Ségolène Royal et Stéphane Le Foll pestent contre "le bonus de bienvenue" du nouveau patron de Sanofi

Publié à 09h20, le 23 février 2015 , Modifié à 09h24, le 23 février 2015

Ségolène Royal et Stéphane Le Foll pestent contre "le bonus de bienvenue" du nouveau patron de Sanofi
Le Foll et Royal choqués par le bonus du nouveau boss de Sanofi. © BERTRAND GUAY / AFP

SHOCKING – "C’est incompréhensible." C’est ainsi qu’a réagi, ce lundi 23 février, le porte-parole du gouvernement, interrogé sur l’octroi d’un bonus de "bienvenue" de 4 millions d’euros au nouveau patron du groupe pharmaceutique Sanofi, Olivier Brandicourt.

Invité de RTL ce 23 février, Stéphane Le Foll a ainsi déploré ce lucratif bonus. Il explique :

C'est incompréhensible. Comment tous ces gens, qui expliquent que c'est le mérite, que c'est l'économie libérale, le risque, la prise de risque qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d'une entreprise - c'est-à-dire qu'ils n'ont pris encore aucun risque - sont déjà assurés d'avoir une rémunération sans commune mesure ?

Interrogé pour savoir s’il fallait limiter la rémunération des grands dirigeants, le ministre de l’Agriculture, qui est également un proche parmi les proches de François Hollande, a estimé :

On l'a fait au niveau des entreprises publiques en plafonnant les salaires. Il faut qu'il y ait des règles qui soient réaffirmées, un peu de morale.

Parallèlement, sur BFM TV, Ségolène Royal a également fulminé contre ce "golden hello". "Je ne trouve pas ça normal du tout", a lancé la ministre de l’Ecologie avant de développer :

En apprenant cette nouvelle, je venais juste de recevoir les ouvriers de l’abattoir près du Mont Saint Michel, d’AIM, qui étaient vraiment désespérés, humiliés, méprisés et qui n’avaient aucune information sur ce qu’ils allaient devenir (…). Il n’y avait même pas eu le respect de les réunir pour leur expliquer ce qui allait se passer. (…) C’est inadmissible de traiter les ouvriers de cette façon-là ! Et en revenant ici, qu’est-ce que j’apprends ? Un bonus de 4 millions d’euros pour un patron qui arrive à la tête d’une entreprise pharmaceutique. Je rappelle quand même que les médicaments sont remboursés par les Français, ce sont tous les Français qui payent la sécurité sociale (…) et qui vont payer les primes de bienvenue au patron de Sanofi.

Tout comme Stéphane Le Foll qui demande plus de "morale", Ségolène Royal demande "un peu de décence". "Notamment de la part de laboratoires pharmaceutiques qui vivent de la sécurité sociale, donc des cotisations sur les salaires", renchérit-elle. Elle ajoute :

Il faudrait un peu d’autodiscipline, le fait même d’en parler peut aider à l’autodiscipline.

Selon un document consultable sur le site internet de Sanofi, Olivier Brandicourt, dont la nomination a été annoncée jeudi, bénéficiera donc d'une indemnité forfaitaire brute de 2 millions d'euros lors de sa prise de fonction. Celui qui dirige actuellement les activités pharmaceutiques du groupe allemand Bayer bénéficiera à nouveau d'une telle indemnité en janvier 2016 s'il est toujours en poste à ce moment-là.

Durant la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait inscrit dans ses engagements de campagne l’idée d’imposer aux dirigeants d’entreprises publiques "un écart maximal de rémunérations de 1 à 20". Une promesse en partie tenue. Mais qui ne concerne pas le privé.

Quand il était encore ministre, Arnaud Montebourg, alors à Bercy, avait pesté contre les rémunérations excessives des grands patrons. Et avait menacé d’une loi si ces hauts dirigeants ne s’autorégulaient pas.

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