Dépénalisation du cannabis : Hollande et Ayrault recadrent Peillon

Publié à 11h17, le 15 octobre 2012 , Modifié à 17h08, le 15 octobre 2012

Dépénalisation du cannabis : Hollande et Ayrault recadrent Peillon
Jean-Marc Ayrault et Vincent Peillon, le 9 octobre 2012.
Image Paul Larrouturou

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RÉTROPEDALAGE ET RECADRAGE EXPRESS - C'était juste "une réflexion personnelle" affirme ce lundi 15 octobre le ministre de l'Éducation nationale après avoir estimé dimanche soir que la question de la dépénalisation du cannabis "se posait sérieusement". "Il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis" fait savoir Matignon, quelques minutes plus tard...puis l'Elysée en fin d'après-midi.

Un rétropédalage-recadrage en quatre temps.

> D'abord un communiqué transmis à l'Agence France Presse

Le ministre écrit dans un court communiqué, consultable sur le site du ministère :  

Vincent Peillon a rappelé une réflexion personnelle hier en réponse à une interpellation dans l’émission Tous Politique au sujet de la politique à mener en matière de lutte contre le trafic du cannabis.Ce rappel ne contrevient pas à sa solidarité totale et entière avec la position du Président de la République et du Gouvernement sur le sujet.Il n’y a donc pas lieu à polémique.


> Ensuite, Matignon évoque un coup de fil...

Le Premier ministre et M. Peillon se sont parlé au téléphone ce matin (lundi), il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis

a assuré Matignon à la presse lundi matin.

Le président François Hollande et Jean-Marc Ayrault s'étaient déjà déclarés opposés en juin à toute dépénalisation du cannabis.

[Mise à jour 13H] > Le scud du premier ministre

Lundi matin, Jean-Marc Ayrault a lui-même rappelé à l'ordre son ministre, en marge d'un déplacement en Loire-Atlantique :

Les ministres ont à se concentrer sur la mission qui est la leur. 
Lorsqu'ils sont à la radio et la télévision, ils doivent défendre à la fois la politique de leur ministère et la politique du gouvernement, et rien d'autre.
Nous ne sommes pas des commentateurs.

Le premier ministre a précisé que c'était Vincent Peillon qui l'avait appelé, et non l'inverse, pour "regrette[r] tout à fait d'avoir évoqué ce sujet".

[Mise à jour 17 heures] > "L'engueulade maîtrisée" de Hollande

Enfin, le président de la République fait savoir, via un conseiller, qu'il a lui même décroché son téléphone lundi matin pour réprimander le ministre, selon les informations d'Europe 1.

François Hollande s’est livré à un recadrage explicite et le ministre de l’Education a eu droit à une engueulade maîtrisée.

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