Bernard Accoyer justifie (mollement) le délai supplémentaire accordé aux LR Macron-compatibles avant exclusion

Publié à 09h44, le 04 octobre 2017 , Modifié à 09h47, le 04 octobre 2017

Bernard Accoyer justifie (mollement) le délai supplémentaire accordé aux LR Macron-compatibles avant exclusion
Bernard Accoyer © PIERRE VERDY / AFP
Image Etienne Baldit


Un délai "pour s'expliquer" accordé à Édouard Philippe, Sébastien Lecornu, Thierry Solère et Franck Riester. L'exclusion pour Gérald Darmanin, annulée une heure plus tard pour lui donner aussi huit jours de répit. Le manque d'autorité de LR vis-à-vis de ses membres ayant rejoint la macronie est total. Une non-décision du bureau politique de LR, mardi 3 octobre, défendue avec conviction par le secrétaire général de Les Républicains, Bernard Accoyer.

"Nous acterons probablement dans huit jours leur départ", avance le patron du parti (en attendant la probable élection de Laurent Wauquiez) sur RMC mercredi 4 octobre. Le doute est donc encore permis. Et Bernard Accoyer de justifier ce délai de huit jours supplémentaires, alors que la situation actuelle dure depuis déjà cinq mois :

- Bernard Accoyer : C'est un travail de clarification sur ceux que vous venez d'énumérer, qui se sont reclassés et qui ont rejoint La République en marche. Cette période est une période transitoire, nous avons voulu que cette clarification s'opère après la sénatoriale [sic] ; nous sommes dans cette période, dans huit jours...

- Jean-Jacques Bourdin : Mais pourquoi avoir accordé huit jours encore ?

- Bernard Accoyer : Parce que je viens de vous dire...

- Jean-Jacques Bourdin : Pour qu'ils puissent s'expliquer ?

- Bernard Accoyer : Nous avons engagé cette démarche active ou activement après les élections sénatoriales et donc dans huit jours, nous arriverons au bout de ce délai qui est la moindre des choses pour que nous puissions nous parler. Y'a pas de drame là-dedans, il s'agit pas de couper des têtes, il s'agit simplement de clarifier. Il y a une clarification politique, une recomposition politique. Macron a modernisé la gauche, c'est la social-démocratie française, qui a été rejointe par un certain nombre de nos amis, nous en prenons acte, il n'y a pas de drame là-dedans mais la clarté est indispensable.

Une clarté qui reste donc tout de même assez floue dans cette "période transitoire" d'un petit semestre.

On ne peut, en outre, s'empêcher d'anticiper la déception de l'ancien député de Haute-Savoie, lui qui veut encore que tout ce petit monde puisse se "parler". Car les mots des ministres Bruno Le Maire (d'ores et déjà adhérent de LREM) et Gérald Darmanin depuis des mois sont assez clairs quant à leur rupture avec la ligne qui se dessine à droite.

Et dans Le Figaro ce mercredi, c'est le secrétaire d'État Sébastien Lecornu qui en rajoute une couche. Lui aussi sous le coup d'une exclusion, il "assume de faire confiance au chef de l'État et au Premier ministre pour transformer notre pays et améliorer la vie des Français" et déplore la position de la direction de Les Républicains, "une position stérile et politicienne". Il se dit encore "triste de voir que certains dirigeants des Républicains préfèrent penser à leur positionnement politique partisan plutôt qu'à la France".

Difficile de penser que les morceaux puissent encore être recollés.





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