Après "Assassin's Creed", Alexis Corbière critique "Les Visiteurs 3" parce que Christian Clavier "déteste" Robespierre

Publié à 15h09, le 04 avril 2016 , Modifié à 15h17, le 04 avril 2016

Après "Assassin's Creed", Alexis Corbière critique "Les Visiteurs 3" parce que Christian Clavier "déteste" Robespierre
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MAD MAX – S'il est bien une personne à laquelle on ne touche pas impunément au Parti de gauche, c'est bien Maximilien de Robespierre. "L'Incorruptible", comme il était surnommé, est plutôt apprécié de ce côté-ci du champ politique. Et si on ose critiquer l'action du révolutionnaire, il faut s'attendre à se faire rabrouer.

Nouvel exemple ce lundi 4 avril, deux jours avant la sortie de Les Visiteurs 3. La suite de la suite, qui sort ce mercredi 6 avril sur les écrans, se déroule durant la Révolution française. Certains, comme le porte-parole d'EELV Julien Bayou, s'étonnent de l'absence du nom de l'acteur noir Pascal Nzonzi sur l'affiche du film. Alexis Corbière, lui, dénonce ce lundi une "vision réac de la Révolution".

Sur son blog, l'ancien secrétaire national du Parti de gauche se fait plus explicite. Il fustige notamment les propos de Christian Clavier durant la promo du film, rappelant au passage que l'acteur est un "ami notoire" de Nicolas Sarkozy – ce qui doit avec un rapport avec l'objet du blog, mais lequel ?

Interrogé par Paris-Match, Christian Clavier, qui a co-écrit Les Visiteurs 3, ose critiquer Robespierre. "Je le déteste. Il a dévoyé les idées de la Révolution, ce moment de liberté, de mutations. Les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les femmes et les hommes, les blancs et les noirs, l’ordre était bouleversé. Mais il a conceptualisé le terme de Terreur sur ce terreau de libertés nouvelles. Un véritable ayatollah !", lance-t-il.

Cela ne plaît pas du tout à Alexis Corbière. "Je ne répondrai pas sur ce blog longuement à cette succession de grossiers clichés anti-robespierristes absurdes. C’est d’autant plus cocasse de la part  d’un homme qui, dans d'autres interviews, trouve Napoléon 1er fascinant !", commence-t-il avant de défendre Robespierre dans un discours parfaitement rôdé :

"

C’est Robespierre qui s’est battu pour des libertés nouvelles, dont le suffrage universel, abrogé ensuite sous l’Empire. Il s’est aussi battu pour le partage, une loi égale pour tous, la promotion au mérite, etc. […] Enfin, traiter Robespierre 'd’ayatollah' ne manque pas de sel, alors qu’il fut, avec d’autres, celui qui permit enfin que notre pays garantisse la liberté de culte et que cesse toute répression pour des raisons religieuses. Il accorda enfin la pleine citoyenneté aux juifs longtemps persécutés et humiliés, ainsi qu’aux comédiens (et oui, M. Clavier ! Vous pourriez au moins être plus reconnaissant pour le bien qu’il fit à votre propre profession). Il brisa de ce fait le puissant lien entre le pouvoir politique (une monarchie réactionnaire de plusieurs siècles) et la religion catholique. Les calomnies pseudo-historiques de M. Clavier sont donc dénuées de tout fondement.

 

"

Mais au-delà des mots à l'adresse de Christian Clavier, Alexis Corbière s'inquiète de l'influence du film sur les esprits qui, à l'inverse de lui, ne connaissent ni n'admirent le révolutionnaire. "Derrière la farce qui se voudrait légère, innocente et bon enfant, il y a un discours idéologique assumé de l’auteur, et un regard bien particulier sur la Révolution Française et Maximilien Robespierre", écrit-il avant d'ajouter :

 

"

S’appuyant sur un des plus gros budgets du cinéma français avec 24 millions d’euros et ambitionnant les 15 millions d’entrées, ce film mérite donc qu’on en débatte puisqu’il est, de fait, un puissant objet culturel de masse qui façonnera les consciences et les mémoires de beaucoup de nos compatriotes.

"

Ce n'est pas la première fois qu'Alexis Corbière s'en prend ainsi, à une œuvre artistique suspectée d'être anti-Robespierre. En novembre 2014, l'élu parisien avait ainsi critiqué le jeu vidéo Assassin's Creed Unity au motif qu'il faisait une caricature "bestiale" de "l'Incorruptible".

Jean-Luc Mélenchon avait lui-aussi dénoncé le jeu, parlant d'une "propagande contre le peuple".

La défense de Robespierre est une constante du Front de gauche. En décembre 2013 par exemple, Jean-Luc Mélenchon avait ainsi fustigé la reconstitution du visage du célèbre révolutionnaire. "En voyant le prétendu masque de Robespierre, comme beaucoup, j’ai vite compris que c’était un épisode de plus de la lutte idéologique sur le sens du contenu de la grande révolution. Les auteurs de cette farce n’ont pas lésiné sur les moyens de gruger le tout-venant", avait écrit l'eurodéputé sur son blog.

Il ajoutait :

"

Disqualifier Robespierre, c’est depuis toujours disqualifier la Révolution

 

"

 

 

 

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