Emmanuel Macron accuse les députés LFI et PCF de "désertion" en boycottant le Congrès

Publié à 15h58, le 03 juillet 2017 , Modifié à 20h18, le 03 juillet 2017

Emmanuel Macron accuse les députés LFI et PCF de "désertion" en boycottant le Congrès
Emmanuel Macron.
Image Sébastien Tronche


C’est devant tout le Parlement réuni en Congrès qu’Emmanuel Macron s’est exprimé ce lundi 3 juillet. Tout le Parlement ? Non, les députés communistes, à Versailles, et les députés de la France insoumise, à la place de la République à Paris - ainsi que quelques élus UDI, PS ou LR, ont décidé de boycotter le discours de celui qu’ils critiquent pour son côté "monarchique".

Et Emmanuel Macron leur a répondu dans son discours. Sévèrement. Le chef de l’Etat a ainsi dénoncé "la désertion" de ces députés qui ont préféré boycotter le Congrès. Avant de les accuser ainsi, Emmanuel Macron avait moqué leur "conception vague" de leur rôle de député et dénoncé leur "arrogance doctrinaire" ou leur "sectarisme" :

Si la considération et la bienveillance que cela traduit à l’égard du Parlement apparaissent pour certains comme une dérive condamnable, c’est sans doute qu’ils ont de leur rôle de parlementaire et du rôle du président de la République une conception vague que masque mal l’arrogance doctrinaire ou le sectarisme.

Puis, s’appuyant sur l’Abbé Sieyes, l’inspirateur de la Révolution française, et Mirabeau, une figure de la Révolution de 1789, Emmanuel Macron a renchéri :

Il est toujours préoccupant que des représentants du peuple se soustraient aux règles de la Constitution qui les a fait élire. Sieyes et Mirabeau ne désertèrent pas je crois si promptement le mandat que leur avait confié le peuple. Le président de la République doit fixer le sens du quinquennat et c’est ce que je suis venu faire devant vous.

Visiblement, le député LFI, bras droit de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, ne manifestait pas pendant le discours et écoutait attentivement les paroles présidentielles. Ainsi a-t-il tweeté en réplique instantanée au chef de l’Etat :

Maladroite référence historique qui trahit l’inconscient du Président… Sieyes et Mirabeau siégeaient devant le Roi ! 

Et c’est un prof d’histoire qui le dit.

Bonne ambi.

[EDIT 18h55]

Depuis le rassemblement qui avait lieu place de la République à Paris, pour protester contre la "dérive monarchique" du pouvoir, Jean-Luc Mélenchon a fustigé le "mauvais goût" d'Emmanuel Macron de faire cette référence historique à ceux qui seraient ses "maîtres en ce qui concerne la grande Révolution" et les "leçons d'histoire". "Nous, nous sommes le Tiers-État et nous sommes à l'Assemblée nationale", a-t-il répondu en ajoutant :

Nous, nous faisions notre travail cet après-midi en n'étant pas à Versailles et en écrivant nos amendements [au projet de loi d'habilitation devant fixer le contour des ordonnances en vue de la réforme du code du Travail, ndlr].

Et "JLM" de glisser cette autre petite phrase à destination de Emmanuel Macron : "Si c'est à Louis XVI qu'il veut s'identifier, nous lui souhaitons une meilleure fin."







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