Comment Fillon a enfumé Juppé avec de faux propos de Sarkozy pour maintenir sa candidature (selon Fenech)

Publié à 16h50, le 01 juillet 2017 , Modifié à 16h50, le 01 juillet 2017

Comment Fillon a enfumé Juppé avec de faux propos de Sarkozy pour maintenir sa candidature (selon Fenech)
Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon. © AFP
Image Sébastien Tronche


"Penelope m’a tuer." Député LR sortant, Georges Fenech a été défait aux législatives par un candidat LREM d’Emmanuel Macron. Et il a un coupable tout trouvé : François Fillon, responsable d’avoir maintenu sa candidature présidentielle coûte que coûte malgré le "PenelopeGate".

Sarkozyste, Georges Fenech, député sortant et désormais sorti qui a fortement plaidé pour un retrait de François Fillon en faveur d’Alain Juppé, règle ses comptes avec les dirigeants de la droite dans un livre, Qui imagine le Général De Gaulle mis en examen ? (éditions First), à paraître le 6 juillet.

Dans ce livre "en forme de journal intime écrit au fil des jours" pendant la campagne présidentielle, selon les mots de l’éditeur, l’ancien magistrat raconte comment l’ancien Premier ministre aurait enfumé Alain Juppé avec de faux propos de Nicolas Sarkozy pour se maintenir, selon les bonnes feuilles publiées ce samedi 1er juillet par Atlantico. Il écrit ainsi que François Fillon aurait bluffé auprès d’Alain Juppé, lui affirmant que l’ancien chef de l’Etat s’opposait à sa candidature et l’obligeant de facto, lui le vainqueur de la primaire, à tenir bon :

Entre-temps, il (François Fillon, ndlr) appelle Nicolas Sarkozy pour lui dire aussi qu’il se maintiendra malgré sa mise en examen. Ce dernier le conforte du bout des lèvres : 'Cette décision t’appartient en ton âme et conscience, je ne serai pas déloyal vis-à-vis de ta décision.' Puis il teste Alain Juppé : 'Qu’est-ce que tu fais si je me maintiens ? Et si je pars ?'

Réponse gênée d’Alain Juppé : 'Dans le premier cas, ça devient compliqué…', répond-il tout en se gardant bien, par pudeur, de montrer qu’il se tenait prêt, en cas de retrait. Puis, sans aucun scrupule, Fillon n’hésite pas à déformer son précédent entretien téléphonique avec Sarkozy : 'Je serais prêt à me retirer, mais Sarko s’oppose à ta candidature. Je suis le seul à pouvoir empêcher l’explosion du parti', prétend-il. Silence gêné de Juppé. Apprenant cette manœuvre déloyale, Nicolas Sarkozy laisse éclater sa colère devant ses proches.

Une version de l’histoire "confirmée" sur Twitter par la conseillère com’ de Nicolas Sarkozy, Véronique Waché :



Il s'agit donc de la version sarkozyste de l'histoire.

Au plus fort de la crise du "Penelope Gate", quand une partie des barons de la droite poussait François Fillon à retirer sa candidature au profit de celle d’Alain Juppé, avait circulé l’idée que le candidat LR s’était maintenu car Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas voir le maire de Bordeaux reprendre le flambeau. Une version donc démentie par ces écrits de Georges Fenech et qui permet aujourd’hui aux sarkozystes de redorer leur blason.

Parmi les détracteurs de François Fillon, Georges Fenech avait été l’un des élus les plus virulents. Après avoir appelé les maires LR à parrainer Alain Juppé, il avait ensuite appelé François Baroin à se présenter malgré le maintien de la candidature de François Fillon. En vain. François Fillon a finalement été éliminé au premier tour de la présidentielle. Et Georges Fenech a perdu son siège de député.

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