IVG de confort, cachet d'aspirine, eugénisme ... ces arguments entendus lors du débat parlementaire sur l'avortement

Publié à 11h35, le 22 janvier 2014 , Modifié à 11h45, le 22 janvier 2014

IVG de confort, cachet d'aspirine, eugénisme ... ces arguments entendus lors du débat parlementaire sur l'avortement
Nicolas Dhuicq, Marion Maréchal-Le Pen, Jean-Christophe Fromantin et Jacques Bompard le 21 janvier à l'Assemblée nationale (captures d'éran Assemblée nationale).

Dans la nuit du 21 janvier, l'Assemblée nationale a supprimé la notion de "détresse" dans la loi Veil autorisant le recours à une interruption volontaire de grossesse. Désormais, une femme pourra se faire avorter car "elle ne veut pas poursuivre une grossesse". L'article est passé mais cette évolution est encore catégoriquement refusée par certains députés de droite, déjà remarqués lors de leur opposition au mariage gay.

Le Lab revient sur les interventions perçues comme les plus "rétrogrades" sur les bancs de la gauche, dans un débat qui a démontré un refus profond de certains députés de faire de l'avortement un droit à part entière.

>> Marion Maréchal-Le Pen (FN) et les IVG "de confort"

Elle estimait déjà en octobre 2012 que "ce n'est pas à l'Etat de réparer les inattentions des femmes". Depuis, le discours s'est lissé mais la jeune députée frontiste a voulu démontrer qu'il existait bel et bien "des IVG de confort".

(La vidéo se lance automatiquement sur la prise de parole de Marion Maréchal-Le Pen)

Marion Maréchal-Le Pen lance ainsi :

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Vous niez l’existence dans le débat public de certaines formes d’IVG que l’on appelle "de confort" et je trouve que cet article prouve absolument l’inverse puisque vous mettez en exergue des situations où les femmes recourent à l’IVG en l’absence totale de détresse psychologique et matérielle, ça relève donc d’un choix de vie que l’on peut donc qualifier de fait de confort.

J’estime que l’accès illimité à un acte intégralement pris en charge par la communauté nationale doit amener un certain nombre de gardes-fou, de responsabilité. (...) Il faut garder ces garde-fous qui sont aussi moraux.

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>> Jean-Christophe Fromantin (UDI) et la menace de l'eugénisme

Retirer la notion de détresse, c'est aller vers une sélection des embryons. C'est l'argument développé par le député UDI Jean-Christophe Fromantin, que l'on peut retrouver dans le compte-rendu des débats :

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l faut également considérer un autre élément puisque l’on parle ce soir d’actualisation : celle-ci doit aussi se faire à l’aune des progrès scientifiques, notamment du diagnostic prénatal.

En effet, la tentation sera grande demain de recourir à un IVG très en amont, très facilement et très librement, afin de procéder à un acte d’eugénisme qui permettra, après avoir pris connaissance des caractéristiques de l’embryon, de sélectionner par l’IVG un être humain et l’enfant que le couple voudra.

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>> Nicolas Dhuicq (UMP) et les adolescentes multi-avortées

Il fait partie des seize députés UMP qui ont tenté (en vain) de dérembourser l'IVG. Nicolas Dhuicq s'est élevé contre une "banalisation" de l'avortement en évoquant des jeunes filles qui subiraient "4 à 5 IVG". La vidéo a été isolée par le blog de L'Express, Les cuisines de l'Assemblée :

On entend Nicolas Dhuicq raconter :

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Je pense à l’ensemble de ces adolescentes qui ont déjà subi 4 ou 5 interruptions volontaires de grossesse, qui n’ont pas de cadre parental, qui n’ont pas la chance qu’ont vos enfants.

Et je pense à cette dérive terrible qui fait que vous allez banaliser un geste médical alors que la loi de 1975 est une loi profondément équilibrée. (...) Une loi qui respecte la liberté de conscience des médecins.

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>> Jacques Bompard (Ligue du Sud) et l'avortement "comme un cachet d'aspirine"

Le député ex-Front national avait déjà estimé  

">sur le Labà quel point "les lois naturelles" sont, à ses yeux, supérieures. Il est allé encore plus loin dans l'hémicycle le 21 janvier au soir, s'esclamant notamment que l'avortement est "la liberté pour la mère de tuer son enfant" et comparant l'IVG à la prise "d'un cachet d'aspirine".

(La vidéo se lance automatiquement sur la prise de parole de Jacques Bompard)

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La liberté que vous évoquez, c’est la liberté pour la mère de tuer son enfant !(...)

Faciliter encore l’accès à cet acte mortifère revient à le banaliser encore plus. (...)

Ce que vous voulez, c’est mettre en place l’irresponsabilité généralisée. C’est le but de toutes vos lois mortifères qui tendent à détruire la civilisation.

En supprimant cette notion de détresse, vous allez faire sauter la dernière barrière protégeant la vie de cet enfant.

Sur une simple décision – vous le demandez, vous le revendiquez ! –, la femme pourra avorter comme elle prend un cachet d’aspirine ! (Protestations sur les bancs des groupes SRC, GDR et écologiste.) C’est ce que vous voulez ! Je vous ai écoutés ! Je suis terrorisé par vos propos !

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