VIDÉO - Quand Marion Maréchal - Le Pen menace le journaliste Gilles Leclerc : "On va vous avoir. Mais quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal !"

Publié à 21h23, le 28 janvier 2015 , Modifié à 22h00, le 28 janvier 2015

VIDÉO - Quand Marion Maréchal - Le Pen menace le journaliste Gilles Leclerc : "On va vous avoir. Mais quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal !"
Marion Maréchal - Le Pen et Gilles Leclerc © Captures d'écran Canal +

ALLEZ, SANS RANCUNE - C'est la polémique de la semaine : la remise par le Trombinoscope du prix d'"élu local de l'année" au maire FN d'Hénin-Beaumont Steeve Briois. Boycottée par Claude Bartolone et 10 députés PS, la cérémonie de remise des prix s'est déroulée mardi 27 janvier au soir à l'Hôtel de Lassay, résidence du président de l'Assemblée nationale.

Parmi les lauréats : Manuel Valls "personnalité politique de l'année", Ségolène Royal "ministre de l'année", Emmanuel Macron "révélation politique de l'année" ou encore le frondeur Laurent Baumel "député de l'année". Mais c'est bien la remise de son prix au secrétaire général du Front national qui a *légèrement* plombé l'ambiance. Le Scan et Le Petit Journal de Canal + racontent ce mercredi cette cérémonie un brin pesante.

Alors que les prix sont remis en mains propres par des membres du jury aux personnalités récompensées (ou à leurs représentants, les absents étant nombreux), vient le moment pour Gilles Leclerc, président de la chaîne Public Sénat, de remettre le sien à Steeve Briois. Et son discours n'est... comment dire... pas tout à fait enjoué :

Je vais être tout a fait honnête, j'étais pas forcément spécialement volontaire pour cet exercice un peu spécial. [...] Il ne s'agit pas à proprement parler d'une véritable récompense. [...] Aujourd'hui maire, donc, député européen - tiens j'oubliais d'ailleurs qu'au Front national on n'était pas forcément contre le cumul. [...] C'est vrai que vous avez sans doute en mémoire les bilans pas très fameux, vous en conviendrez, de vos collègues élus en 1995.

Suite à quoi il descend de la scène et laisse une hôtesse remettre son prix à Steeve Briois. Qui déclare à la tribune :

Je voulais vous remercier pour ce prix. Même s'il m'a été attribué visiblement à contre-cœur, il me va droit au cœur.  

Les responsables frontistes présents prennent alors à parti Gilles Leclerc, sous l’œil des caméras du Petit Journal. "Le discours que vous avez fait est un discours de protection, il fallait mettre un préservatif pour venir", lui lance le député Gilles Collard, plutôt rigolard. Il ajoute toutefois : "Quand on le relira dans 10 ans, votre discours... Je vous plains." "Monsieur Leclerc, vous avez été en-dessous de tout, le tance le sénateur Stéphane Ravier. Ne vous forcez pas à vous ridiculiser à ce point ! [...] Vous vous êtes aplati, vous avez rampé..." Et puis c'est au tour de Marion Maréchal - Le Pen. Sans se départir de son sourire, la députée et nièce de Marine Le Pen menace assez clairement le journaliste :

Franchement, c'est minable. Je suis regonflée à bloc ! Mais on va vous avoir... Mais quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal ! Vraiment, merci. Parce qu'on a des petits coups de mou et quand on a ça, on est motivés ! Vraiment. Vraiment.

Une séquence à retrouver dans cette vidéo isolée par Le Lab :



Avant tout cela, la journaliste et présidente du jury Arlette Chabot (Europe 1) avait en effet indiqué que ce prix venait surtout souligner un "fait politique" : l'ascension électorale du Front national. Signe que cette décision de récompenser un élu frontiste a visiblement créé une certaine gêne au sein même du jury : après la soirée, le directeur de Libération, Laurent Joffrin, l'un des membres du jury, a précisé dans un tweet qu'il n'était "pas présent lors de la délibération Briois", qui avait eu lieu en décembre, et qu'il aurait "voté contre". D'ailleurs, si un prix du Trombinoscope devait de nouveau dans l'avenir être attribué à une figure du FN, il démissionnerait du jury, a-t-il précisé à l'AFP.

Mardi, Gilles Leclerc expliquait à La Voix du Nord :

Nous aurions pu désigner Marine Le Pen dans la catégorie de la révélation politique de l’année mais nous ne l’avons pas fait. […] À Hénin-Beaumont, Steeve Briois a été élu dès le premier tour. On peut en penser ce que l’on veut mais c’est comme ça. Ce n’est pas du tout le bilan d’un maire que nous avons voulu mettre en lumière, mais sa conquête d’une ville.

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