Jean-Marie Le Pen critique la dédiabolisation du FN et l'écartement d'anciens militants jugés trop radicaux par Marine Le Pen

Publié à 16h20, le 02 juillet 2014 , Modifié à 16h32, le 02 juillet 2014

Jean-Marie Le Pen critique la dédiabolisation du FN et  l'écartement d'anciens militants jugés trop radicaux par Marine Le Pen
Jean-Marie Le Pen © MaxPPP
Image Sylvain Chazot


ET C’EST REPARTI - "La page est tournée", assurait Jean-Marie Le Pen au Lab, lundi 23 juin, après avoir vu Marine Le Pen au Parlement européen. La page est tournée concernant la "fournée" mais il en découvre une autre. D’un côté, le président d’honneur du Front national tente d’apaiser les tensions avec sa présidente de fille, balancées sur la place publique. De l’autre, il maintient qu’il n’a rien fait de mal et dénonce le comportement politique de son héritière.

Dans une interview publiée jeudi 3 juillet par le journal d’extrême droite Rivarol, Jean-Marie Le Pen dégaine à nouveau. Lui qui sait manier le verbe –  "encore faut-il que les gens connaissent la langue française", relève-t-il – adresse un long message à  Marine Le Pen. Il pourrait s’intituler ainsi : Mais que fais-tu de mon parti Marine ?

Car comme d’autres frontistes historiques, Jean-Marie Le Pen regrette l’entreprise de dédiabolisation menée par Marine Le Pen dont l’épisode de la "fournée" ne serait que l’illustration, la non-formation d’un groupe au Parlement européen la conséquence. Il juge :

La conception que j’ai du rassemblement national est en effet de réunir tous les patriotes sans exception. Je pense que s’il faut quelques fois rappeler à quelques patriotes la nécessité de comportement sérieux et pas folkloriques, car en politique on ne doit pas se faire plaisir, tous les patriotes ont leur place dans ce mouvement.

Considérant que "Marine Le Pen, avec une intention excellente, mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions, fait une erreur d’analyse", Jean-Marie Le Pen regrette "le ménage [fait] au sein du mouvement d’une manière [qu’il a]  trouvé un peu sévère". Il ajoute, utilisant l’expression à dessein :

Au risque de tomber encore sous le coup de la dénonciation, on ne peut pas à la fois être au four et au moulin. […] Mais si certains nous ont quittés à un moment donné, on ne peut pas oublier ce qu’ils ont apporté au combat national lorsqu’ils se battaient à nos côtés.

Voilà l’illustration, selon lui, de la dédiabolisation voulu par Marine Le Pen. "Elle trouve rapidement ses limites puisque la diabolisation ne dépend pas de nous, commente l’eurodéputé. Elle dépend de nos ennemis et il n’y a aucune raison que nos ennemis ne nous fassent pas en permanence la guerre."

Et Jean-Marie Le Pen de défendre d’anciens membres exclus du Front national, comme Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti, les anciens dirigeants des Jeunesses Nationalistes et de l’Œuvre Française, des "parasites" selon les mots de Marine Le Pen. Le président d’honneur du FN, lui, s’en désole : 

Des opinions sur différents sujets peuvent diverger mais cela doit pouvoir être surmonté sous l’aiguillon d’une nécessité vitale, le sort de la France.

Peu ou prou ce que Jean-Marie Le Pen disait après l'échec du FN à former un groupe au Parlement européen. 

[BONUS TRACK] Concernant l'affaire de la "fournée", Jean-Marie Le Pen dénonce une nouvelle fois la réaction de son gendre Louis Aliot. Il critique aussi le rôle de la presse dans une attaque contre les francs-maçons. "La simple assonance a suffi pour déclencher un tollé de la part de journalistes qui sont en principe des intellectuels c’est-à-dire des gens qui pensent avant d’écrire et même avant de recevoir l’ordre de leur loge", assure Le Pen. 

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