habitués à travailler ensemble. Des hommes, essentiellement. Des fidèles de la première heure, souvent. Des responsables de l’aile gauche du PS issus du courant de Benoît Hamon "Un monde d’avance", principalement.

En première ligne, au côté du duo Mathieu Hanotin  - Roberto Romero : "la triplette" Juanico – Cherki – Balas, comme le décrit Benoît Hamon au Lab. "Les trois sont complémentaire, ils se connaissent très bien", observe le candidat du PS à la présidentielle. "C’était une bonne équipe, la mayonnaise a pris", se réjouit Benoît Hamon. "Cette équipe a tenu la route", abonde le député PS de la Loire Régis Juanico auprès du Lab. Zoom sur les principaux soutiens de Benoît Hamon.

 

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  • Régis Juanico, le fidèle de la première heure

Il a été l’un des 10 porte-paroles de Benoît Hamon lors de la campagne. Sans doute l’un des plus connus. Conseiller politique du candidat au côté de Naïma Charaï, Régis Juanico n’a pas été en première ligne dans l’organisation de la campagne. Le député PS de la Loire, qui connaît très bien le nouveau président du groupe PS à l’Assemblée Olivier Faure, a régulièrement fait le lien avec le groupe. "Son apport a été important. Il a la confiance du groupe socialiste où il est très respecté", précise Guillaume Balas au Lab.

Ancien trésorier du PS de 2008 à 2012, lorsque Benoît Hamon était porte-parole du parti, Régis Juanico est le plus ancien de la bande : il connaît le candidat depuis 1990. A l’époque, les deux gravitent dans les clubs Forum, qui regroupent les jeunes rocardiens, rappelle Le Monde. En 1995, Régis Juanico a même succédé à Benoît Hamon à la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). Les deux hommes ont aussi milité dans un syndicat étudiant : l’UNEF-ID, véritable pépinière de la gauche.

"Notre relation ancienne et proche me permet de lui dire des choses et même parfois de lui tenir tête", précise Régis Juanico, tour de contrôle de la campagne. "Benoît écoute beaucoup, il ne compartimente pas trop et il s’intéresse aux idées nouvelles. Il a beaucoup d’intuition politique, il sent les choses", se félicite son fidèle lieutenant.

 

  • Pascal Cherki, le sparring-partner de Benoît Hamon avant les débats

Egalement porte-parole de la campagne, au côté notamment du député des Hauts-de-Seine Alexis Bachelay, Pascal Cherki parle lui aussi "très franchement" avec le candidat à la présidentielle du PS. Guillaume (Balas, ndlr), Régis (Juanico, ndlr) et moi, on ne fera jamais de langue de bois avec lui", assure Pascal Cherki au Lab. Il faut dire que le député PS de Paris connaît Benoit Hamon depuis le milieu des années 1990.

Avant le débat de l’entre-deux-tours de la primaire organisé le 25 janvier, Pascal Cherki joue brièvement le rôle de Manuel Valls pour Benoît Hamon. Quelques jours plus tôt, Pascal Cherki avait déjà préparé le premier débat avec le candidat et d’autres soutiens. "Il a voulu tester de nouvelles formules. Il était déjà prêt mais ça l’a rassuré de me voir", raconte le député socialiste.

L’apport de Pascal Cherki a été majeur, estiment les soutiens de Benoît Hamon. "C’est un puits de science. Il a la capacité de sentir ce qui est en train de se passer sur le plan politique. Il observe les réussites et les fautes des autres", décrypte Guillaume Balas.

 

  • Guillaume Balas, le coordinateur du pôle projet

Il a été courtisé par Arnaud Montebourg pendant des mois, fin 2015 et début 2016. Après avoir hésité, le député européen socialiste Guillaume Balas est finalement resté fidèle à Benoît Hamon. Comme le rappelle Libération, l’eurodéputé était de l’aventure de Nouvelle Gauche (NG). Il est passé par la branche syndicale (Unef) du petit rassemblement fondé en 1994 par Benoît Hamon et d’autres "rocardiens de gauche".

Durant la campagne, Guillaume Balas coordonne le pôle projet, conseille Benoît Hamon sur la stratégie et gère les relations avec les autres partis de gauche. Avec plusieurs députés européens, il se charge de publier dans Libération une tribune appelant à soutenir Benoît Hamon. Il rédige aussi des notes sur divers sujets.

