Christian Estrosi demande l'exclusion de Sens commun, qui refuse de choisir entre Macron et Le Pen

Publié à 20h39, le 25 avril 2017 , Modifié à 20h41, le 25 avril 2017

Christian Estrosi demande l'exclusion de Sens commun, qui refuse de choisir entre Macron et Le Pen
© VALERY HACHE / AFP
Image Etienne Baldit


La scission définitive est de plus en plus proche du côté de Les Républicains. La position adoptée par le parti en vue du second tour de la présidentielle ("voter contre Marine Le Pen" et ne pas s'abstenir, mais pas "voter pour Emmanuel Macron") fracture encore plus une famille déjà marquée par les divisions et désormais orpheline d'un chef après l'élimination de François Fillon. Et Christian Estrosi, qui a dès dimanche soir appelé à voter pour le leader d'En Marche ! et le répète depuis autant qu'il peut, demande désormais l'exclusion de LR de ses membres qui ne feraient pas barrage à l'extrême droite. 

"Tous ceux qui ne feront pas le choix très clair de faire voter pour ne pas faire barrage à Marine Le Pen doivent être exclus", explique le président LR de la région PACA au Monde mardi 25 avril, avant de préciser sa pensée dans une "lettre ouverte à Laurent Wauquiez, François Baroin et Christian Jacob". Il demande à ces éminents sarkozystes (comme lui), qui aspirent désormais à reprendre le parti en main, d'exclure les élus ou membres de LR qui appellent à voter Le Pen (c'est le cas de Françoise Hostalier, ancienne secrétaire d'État sous Alain Juppé), mais aussi de ceux qui plaident pour l'abstention ou le vote blanc. Et cela vise très spécifiquement Sens commun, mouvement issu de La Manif Pour Tous, rattaché à LR et dont le soutien à François Fillon a souvent fait polémique, qui refuse de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Christian Estrosi écrit :



En contradiction flagrante avec la règle que vous venez d'édicter, l'organisation 'Sens commun' a indiqué qu'elle invitait ses membres à s'abstenir ou à voter blanc. Je vous demande donc d'engager une procédure d'exclusion de ses membres.








Mais ce n'est pas tout. L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy s'en prend également à Christine Boutin. La présidente d'honneur du Parti chrétien démocrate (PCD), formation alliée de LR, a elle aussi indiqué qu'elle voterait pour Marine Le Pen contre Emmanuel Macron. Christian Estrosi voit donc deux solutions : soit Jean-Frédéric Poisson, actuel président du PCD et ex-candidat à la primaire de la droite, rompt les liens avec Christine Boutin, soit LR devra rompre ses accords électoraux avec ce parti. Il écrit à Laurent Wauquiez, François Baroin et Christian Jacob :



Je vous demande de bien vouloir [...] indiquer à Jean-Frédéric Poisson que le PCD ne pourra rester parti associé des Républicains si madame Boutin demeure sa présidente d'honneur.

Dans ce texte, Christian Estrosi accuse également les trois destinataires de sa missive de vouloir "exclure" les élus LR "qui engageraient des discussions avec Emmanuel Macron ou même qui feraient publiquement campagne en sa faveur". Selon lui, cette intention aurait été affichée le matin-même lors d'une réunion de proches de Nicolas Sarkozy, à laquelle il participait également.





À LIRE SUR LE LAB :

Sitôt adoptée (sans vote), la position de LR pour le 2nd tour fracture le parti

Du rab sur le Lab

PlusPlus