"En colère", Florian Philippot dénonce "l'américanisation hideuse" de la société et les "raisons bassement matérielles" de la presse people

Publié à 08h05, le 15 décembre 2014 , Modifié à 11h46, le 15 décembre 2014

"En colère", Florian Philippot dénonce "l'américanisation hideuse" de la société et les "raisons bassement matérielles" de la presse people
Florian Philippot © MaxPPP

"Je suis en colère". Florian Philippot s'exprimait pour la première fois, lundi 15 décembre, depuis la révélation de son homosexualité par Closer, vendredi. Sur France Inter, le vice-président du Front national a dénoncé "une atteinte gravissime à [sa] vie privée" et dénoncé les "raisons bassement matérielles" de la "presse de caniveau".

Il y voit une "dérive" de la société dans son ensemble, une "fuite en avant vers l'américanisation" et une "régression terrible" :

Quelle est cette société où on peut être traqué, puisque ça a été le cas, pisté pendant plusieurs jours, pris en photo à votre insu, les photos livrées au grand public sans votre accord bien évidemment ? C'est une dérive qui me semble grave, très grave. Une sorte de fuite en avant vers l'américanisation à laquelle on avait échappé en France et qu'on avait condamnée avec justesse, parce qu'évidemment c'est une régression terrible.

Il fustige également les motivations de l'hebdomadaire people, qui l'a mis à la une "pour des raisons de fric" :

Ces magazines de la presse torchon, la presse de caniveau font ça pour des raisons bassement matérielles : le fric. Et je trouve ça assez triste.

Il rejoint en cela Marine Le Pen, qui expliquait samedi sur Europe 1 que "tout ça c'est de la faute des magistrats", qui selon elle ne punissent pas assez sévèrement les atteintes à la vie privée par les médias. Florian Philippot confirme également qu'il va porter plainte contre Closer et se félicite de la "quasi unanimité de la classe politique française" - qui a en effet largement condamné cet "outing" - et des "milliers de témoignages de soutien, anonymes ou célèbres" qu'il a reçus.

Le numéro 2 du FN conteste par ailleurs l'argument avancé par l'hebdomadaire pour défendre cette révélation, à savoir l'intérêt politique qu'elle pourrait recouvrir à la fois pour les militants du Front national, parti opposé au mariage des couples de même sexe, et pour le public en général. Laurence Piot, directrice du magazine people, le "fait assez rire" en avançant "des justifications politiques" :

Elle est dans une démarche purement commerciale, son objectif est la rentabilité, le buzz. Évidemment, tout cela, c'est du maquillage.

Il rappelle qu'il avait "condamné très clairement les photos de Julie Gayet et François Hollande", déjà publiées par Closer. "Je suis totalement cohérent, j'ai toujours prôné une séparation stricte entre vie privée et engagement politique, explique-t-il. C'est une ligne de conduite à laquelle il faut se tenir, sinon il n'y a plus aucune limite et ce qu'on appelle transparence devient en réalité tyrannie".

La publication de Closer intervenait rapidement après l'annonce du ralliement de Sébastien Chenu, fondateur de Gaylib et ancien secrétaire national de l'UMP, au Rassemblement bleu marine, mouvement lié au Front national. D'où la question de la journaliste à Florian Philippot : "Le FN est-il gay friendly ?" "Non, il n'est pas gay friendly, il n'est pas l'inverse non plus, il est juste french friendly si vous voulez", répond Florian Philippot. Qui fait valoir la "vision républicaine" des militants frontistes, qui ne sont "pas dans une optique communautariste" et qui ne se positionnent pas en fonction de "je ne sais quels déterminismes sociaux, sexuels, biologiques" mais à travers "une analyse politique".

Quant au "lobby gay" dont certains dénoncent l'existence au Front national, Florian Philippot juge qu'il s'agit d'une "expression assez grave" :

Elle vient d'où cette expression ? Elle vient de la pire presse d'extrême droite, qui parlait dans les années 30 de "lobby juif", qui a une vision complotiste du monde. Cette expression enferme les gens dans un déterminisme, elle leur arrache leur libre arbitre. 

[Bonus Track] Quand Philippot voulait faire fermer Closer

En janvier dernier, au moment de la une de l'hebdomadaire sur François Hollande et Julie Gayet, Florian Philippot avait estimé sur Twitter que Manuel Valls devait "d'urgence fermer Closer", ajoutant à ce message un hashtag ironique : #BigBrother.

Il voulait alors moquer les "démangeaisons" de Manuel Valls, qui selon lui voulait "tout censurer, tout fermer", comme il l'expliquait dans cette interview à L'Opinion. Une référence à "l'affaire Dieudonné" : alors ministre de l'Intérieur, Manuel Valls avait fait interdire le spectacle de l'humoriste, Le Mur.

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