Les propositions économiques recyclées de Nicolas Sarkozy pour la France (ter)

Publié à 07h37, le 02 mars 2015 , Modifié à 09h26, le 02 mars 2015

Les propositions économiques recyclées de Nicolas Sarkozy pour la France (ter)
Image Sébastien Tronche


BIS REPETITA – Ce lundi 2 mars, Nicolas Sarkozy a voulu frapper un grand coup en présentant, dans une longue interview au Figaro, ses propositions, notamment en matière économique. Mais force est de constater que nombre d’entre elles sont les mêmes que celles présentées, dans une interview au Figaro Magazine, en octobre 2014 lorsqu’il revenait pour la présidence de l’UMP. Des propositions déjà recyclées de 2012. Soit qu’elles avaient été déjà pratiquées, soit qu’elles avaient au moins été évoquées.

Etat des lieux, entre cohérence et recyclage.

>> Fonction publique

Ce qu’il propose en 2015 : Au Figaro de ce 2 mars, le président de l’UMP veut "s’attaquer résolument" au "nombre de fonctionnaires". Il demande de "revenir à la régle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite" et l’imposer à la fonction publique territoriale. L’ancien président souhaite également "recruter prioritairement dans la fonction publique avec des contrats de cinq ans" et "bien évidemment rétablir le jour de carence".

Ce qu’il proposait en 2014 (et ce que le Lab écrivait) : Nicolas Sarkozy souhaitait rétablir le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, qu'il avait appliqué lors de son quinquennat. Il souhaitait également proposer "un nouveau contrat de cinq ans dans la fonction publique" et "rétablir le jour de carence".

Ce qu'il a déjà dit ou déjà fait : l'ancien président proposait déjà en 2012 de maintenir le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Le point névralgique de la fameuse RGPP. Il a mis en place sous son quinquennat le jour de carence. L'idée d'un contrat d'une durée de cinq ans dans la fonction publique est en revanche une nouveauté de 2014.

>> Retraites

Ce qu’il propose en 2015 : "En matière de retraite, il faudra à nouveau augmenter l’âge de départ et de manière très rapide", dit Nicolas Sarkozy ce 2 mars. Il ajoute :

Concrètement, je préfère passer l’âge légal de départ à 63 ans (et à 68 ans sans décote) en trois ans.

Ce qu’il proposait en 2014 : recul de l'âge légal de départ à la retraite à 63 ans.

Ce qu’il a déjà dit ou déjà fait: Nicolas Sarkozy souhaitait déjà ce report en mai 2010.

>> Dépenses publiques

Ce qu’il propose en 2015 : "Il faut baisser le montant des dépenses publiques", affirme encore Nicolas Sarkozy en 2015. "Nous devons revenir à un niveau de dépenses publiques équivalent à 50% du PIB", ajoute-t-il, de nouveau. Un seuil qu’il veut désormais inscrire dans la constitution "pour qu’il ne puisse plus être dépassé".

Ce qu'il proposait en 2014 : Selon le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy proposait que "d'ici à cinq ans, il ne soit plus possible de consacrer plus de 50% du PIB à la dépense publique. Tout gouvernement qui atteindrait ce seuil se heurterait à l'interdiction d'augmenter la dette ou les impôts." Des mesures qui seraient proposées par référendum.

Ce qu'il a déjà dit ou fait : Nicolas Sarkozy ne proposait pas exactement ces mesures, mais elles font tout de même penser à la fameuse "règle d'or" qu'il proposait dans sa campagne :



La règle d'or, ça veut dire qu'un gouvernement, pour les cinq ans d'une législature, s'engage à aller vers l'équilibre des comptes.

Les principes sont donc les mêmes: obliger le gouvernement, quelle que soit la conjoncture, à tendre vers l'équilibre des comptes.

>> 35 heures

Ce qu’il propose en 2015 : "Mon principe est simple : les entreprises qui souhaitent sortir des 35 heures doivent pouvoir le faire par la négociation." Voilà ses propos de son interview début mars dans Le Figaro. Parallèlement, Nicolas Sarkozy propose de "rétablir dans les entreprises le principe des heures supplémentaires défiscalisées". Une mesure qu’il veut étendre aux fonctionnaires pour "les inciter à travailler plus". Il plaide également, ce qui devrait ravir Nathalie Kosciusko-Morizet, pour "repenser tout notre Code du travail".

Ce qu'il proposait en 2014 : Nicolas Sarkozy souhaitait donner la possibilité aux entreprises de négocier. Il proposait également le rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires.

Ce qu'il a déjà proposé ou fait : En 2012, Nicolas Sarkozy proposait déjà des négociations par entreprises. Via l'accord "compétitivité-emploi", Nicolas Sarkozy souhaitait se débarrasser des 35 heures. Voici comment il présentait la mesure à l'époque :



L'accord compétitivité-emploi "s'imposera à la loi et aux contrats individuels", a-t-il précisé. Ces accords s'appliqueront si une majorité de salariés se met d'accord "dans une entreprise, pas une branche".

>> Sur la fiscalité

Ce qu’il propose en 2015 : "La France est écrasée d’impôts", constate Nicolas Sarkozy qui préconise une mesure qu’il qualifie de "fondamentale" :



Que la France et l’Allemagne convergent en matière fiscale.

Ce qu'il proposait en 2014: Nicolas Sarkozy estimait "urgent de réfléchir à une zone économique à fiscalité harmonisée" entre la France et l'Allemagne.

Ce qu'il a déjà proposé : La fameuse convergence fiscale entre la France et l'Allemagne n'est pas nouvelle. Nicolas Sarkozy a plusieurs fois plaidé pour lors de son mandat, et ce dès juillet 2010,

[BONUS TRACK] Les bons et les mauvais bonus

Un peu comme il y a les bons et les mauvais chasseurs ou les bons et les mauvais rockers, selon Les Inconnus, il y a, selon Nicolas Sarkozy, les bons et les mauvais bonus et les bons et les mauvais patrons. Interrogé sur le "golden hello" du nouveau PDG de Sanofi, qu’il critique – "un non-sens", dit-il comme le gouvernement -, le successeur de Jean-François Copé explique :



Le bonus avant les résultats est un non-sens. Le bonus en contrepartie de bons résultats est acceptable. L’essentiel, c’est la performance. Un mauvais patron peu payé fait davantage de dégâts qu’un bon patron bien rémunéré.

Du rab sur le Lab

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