Anti-terrorisme : Manuel Valls ne veut pas d'un "Patriot Act" à la française mais va faire "des propositions"

Publié à 09h31, le 12 janvier 2015 , Modifié à 10h20, le 12 janvier 2015

Anti-terrorisme : Manuel Valls ne veut pas d'un "Patriot Act" à la française mais va faire "des propositions"
Image Etienne Baldit


"Le statu quo, ne rien faire serait absurde. [...] Mais la précipitation serait également une mauvaise solution." Une phrase qui résume l'état d'esprit de Manuel Valls concernant de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme, au lendemain des attaques qui ont frappé la France, les 7, 8 et 9 janvier. Invité de BFMTV lundi 12 janvier, le Premier ministre a indiqué sa méfiance concernant un éventuel "Patriot Act" à la française, mais affiché son intention de renforcer certaines dispositions et d'en créer de nouvelles.

"Contre la violence, c'est le droit, la démocratie" qui doivent primer, a d'abord expliqué Manuel Valls avant de mettre en garde contre les "mesures d'exception". Il se méfie en cela d'une réponse similaire à celle des États-Unis après les attentas du 11-septembre :

Si cela doit nous amener à ce qui s'est passé quelques années plus tard en Irak, il faut y réfléchir.

"Je ne vais pas ici faire les annonces alors que c'est le rôle du gouvernement, et c'est ce que m'a demandé le président de la République, de faire un certain nombre de propositions dans les jours qui viennent", confirmant l'intention de l'exécutif d'apporter une réponse législative aux événements de la semaine dernière. Et d'annoncer d'ores et déjà un débat parlementaire "bi-partisan" sur le sujet :

Attention aux mesures d'exception, même s'il faut une réponse d'une très grande fermeté à ces actes terroristes et donc une réponse exceptionnelle, qui doit reposer sur le débat [...] dans le cadre du Parlement. Nous associerons Claude Bartolone et Gérard Larcher, présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, parce que oui c'est dans le cadre parlementaire [que doit se mener la réflexion sur l'arsenal juridique français].

"Je pense que le Parlement souhaitera une commission d'enquête" sur les attentats de la semaine dernière, a-t-il encore indiqué, ajoutant :

C'est dans le cadre parlementaire et bi-partisan qu'il faut travailler. En y associant bien sûr pleinement l'opposition, c'est tout le Parlement.

Concrètement, Manuel Valls a dit vouloir "améliorer" le système d'écoutes administratives et judiciaires qui doit être "plus performant" :

Il faudra donner le plus vite possible encore davantage de moyens aux services. Il y a sans doute des problèmes juridiques pour effectivement améliorer encore la possibilité des systèmes d'interception, parce qu'entre les écoutes administratives et judiciaires, on peut encore être plus performant.

Le Premier ministre a encore manifesté son intention de généraliser l'isolement en prison des détenus islamistes radicaux : "On sépare ces détenus du reste" des autres détenus en prison, "on sépare un certain nombre d'individus qui représentent un danger". "Non seulement on peut mais il faut généraliser" cette mesure, a-t-il expliqué, indiquant qu'il fallait le faire "avec discernement et intelligence".

[Edit 10h15] Selon LCI, Manuel Valls tiendra un discours "sur les mesures anti-terrorisme" à l'Assemblée nationale demain à 15 heures, à l'heure habituelle des questions au gouvernement :





Du rab sur le Lab

PlusPlus