S'il n'avait pas été ministre, Bernard Cazeneuve aurait participé aux manifestations pro-Gaza

Publié à 13h03, le 14 août 2014 , Modifié à 13h03, le 14 août 2014

S'il n'avait pas été ministre, Bernard Cazeneuve aurait participé aux manifestations pro-Gaza
Bernard Cazeneuve. © Reuters.
Image Sébastien Tronche


C’est lui, en tant que ministre de l’Intérieur, qui a pris la décision d’interdire certaines manifestations pro-palestiniennes. Des manifestations qui ont parfois dégénéré. Comme il le raconte dans un long entretien à Mediapart, publié ce 13 août, Bernard Cazeneuve assume cette décision :

485 manifestations ont eu lieu à Paris et en province ; cinq seulement ont été interdites. Contrairement à ce que j’ai pu lire, ce ne sont pas le président de la République ou le premier ministre qui ont pris cette décision d’interdiction. C’est moi. Et je leur ai fait cette proposition pour des raisons que je veux prendre le temps d’expliquer et que j’assume.

Néanmoins, "sur le fond", comme il le dit lui-même, le ministre le plus amovible de la présidence Hollande, passé déjà par trois maroquins, soutient la cause des défenseurs d’un Etat palestinien et d’une paix à deux Etats au Proche-Orient. Et, s’il n’avait pas été ministre, Bernard Cazeneuve assure qu’il aurait pris part aux manifestations, comme l’ont fait certains élus de gauche :

Sur le fond, il est évident que la cause pour laquelle les manifestants se sont mobilisés était juste. Revendiquer pour les Palestiniens un droit à disposer d’un État, exiger que la guerre cesse à Gaza et que des enfants ne soient pas tués était une cause qui aurait pu justifier que toute la France fût dans la rue. J’ai moi-même beaucoup manifesté par le passé pour ces causes et je l’aurais fait de nouveau dans un autre contexte que celui des fonctions que j’occupe.

Après l’un de ces manifestations, il avait pourtant invité les députés PS y aillant participé à condamner tout aussi fortement les propos antisémites qui y ont parfois été tenus. "Mais la liberté de manifester n’est pas liberté de crier « Mort aux juifs ! » dans les rues de Paris ou de Sarcelles et de s’attaquer à des synagogues avec des cocktails Molotov", ajoute-t-il pour expliquer et justifier ces interdictions. 

Il ne faut pas confondre la liberté de crier son indignation et le droit à commettre des délits qui ne sauraient exister dans la République. Car l’antisémitisme n’est pas un droit. C’est un délit. Or, qu’avais-je entre les mains ? Des éléments précis et concrets témoignant du fait que des synagogues et des commerces allaient être attaqués et que des actes antisémites seraient perpétrés.

[BONUS] Oui à un débat sur le cannabis, mais...

Alors que Mediapart consacre une série d’été aux questions entourant la légalisation du cannabis, en même temps que le New York Times lançait une campagne contre la prohibition, Bernard Cazeneuve s’est dit ouvert à un débat sur la question. Comme Vincent Peillon lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Ce qui avait provoqué un tollé. Et un recadrage de François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Mais Bernard Cazeneuve, tout aussi ouvert au débat qu’il soit, précise aussitôt sa ferme opposition à toute dépénalisation.

Je suis favorable au plus large débat. Mais dans ce débat, j’ai ma position : je suis fermement hostile à toute dépénalisation.

Du rab sur le Lab

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