Au PS, des proches de Valls et de Royal proposent que Martine Aubry soit tête de liste aux régionales dans le Nord pour contrer Marine Le Pen

Publié à 15h57, le 11 décembre 2014 , Modifié à 18h43, le 11 décembre 2014

Au PS, des proches de Valls et de Royal proposent que Martine Aubry soit tête de liste aux régionales dans le Nord pour contrer Marine Le Pen
Martine Aubry. © Reuters.

Martine Aubry a gentiment perturbé la communication du gouvernement et de la majorité sur la loi Macron. Elle avait prévenu François Hollande, elle l’a fait. Mais si elle veut peser, certains dans la majorité ont une proposition pour la maire de Lille : qu’elle se lance aux régionales. Dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, elle pourrait partir au front contre Marine Le Pen.

C’est ce que suggère, auprès du Lab, un parlementaire proche de Manuel Valls. Qui confie :

On a besoin d’elle dans le Nord. C’est la seule à pouvoir y aller. Beaucoup de collègues pensent qu’elle est la meilleure candidate.

Et ce même proche du Premier ministre d’ajouter :

Prendre ses responsabilités, c’est à tous les niveaux. La seule à même de garder la région à gauche, c’est elle. Il faut qu’elle y aille.

Les régionales seront, comme les départementales ainsi que l’ensemble des élections intermédiaires depuis 2012, délicates pour la majorité. Et le Front national pourrait ravir plusieurs régions dont celle-là, terre d’élection de Marine Le Pen, qui n‘a pas encore tranché quant à une éventuelle candidature.

Dans Le Canard Enchaîné du 10 décembre, le député et ancien ministre Guillaume Garot, un proche de Ségolène Royal, - qui confirme au Lab ses propos - ne disait pas autre chose :

Si Martine veut vraiment se rendre incontournable, elle devrait aller aux régionales comme tête de liste dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Elle s’investirait ainsi dans le combat anti-FN. Elle mènerait un combat frontal contre Marine Le Pen. Si elle gagnait l’élection, elle pourrait la fragiliser, voire lui barrer la route avant 2017.

Auprès du Lab, le député PS ajoute :

Si Marine Le Pen est candidate, il faut une candidature socialiste de poids. Aucun combat n'est perdu ou gagné d'avance. C'est la politique que d'aller au combat. Il faut tout faire pour réduire l'influence du FN avant 2017.

A l’inverse, si elle perdait, ce serait la maire de Lille qui en sortirait fragilisée. Ce qui ne serait pas pour déplaire à ses opposants au sein du PS. L’idée d’une telle candidature, émanant d’un camp pas franchement amical envers l’ancienne patronne du PS, pourrait aussi ressembler à un piège tendu à celle qui s’oppose de plus en plus frontalement à François Hollande et Manuel Valls.

La maire de Lille n'est d'ailleurs pas très enthousiaste à l'idée d'aller affronter Marine Le Pen. En juillet 2014, déjà, elle expliquait, comme le rappelle Le Scan : "Il n'a jamais été question et il n'est pas question que je me présente aux élections régionales. Pour moi, le bon candidat est Pierre de Saintignon [son premier adjoint à la mairie, ndlr], et ce sera aux militants de se prononcer". Une position qu'elle réaffirme au Scan ce 11 décembre :

Ce n'est pas la petite musique des amis de Manuel Valls qui me fera changer d'avis.

Du rab sur le Lab

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