Macron au Congrès : le patron des sénateurs PS propose qu'à l'avenir, le Président réponde aux parlementaires

Publié à 17h36, le 03 juillet 2017 , Modifié à 17h45, le 03 juillet 2017

Macron au Congrès : le patron des sénateurs PS propose qu'à l'avenir, le Président réponde aux parlementaires
Didier Guillaume à la tribune du Congrès, à Versailles lundi 3 juillet 2017 © Montage le Lab via LCP
Image Etienne Baldit


Un Congrès, c'est long. Très long. Entre le discours d'Emmanuel Macron (qui a dépassé l'heure et demi) et les prises de parole de tous les présidents de groupes parlementaires (et encore, il en manquait), la réunion du Parlement à Versailles aura duré plus de trois heures, ce lundi 3 juillet. Et on ne sait pas si c'est "le cynique qui sommeille en nous" qui s'exprime ici, mais cela peut paraître suffisant, d'autant que conformément à la volonté présidentielle, l'exercice est appelé à se répéter tous les ans. Eh bien, pas pour Didier Guillaume.

S'exprimant après le chef de l'État, le patron des sénateurs socialistes (historiquement hollandais et plutôt "constructif" ces temps-ci, après avoir été directeur de campagne de Manuel Valls pour la primaire) s'est d'abord réjoui de la tenue de ce Congrès, qu'il veut voir comme une "opportunité" de "travailler" ensemble, entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Mais il a pointé du doigt et regretté une bizarrerie de cet événement : tandis que les parlementaires se succèdent à la tribune, le Président, lui, est déjà ailleurs. Car si la Constitution lui permet (depuis 2008) de prendre la parole devant le Congrès, il a l'obligation de quitter les lieux immédiatement après.

Didier Guillaume annonce donc que les socialistes vont déposer "une proposition de loi constitutionnelle" afin de permettre au chef de l'État de reprendre la parole après les interventions des chefs de file parlementaires :

Monsieur le Premier ministre, pendant que nous parlons ici à la tribune, le président de la République est parti, nous nous adressons à vous et il ne peut pas entendre ce que nous avons à nous dire. Aussi, nous allons présenter une proposition de loi constitutionnelle, afin, dans un changement de Constitution dont je suis sûr que le gouvernement et la majorité y seront favorables, que l'année prochaine le président de la République puisse écouter ce qu'auront à dire les présidents de groupe, qui pourront débattre avec lui.

Reste à savoir si l'idée sera retenue par l'exécutif (on a pu voir le Premier ministre Édouard Philippe en prendre soigneusement note durant sa formulation par Didier Guillaume) et incluse dans une réforme constitutionnelle à l'avenir.

Du rab sur le Lab

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