Gérald Darmanin se paye Laurent Wauquiez le "clanique", qui "va finir par s’exclure lui-même" de LR

Publié à 14h45, le 03 juin 2017 , Modifié à 14h50, le 03 juin 2017

Gérald Darmanin se paye Laurent Wauquiez le "clanique", qui "va finir par s’exclure lui-même" de LR
Gérald Darmanin et Laurent Wauquiez © Montage Le Lab via AFP
Image Etienne Baldit


Il semblerait que Laurent Wauquiez soit le nouvel ennemi juré de Gérald Darmanin. Cela avait commencé avant même que le maire LR de Tourcoing n'"accepte la main tendue" d'Emmanuel Macron en entrant au gouvernement d'Ɂdouard Philippe. Cela continue d'autant plus maintenant, dans une opposition symbolique de la profonde crise que traverse la droite.

Le numéro 2 du parti de la rue de Vaugirard (et candidat au poste de numéro 1 dès que l'occasion se présentera) est de plus en plus ouvertement dans le viseur du nouveau ministre de l'Action et des Comptes publics. Car il est selon lui le représentant parfait de "l'ancien monde" qui "n'arrive pas à concevoir" la "révolution" opérée avec la recomposition du paysage politique en cours, provoquée par l'élection d'Emmanuel Macron. Ce qui n'est déjà pas très sympa. Mais dans une interview au Point jeudi 1er juin, Gérald Darmanin y va encore un poil plus fort.

Il défouraille :

Il semble que mon parti oublie ses fondamentaux. Les Républicains, c'est le mariage entre la démocratie chrétienne et le gaullisme. En aucun cas une philosophie identitaire ou le fait d'être une droite dure avec les faibles. À force d’exclure tout le monde, d’être clanique, d’avoir une position contraire à l’intérêt général, Laurent Wauquiez, qui pourtant a du talent, risque de se retrouver tout seul et de finir par s’exclure lui-même...

Une dernière punchline moqueuse à souhait qui fait référence à la volonté de certains cadres de LR d'exclure 1) leurs *camarades* qui ont appelé à voter Macron au second tour de la présidentielle, quand la consigne officielle du parti se bornait à appeler à "faire barrage" à Marine Le Pen et 2) ceux qui ont accepté d'entrer au gouvernement, à savoir Édouard Philippe, Bruno Le Maire et, donc, Gérald Darmanin.

Dans Le Figaro le 30 mai, ce dernier dressait déjà le même réquisitoire contre Laurent Wauquiez, dans un registre tout aussi saignant :

C'est quand même fou, le président [de la République] ne me demande pas de quitter ma famille politique quand mon parti me demande de partir ! [...] Mais [Wauquiez] va être président de cimetière ! Au lieu de participer à la reconstruction de la vie politique, des Républicains s'excluent !

Mais cette inimitié entre ces deux ex-fidèles lieutenants sarkozystes remonte à encore plus loin. Au mois de décembre dernier, alors que Laurent Wauquiez s'auto-proclamait "premier héritier" de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin lui déniait ce titre. "Non, je pense pas qu'il y ait d'héritier. On l'aurait su, me semble-t-il", avait en effet rétorqué celui qui avait été directeur de campagne de l'ancien chef de l'État, pour la présidence de l'UMP puis la primaire de la droite.

Le conflit est aujourd'hui plus ouvert que jamais entre les deux hommes, même si l'un s'est quelque peu écarté du parti que convoite l'autre. Il y a tout juste un an, Bernard Accoyer (devenu depuis secrétaire général adjoint de LR) prophétisait la "prochaine guerre" à droite, entre Laurent Wauquiez et Bruno Le Maire. Il n'avait manifestement pas vu Gérald Darmanin s'inviter à la table.





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