VIDÉO - Ségolène Royal explique que Cuba n'est pas une dictature car c'est un pays très touristique

Publié à 15h55, le 07 décembre 2016 , Modifié à 17h34, le 07 décembre 2016

VIDÉO - Ségolène Royal explique que Cuba n'est pas une dictature car c'est un pays très touristique
L'agent secret 0SS 117... euh pardon, Ségolène Royal dissertant de la démocratie dans les Caraïbes © Gif Le Lab via Giphy

SAVEZ-VOUS SEULEMENT CE QUE C'EST QU'UNE DICTATURE ? - Polémique sur Ségolène Royal à Cuba, suite. Présente pour les funérailles de Fidel Castro samedi 3 décembre, la numéro 3 du gouvernement y avait contesté les accusations de violations des droits de l'homme à l'encontre du "Lider Maximo" et de son régime. Des propos qui ont suscité une intense contestation dans la classe politique française, jusqu'au sein du gouvernement où le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a lui-même recadré sa collègue.

Interrogée à ce sujet par le député LR Damien Abad mercredi 7 décembre, Ségolène Royal a d'abord expliqué : "La violence de ces polémiques m'a surprise et a blessé les Cubains." "C'est aux historiens de faire le bilan de cette histoire, avec les ombres et les lumières", a-t-elle ensuite dit comme elle l'avait fait ce week-end. Et de faire valoir, sous la bronca venue des bancs de droite, qu'il y a quand même beaucoup de touristes qui se rendent sur l'île pour que ce soit une dictature :

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Je me suis exprimée sur la situation actuelle d'un pays magnifique et courageux, qui est en train de s'ouvrir et qui reçoit 4 millions de visiteurs, de touristes, par an. Vous n'allez pas dire que 4 millions de personnes se rendent dans une dictature, ce n'est pas vrai, monsieur le député.

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Original... On peut même appliquer ce raisonnement à d'autres pays pas franchement réputés pour être démocratiques, comme la Thaïlande (29,6 millions de visiteurs étrangers en 2015) ou la Chine (plus de 55 millions), pour ne citer qu'eux. Cette justification de Ségolène Royal nous fait donc assez logiquement penser à ceci :



Mais ce n'est pas tout. Car la ministre de l'Environnement a ensuite convoqué... le pape François pour les besoins de sa défense :

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Il faudra aussi m'expliquer, monsieur le député, pourquoi vous n'agressez pas de la même façon le pape qui s'est rendu deux fois à Cuba et qui a rencontré personnellement Fidel Castro. Ses deux prédécesseurs également se sont rendus à Cuba. [Notons que François Hollande aussi, ndlr]

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Dans son discours officiel devant notamment le président Raul Castro à Cuba en septembre 2015, le pape François avait cependant glissé cette phrase, qui avait sonné comme une évocation de la répression du régime castriste et de l'exil d'un grand nombre de Cubains : "Je voudrais aussi que mes salutations arrivent, en particulier, à toutes ces personnes que, pour divers motifs, je ne pourrai pas rencontrer et à tous les Cubains dispersés à travers le monde." Le souverain pontife avait largement pris part au processus de rapprochement entre Cuba et les États-Unis, se plaçant effectivement dans le sillon de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Ségolène Royal a terminé sa démonstration avec un nouvel argument à l'intention de l'opposition : "Je remarque également que l'ambassadeur de France à Cuba, nommé par Nicolas Sarkozy en 2010, a déclaré ceci : 'Il n'y a plus de condamnés détenus pour motifs politiques' et qu'il fallait cesser de caricaturer Cuba actuellement." Une sortie à revoir dans cette vidéo isolée par LCP :

Et la ministre n'était visiblement pas peu fière de son effet :

L'avis de Ségolène Royal ne sera certainement pas partagé par tout le monde, et en particulier Jean-Marc Ayrault qui avait affirmé sans détour : "Fidel Catsro a porté atteinte aux droits de l'Homme et jamais la France n'a fait preuve de complaisance à l'égard des atteintes aux libertés, des atteintes à la démocratie. Si vous me demandez si Fidel Castro était un démocrate, à l'évidence ce n'était pas le cas. C'était un dictateur (...), ça c'est très clair." L'ex-ministre socialiste Jack Lang s'était pour sa part demandé si Ségolène Royal n'avait pas "bu un peu trop de rhum en arrivant à La Havane".

Pour mémoire, la numéro 3 du gouvernement avait déclaré :

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Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu'il y a eue pendant la Révolution française. [...]



Ecoutez, il y a beaucoup de désinformation, ce que j'observe c'est que jamais les relations diplomatiques n'ont été coupées avec Cuba, y compris de la part de certains responsables politiques qui me critiquent, qui critiquent la France, jamais.



Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l'homme alors qu'on sait qu'ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n'en a pas. Eh bien fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose.



Donc il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange. La France n'a pas à donner de leçon [à Cuba]. Je sais que ça dérange parce que justement voilà un pays insulaire qui protège son patrimoine, qui interdit les prédateurs, qui a réussi aussi à faire en sorte qu'il y ait une propreté, une sécurité vraiment remarquables, que l'on n'atteint pas dans beaucoup de pays qui donnent aujourd'hui des leçons de droits de l'Homme.

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