Elisabeth Guigou et le groupe PS à l’Assemblée vont déposer une proposition de résolution pour reconnaitre l'Etat de Palestine

Publié à 07h05, le 05 novembre 2014 , Modifié à 13h38, le 05 novembre 2014

Elisabeth Guigou et le groupe PS à l’Assemblée vont déposer une proposition de résolution pour reconnaitre l'Etat de Palestine
Elisabeth Guigou à l'Assemblée nationale. © Reuters.
Image Sébastien Tronche


DOCUMENT - La cause palestinienne progresse en France. Les personnalités à prendre position pour reconnaître un Etat de Palestine se multiplient. Dernière en date : la présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Elisabeth Guigou.

L’ancienne ministre de Lionel Jospin va ainsi déposer une proposition de résolution en ce sens, soutenue par le groupe PS, groupe majoritaire, à l’Assemblée nationale et par Bruno Le Roux. Le texte de ce projet de résolution, que le Lab s’est procuré, est actuellement soumis aux députés socialistes qui devront trancher dans une semaine alors qu'une réunion a lieu ce mercredi au Quai d'Orsay.

"Constatant la volonté des peuples israélien et palestinien à vivre en paix et en sécurité, constatant l’échec des tentatives de relance du processus de paix engagées depuis 1991 (…) l’Assemblée nationale souligne que le statu quo est intenable et dangereux car il nourrit les frustrations et la défiance croissante entre les deux parties", écrit Elisabeth Guigou dans ce texte. Qui se poursuit ainsi :

Souligne que la solution des deux Etats, promue avec constance par la France et l’Union européenne, suppose la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Voici la proposition de résolution :

Resolution Palestine du groupe PS

<br /><br />


"L’Assemblée nationale invite le gouvernement français à faire de la reconnaissance de l’Etat de Palestine un instrument pour obtenir un règlement définitif du conflit", peut-on encore lire en conclusion. En réunion de groupe socialiste, mardi 4 novembre, Bruno Le Roux a ainsi soumis ce texte aux députés PS, rappelant que le groupe avait déjà proposé une résolution en 2011, lorsqu'il était dans l'opposition. "Nous constatons que la reconnaissance d'un Etat palestinien n'est peut-être plus un point d'arrivée du processus de paix mais une étape indispensable de sa relance", a expliqué le patron des députés PS à ses ouailles. La version finale de la proposition de résolution sera soumise au vote des commissaires socialistes de la commission des Affaires étrangères la semaine prochaine.

Le vote de l'Assemblée ou du Sénat ne vaudrait pas reconnaissance par le gouvernement mais il serait forcément très symbolique après celui du Parlement britannique mi-octobre. La France reconnaîtra l'État palestinien "le moment venu", mais cette décision doit être "utile à la paix" et non pas seulement "symbolique", avait déclaré mi-octobre le chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Ce texte des députés PS fait suite à la reconnaissance de la Palestine par la Suède, qui devient ainsi le premier pays européen à agir ainsi. En France, les voix en ce sens se multiplient. De tous bords. Après une initiative isolée de trois députés socialistes, dont Benoît Hamon, après une demande similaire des députés du Front de gauche, c’est la sénatrice Esther Benbassa qui a pris les devants au Sénat. A droite, Alain Juppé a estimé, le 4 novembre, que la reconnaissance de la Palestine par l’Union européenne "serait bienvenue".

[Edit 13h30] Interrogé par le Lab lors du compte-rendu du conseil des ministres, Stéphane Le Foll a rappelé que la ligne du gouvernement était de "travailler à ce que la reconnaissance d'un Etat palestinien se fasse à l'échelle internationale" :

Laurent Fabius a rappelé de manière constante le fait qu’au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, la ligne de la France était la reconnaissance d’un État palestinien. L’initiative qui a été prise par Elisabeth Guigou et le groupe socialiste est parlementaire, mais le choix politique de la France est effectivement de travailler à ce que la reconnaissance d’un État palestinien se fasse à l’échelle internationale parce que les États sont reconnus à l’échelle internationale.

Du rab sur le Lab

PlusPlus