Nathalie Kosciusko-Morizet moque "une élection à la soviétique" au Front national

Publié à 09h39, le 01 décembre 2014 , Modifié à 10h11, le 01 décembre 2014

Nathalie Kosciusko-Morizet moque "une élection à la soviétique" au Front national
NKM sur BFMTV le 1er décembre 2014. © image BFMTV

La réélection de Marine Le Pen à la tête du Front national avec 100% des suffrages exprimés, au moment où Nicolas Sarkozy n'en rassemblait que 64.5% pour la présidence de l'UMP, fournit un élément de langage tout prêt aux troupes de l'ancien chef d'Etat : le score du vainqueur n'est peut-être pas mirobolant mais, au moins, son élection est dé-mo-cra-ti-que.

C'est l'argumentaire développé notamment par Nathalie Kosciusko-Morizet ce 1er décembre sur BFMTV. La porte-parole de Sarkozy en 2012 parle ainsi "d'organisation à la soviétique" au Front national :

"

Commençons par des choses raisonnables, il n’y avait pas deux élections ! D’un côté il y a eu une espèce de truc soviétique, un seul candidat, Marine Le Pen fait 100% à la tête de son parti familial.



Même au Parti communiste ils n’osent plus, hein ! Y a plus que le FN qui fait ça.



Et puis de l’autre côté il y a eu une vraie élection avec un taux de participation comme il n’y avait jamais eu dans une élection interne chez nous, une élection réussie, ce qui était important pour nous. (...)



Il y a eu d’un côté une organisation à la soviétique et de l’autre côté une élection, c’est pas comparable.

"

Le même type d'argumentaire avait déjà été développé la veille au soir, au JT de TF1, par Nicolas Sarkozy de nouveau président de l'UMP.

A se pencher sur les chiffres, NKM n'est pas vraiment exhaustive. Le taux de participation à l'élection de ce week-end est effectivement important pour l'UMP : 57%, c'est bien un record dans l'histoire de l'élection des présidents du parti. En 2002, seuls 29% des adhérents s'étaient mobilisés. En 2004, ils étaient 53%.

En revanche, une autre élection à l'UMP a également eu des airs "à la soviétique", pour reprendre l'expression de NKM. En 2007, une vraie-fausse primaire a eu lieu pour désigner le candidat à la présidentielle lorsque Nicolas Sarkozy était président du parti. Son unique concurrent, Rachid Kaci, avait cependant fini par se désister. Finalement seul en lice, Sarkozy avait alors raflé 100% des suffrages exprimés, comme Marine Le Pen ce 30 novembre. Le taux de participation était lui aussi très important : près de 70%.



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