Les incohérences de Nicolas Dupont-Aignan sur son passé socialiste

Publié à 18h06, le 28 janvier 2016 , Modifié à 18h18, le 28 janvier 2016

Les incohérences de Nicolas Dupont-Aignan sur son passé socialiste
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Victor Dhollande-Monnier

UN PASSÉ PAS TRÈS CLAIR - Il y a ceux qui préfèrent rallier un parti de pouvoir et ceux qui font leur chemin en solo. Nicolas Dupont-Aignan fait définitivement partie du deuxième groupe. Mais depuis combien de temps ? Dans un long portrait brossé par L’Obs du 28 janvier 2015, le président de Debout la France retrace ses débuts en politique. Avec quelques incohérences…

Pour mieux comprendre le parcours de Nicolas Dupont-Aignan, il faut remonter à son passage à l’ENA. Dans la promotion 1987-1989, la promotion Liberté-égalité-fraternité, il fait la connaissance d’Axel Urgin, responsable de la section socialiste à l’ENA. Ce dernier affirme mordicus à L’Obs que l’actuel patron de Debout la France a souhaité rallier les socialistes à l’époque :

Il était venu me voir en disant qu’il voulait adhérer au PS. Il hésitait entre Rocard et Fabius.

NDA opte finalement pour Michel Rocard fraîchement nommé Premier ministre. A sa sortie de l’ENA, Dupont-Aignan travaille en tant que conseiller auprès du socialiste Christian Sautter, nommé à l’époque préfet d’Île-de-France. Nous sommes en 1989. Quatre ans plus tard, en 1993, il devient chef de cabinet de François Bayrou, au ministère de l’Education nationale.

Ce passé de gauche, Nicolas Dupont-Aignan ne l’assume pas. Mais alors pas du tout :

Et Rocard ? J’ai toujours été un gaulliste de gauche. J’aimais bien Rocard car il avait un côté mendésiste et sur les réformes de société, je le trouvais plus crédible que Mitterrand. Mais je ne l’aurais pas rejoint à cause de ses positions sur l’Europe. Les socialistes ont essayé de me débaucher, mais j’ai toujours dit non.

Le journaliste de L’Obs insiste et lui assure qu’une demi-douzaine de témoins affirment que NDA aurait voulu rejoindre le parti de la rose. Nicolas Dupont-Aignan ne démord. Il affirme :

Je vous jure que non !J’ai adhéré à Demain la France, le mouvement de Pasqua et Seguin, en 1989. La journée, j’étais un fonctionnaire loyal, et la nuit, je travaillais avec Seguin. Je lui écrivais des tribunes. Maastricht a été mon premier combat, et je l’ai mené à ses côtés.

Là aussi, l’hebdomadaire relève quelques contradictions. Demain la France ne s’est créé qu’en 1991 alors que NDA affirme y être entré en 1989… Et le magazine n’a surtout trouvé aucune trace de Nicolas Dupont-Aignan avant la fin de 1993. "Je n’ai aucun souvenir de lui à cette époque", affirme même l’ancien président du mouvement, William Abitbol. Même Roger Karoutchi assure n’avoir jamais entendu parler de l’actuel souverainiste avant… 1995.

 

[BONUS]

Nicolas Dupont-Aignan n’a jamais autant apprécié la liberté depuis  le jour où il a claqué la porte de l’UMP, le 13 janvier 2007. "C’était le plus beau jour de ma vie", assure-t-il à L’Obs. Il en profite pour taper sur les dirigeants actuels, de droite comme de gauche. Et il balance :

Je vais faire la pute avec des nuls ou je sauve la France ?

Nicolas Dupont-Aignan commence d’ailleurs à y croire. L’élection présidentielle de 2017, il la sent vraiment bien. Et il le dit haut et fort :

Je n’ai jamais été aussi optimiste. Je le sais, je serai élu président de la République… bon, c’est pas sûr à 100%.

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