Alain Juppé s’oppose à Nicolas Sarkozy sur le déclin de la France depuis mai 68

Publié à 10h33, le 11 août 2016 , Modifié à 10h36, le 11 août 2016

Alain Juppé s’oppose à Nicolas Sarkozy sur le déclin de la France depuis mai 68
© Montage Le Lab via AFP

Aucun des candidats à la primaire de la droite ne prend vraiment de vacances cet été. Quand les "petits" sont occupés à recueillir les parrainages nécessaires (sans oublier de prendre l’apéro), ceux qui les ont déjà s’affrontent sur le terrain des idées. Pas frontalement, non. D'abord, parce que le temps des débats viendra plus tard. Ensuite parce que l’un des principaux candidats, Nicolas Sarkozy, n’a pas encore clarifié sa situation de président de parti/potentiel candidat. C’est donc par le biais de la presse que les concurrents marquent leurs divergences.

Dans une interview-confidences publiée par Le Point ce jeudi 11 août, Alain Juppé s’oppose à Nicolas Sarkozy sur le déclin que connaîtrait la France depuis mai 68. Alors que l’ancien Président voit dans cette révolte "le point de départ de l’avachissement des valeurs françaises", le maire LR de Bordeaux réplique :

 

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Je ne pense pas que les valeurs se soient avachies. Elles ont évolué. Il y a toujours des valeurs, des valeurs modernisées. C'est davantage un symptôme, la cristallisation de l'évolution d'une société pour toutes les raisons que j'évoquais : niveau d'éducation, volonté d'être écouté, ouverture sur le monde... Est-ce un déclin ou un sursaut ? Je ne pense pas que la France ait particulièrement décliné à partir de cette date.

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"Une France qui s'enflamme face à une France profonde qui s'inquiète", se souvient Alain Juppé, 22 ans à l’époque et "étudiant au Quartier latin". Alors attention, cela ne signifie pas que l’ancien Premier ministre adhérait au mouvement mai 68. Au contraire : "pas convaincu", il était "sur les Champs-Élysées pour soutenir le général de Gaulle".

Mais tout de même, Alain Juppé, sans qualifier explicitement l’événement de "sursaut", y voit une "évolution des valeurs".

Lors de sa première campagne présidentielle, en 2007, Nicolas Sarkozy avait stigmatisé "cette gauche héritière de mai 68", visant son adversaire socialiste Ségolène Royal. "Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes", avait lancé le ministre de l’Intérieur de l’époque.

Voilà en tout cas qui devrait conforter Nicolas Sarkozy dans son idée que son concurrent Alain Juppé est "de gauche".



[BONUS TRACK] Ministres = patrons

Lui Président, son gouvernement sera stable. Ce qui ne serait pas du tout le cas actuellement. Dans cette interview, Alain Juppé reproche aux ministres de Manuel Valls de "valser" (jeu de mots *inédit* pour lequel il s’excuse), et de ne jamais travailler, puisqu’ils alterneraient entre l’Assemblée nationale, les interviews télévisées et leur circonscription, quand "le quatrième tiers" [sic] de leur temps serait effectivement consacré au ministère :

 

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On en revient au problème de la gouvernance. Il faut des ministres qui s'imposent comme les patrons de leur administration. Cela suppose de la stabilité. Pardonnez-moi ce mauvais jeu de mots, mais, aujourd'hui, les ministres valsent. Il y a eu trois ministres de l'Éducation nationale en quatre ans, de même à la Culture. Aujourd'hui, un ministre passe un tiers de son temps à l'Assemblée pour les questions au gouvernement, un autre tiers sur les chaînes d'info, un troisième tiers dans sa circonscription, et le quatrième tiers [sic], il le consacre à son ministère [rires].

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Lolilol.

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