 

  • Ali Rabeh, l’homme qui monte

Adjoint au maire de Trappes, ville des Yvelines située sur la circonscription du député Benoît Hamon, Ali Rabeh est bien moins connu que "la triplette". Le jeune élu a pourtant été l’une des pièces-maîtresse du dispositif. Officiellement chargé de "la mobilisation dans les départements", comme le rappelle Slate, il a été très actif sur le terrain.

"Il a une relation très forte avec Benoît. C’est quelqu’un de très perspicace en termes de tactique, de stratégie et d’organisation. Il a une très bonne connaissance du territoire et des élus", analyse le député européen Guillaume Balas. Ali Rabeh a été le bras droit de Benoît Hamon au PS, son directeur de campagne aux législatives de 2012, son chef de cabinet lorsqu’il était ministre délégué de l’Economie sociale et solidaire ou encore son conseiller spécial quand il était ministre de l’Education nationale. "Je vous le dis, vous le verrez loin, très loin", assure Benoît Hamon auprès de Slate.

 

  • Naïma Charaï, une porte-parole engagée

Elle a été "une porte-parole très importante", souligne Benoît Hamon au Lab. Conseillère politique de Benoît Hamon, Naïma Charaï n’est pas non plus connue du grand public. La Conseillère régionale socialiste de Nouvelle-Aquitaine est montée au front pour défendre Benoît Hamon, répondant dans L'Obs avec Pascal Cherki aux attaques de l’essayiste Caroline Fourest, sur la même ligne que Manuel Valls sur la laïcité. L’élue PS Naïma Charaï est candidate PS aux législatives en Gironde sur la circonscription de Noël Mamère… qui a annoncé vendredi 27 janvier son soutien à Benoît Hamon pour la primaire.

 

  • Barbara Romagnan, le lien avec la société civile

La garde rapprochée de Benoît Hamon est essentiellement masculine. Mais comme Naïma Charaï, la députée PS frondeuse du Doubs Barbara Romagnan a été active durant la campagne. Cette hamoniste historique a fait peu de médias nationaux. "Elle a des relations avec la société civile, notamment les mouvements écologistes et les intellectuels", précise Guillaume Balas.

D’autres femmes ont aussi participé à la campagne, comme la députée européenne Isabelle Thomas. On retrouve aussi les porte-paroles du candidat : Laura Slimani (ancienne présidente du MJS, ndlr), la Conseillère de Paris Sandrine Charnoz, la Conseillère régionale d’Ile-de-France Hella Kribi-Romdhane, la députée de Moselle Paola Zanetti et sa collègue de Meurthe-et-Moselle Chaynesse Khirouni. Un autre nom est avancé par Benoît Hamon : Elisa Lewis. L’entrepreneuse et essayiste a travaillé sur les questions liées à la démocratie. "Elle a bossé en coulisse au lancement de la campagne", précise le vainqueur de la primaire.

 

  • Et Philippe Darriulat inventa l’une des punchlines de la campagne

Il est l’un soutiens de Benoît Hamon les moins connus. Philippe Darriulat a pourtant lui aussi joué un rôle. C’est lors d’une joute avec Benoît Hamon durant la préparation du deuxième débat entre les sept candidats que l’ancien président de l’UNEF-ID a trouvé l’une des principales punchlines de la campagne : "On peut négocier avec les banquiers, mais pas avec la planète". L’ancien ministre de l’Education nationale n’a pas l’occasion de placer cette phrase lors de ce débat organisé le 15 janvier. Qu’à cela ne tienne : il le fera trois jours plus tard lors de son meeting à l’Institut national du Judo, à Paris. Puis le lendemain, lors du troisième débat.

"La veille ou l’avant-veille des débats, on fait du ping-pong intellectuel avec Benoît. On enregistre ce qu’il dit, on reprend ses mots, on prépare les punchlines. Mais avant chaque débat, on lui laisse le temps de se préparer tout seul", explique au Lab le directeur de campagne adjoint Roberto Romero. Lors de ces échanges en petit comité, on retrouve encore Guillaume Balas, Pascal Cherki, Régis Juanico, Roberto Romero et Ali Rabeh.

Le premier cercle des hamonistes souligne qu’une nouvelle génération voit le jour. "On a découvert des pépites lors de cette campagne. Nicolas Matyjasik par exemple (le coordonnateur du projet présidentiel, ndlr) ou Hadrien Bureau (un normalien)", vante au Lab le directeur de campagne Mathieu Hanotin. "Cette campagne a permis de former une nouvelle génération de talents. Ils vont prendre de l’ampleur dans quelques années", se félicite d’avance Pascal Cherki.

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