Pour Benoît Hamon, la loi Macron révèle le "malaise" entre Valls et les députés socialistes

Publié à 07h30, le 03 mars 2015 , Modifié à 07h32, le 03 mars 2015

Pour Benoît Hamon, la loi Macron révèle le "malaise" entre Valls et les députés socialistes
Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon regardant vers le congrès du PS à Poitiers. © GERARD JULIEN / AFP

LE GRAND FOSSE - Depuis la sortie du gouvernement de Benoît Hamon, c’est la guerre avec Manuel Valls. En mode "gauche passéiste" contre "gauche moderne". Une opposition cristallisée par le congrès à venir du Parti socialiste et par la loi Macron, que l’ancien ministre de l’Education s’apprêtait, avant l’usage du 49.3, à ne pas voter. Comme 48 autres députés socialistes ou apparentés, selon les informations du Lab.

"Emmanuel Macron a été le jouet d’une crispation politique voulue par le Premier ministre", assure Benoît Hamon au Figarode ce mardi 3 mars. Dans son viseur apparaît donc clairement la silhouette de Manuel Valls, tenant de l’aile droite de Solférino. Il ajoute, en écho à la même petite mélodie que certains frondeurs qui ont profité de ce coup de force du gouvernement sur la loi Macron pour plaider en faveur d’un nouveau changement de Premier ministre :

Quand, un mois après le 11 janvier, cinquante députés sont prêts à voter contre la loi Macron, cela montre le degré de résolution des députés et leur malaise à l’égard du Premier ministre

Ses détracteurs l’accusent de préparer le Congrès du PS en juin à Poitiers, il réplique qu’ils "sont plus obsédés par le congrès que je ne le suis moi-même". Et quand un ministre persifle, en off, le qualifiant "d’ovni" venant de l’aile gauche et passé par le gouvernement Ayrault avant de pactiser avec Arnaud Montebourg pour installer Manuel Valls à Matignon, il contre-attaque. Et vise Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, et Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS dont il se verrait bien être le successeur :

Je connais d’anciens trotskistes qui ont fini chez Strauss-Kahn. Je préfère avoir fait le chemin dans mon sens que dans le leur.

Le coup est lancé. La bataille continue de faire rage entre les socialistes. Et l’un d’entre eux n’hésite pas à moquer "la radicalisation" de Benoît Hamon depuis son départ du gouvernement.

Il a dû s’autoradicaliser pendant sa traversée du désert en regardant des vidéos de Gérard Filoche sur Internet.

[BONUS TRACK] "Arnaud me soutiendra"

En vue du Congrès, Benoît Hamon reste mystérieux quant à ses intentions. Sera-t-il le candidat de l’aile gauche, appuyé par son courant Un monde d’avance ? Toujours est-il que dans les colonnes du Figaro, l’ancien ministre de l’Education affirme qu’il aura un soutien de poids : celui d’Arnaud Montebourg. Ainsi lâche-t-il sobrement :

Arnaud me soutiendra.

Est-ce à dire qu’il est déjà candidat ?

Du rab sur le Lab

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