Mélenchon annonce que les députés La France insoumise boycotteront le Congrès de Versailles

Publié à 15h36, le 29 juin 2017 , Modifié à 16h49, le 29 juin 2017

Mélenchon annonce que les députés La France insoumise boycotteront le Congrès de Versailles
Jean-Luc Mélenchon © Capture d'écran BFMTV
Image Sylvain Chazot


Jean-Christophe Lagarde a une influence insoupçonnée. Il fut le premier à annoncer qu'il ne se rendrait pas au Congrès de Versailles pour assister au discours d'Emmanuel Macron devant les parlementaires. Philippe Vigier (UDI) et Régis Juanico (PS) ont fait de même.

Mais ils ne seront pas les seuls absents.

Ce jeudi 29 juin, Jean-Luc Mélenchon annonce lors d'une conférence de presse que les députés de La France insoumise n'assisteront pas eux non plus au Congrès de Versailles. Après avoir dénoncé des "franchissements de seuil dans la direction pharaonique de la monarchie présidentielle telle qu'elle avait été mise en scène le soir de la pyramide du Louvre", le député LFI des Bouches-du-Rhône a fustigé les conditions d'analyse par l'Assemblée nationale des ordonnances concernant la réforme du Code du travail. Il a ajouté : 



Puisque nous sommes convoqués pour entendre le monarque présidentiel s'exprimer, puisque nous sommes convoqués sans délai et mis à discrétion de sa bonne volonté à propos du débat parlementaire, eh bien nous nous rebellons et nous ne nous soumettons pas. Nous n'irons pas. Le seul moyen que nous avons pour montrer la gravité, le sérieux que nous attachons à cette question du coup de force qui est en quelque sorte tenté, un coup de force qui précède un coup d'État social avec le renversement de l'ordre public social. […] Nous n'irons pas à Versailles, à Versailles où, au demeurant, nous ne sommes rien. Versailles, le lieu de la capitulation, le lieu de la monarchie, le lieu des Versaillais

Et Jean-Luc Mélenchon de demander solennellement et "sérieusement" à Emmanuel Macron de "réfléchir à ce qu'il est en train de faire". "Qu'il ne croit pas que nous n'avons pas compris. Et nous alertons les Français : est-ce pour ça que vous avez voté ? Est-ce que c'est ça que vous vouliez comme renouveau de la politique ? De voir quelqu'un qui était déjà un monarque plein de pouvoir se transformer en un pharaon ? non et non", a-t-il poursuivi. 

Une initiative qui déplaît fortement à la porte-parole du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale. Sur Twitter, Aurore Bergé considère que La France insoumise "refuse le droit au Président de s'exprimer devant l'ensemble de la représentation nationale"





De son côté", le Parti communiste annonce l'organisation d'une manifestation, lundi, devant la mairie de Versailles.





[BONUS TRACK] Pensée complexe

Par deux fois, Jean-Luc Mélenchon a moqué la "pensée complexe" d'Emmanuel Macron, cette "pensée complexe" avancée par l'Elysée pour expliquer l'absence d'interview du chef de l'État le 14 juillet. "Il n’y a pas de refus d’obstacle avec la presse, jure-t-on pourtant à l’Elysée, où l’on fait valoir que la 'pensée complexe' du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes", peut-on ainsi lire dans Le Monde ce jeudi.

Heureusement, tout le monde n'a pas une pensée aussi "complexe" qu'Emmanuel Macron. Ainsi, quand Jean-Luc Mélenchon parle, un journaliste peut le comprendre. Lors de sa conférence de presse de jeudi, le leader de la France insoumise a moqué cette excuse élyséenne. Dénonçant l'organisation du Congrès de Versailles, il a lancé :

Monsieur Macron n'est pas un homme qui agit avec désinvolture. Il agit avec calcul, avec méthode et sa pensée, comme vous le savez est complexe au point que vous ne pouvez vous-même être capable de la capter dans une conférence de presse. Donc nous pouvons compter sur un homme qui une pensée assez complexe pour comprendre que s'il intervient juste avant le Premier ministre qui pourtant, aux termes de l'article 20 de la Constitution de la 5e République dirige et conduit la politique de la nation, c'est qu'il entend bien montrer que le seul qui la conduit et la dirige, c'est lui.

En fin de conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon en a remis une couche et a appelé les journalistes à poser leurs questions. "L'ensemble du groupe [La France insoumise] est à la disposition de ceux qui ne craignent pas une pensée moins complexe qui peut s'exprimer dans une interview, dans une rencontre entre gens normaux", a-t-il déclaré, ironique. 



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