La Fédération Française de Judo déplore la tenue du meeting de Benoît Hamon à l’Institut du Judo

Publié à 17h34, le 17 janvier 2017 , Modifié à 17h34, le 17 janvier 2017

La Fédération Française de Judo déplore la tenue du meeting de Benoît Hamon à l’Institut du Judo
© AFP

C’est un meeting calé depuis une quinzaine de jours. Pourtant, à la veille de la tenue d’une réunion publique de Benoît Hamon, mercredi 17 janvier à l’Institut national de Judo dans le XIVe arrondissement Paris, la Fédération Française de Judo (FFJDA) a fait part de ses critiques sur l’organisation de ce meeting dans ce lieu.

Dans un communiqué envoyé ce mardi 16 janvier, la FFJDA évoque "de nombreux appels de judoka ou d’autres sportifs étonnés de la tenue d’une réunion politique dans une enceinte sportive". Elle précise ensuite sa position :

 

 

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Il a été répondu que le bureau exécutif fédéral avait exprimé son refus. La FFJDA tient à communiquer qu’en respect de ses statuts et règlements qui imposent une nécessaire neutralité idéologique, philosophique ou religieuse, elle se doit de garantir la laïcité à tous ses adhérents.

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Pour autant, comme le rappelle la Fédération de Judo, Benoît Hamon et son équipe sont dans leur droit. La gestion de l’Institut de Judo – propriété de la FFJDA sous bail emphytéotique avec la Mairie de Paris - est en effet assurée, par convention, par la mairie de Paris. C’est donc la municipalité "qui a pris la décision d’accorder ce créneau horaire (en dehors de ceux de la FFJDA) au meeting de Benoît Hamon", précise la Fédération de Judo.

 

Joint par le Lab,Roberto Romero se dit "un peu étonné" par ce communiqué et s’étonne notamment de l’évocation de la laïcité dans ce message. "Il ne faut pas que les sportifs oublient que l’Institut national de judo reçoit des fonds de la mairie de Paris, de la Région et de l’Etat. C’est un établissement public qui participe au rayonnement de toute l’Ile-de-France et même au-delà", explique le directeur de campagne adjoint de Benoît Hamon. "On ne gêne personne", ajoute-t-il, estimant qu’il "n’est pas scandaleux qu’il y ait de temps en temps une réunion" politique à cet endroit.

Ce choix n'est pas un hasard. Le 27 mai 2005. Ce jour-là, dans cette salle, les ténors de gauche du non au Traité européen tenaient leur dernier meeting deux jours avant le référendum. Devant 1.500 à 2.000 personnes, plusieurs responsables socialistes de l’époque s’étaient succédés à la tribune comme Jean-Luc Mélenchon, Claude Bartolone, Gérard Filoche et Henri Emmanuelli ou encore Marie George Buffet (PCF), José Bové et même l’ex-ministre Allemand Oskar Lafontaine.

La réunion des partisans du non tenue à l’Institut de Judo n’a pas été oubliée par Benoît Hamon, qui souhaite rassembler la gauche en cas de victoire à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Ce beau souvenir est même l’une des principales raisons expliquant le choix de ce lieu pour son avant-dernier meeting de campagne. "Quand on a su que l’Institut national de Judo était disponible, on a décidé de choisir cette salle. C’est un symbole lié à la victoire du non au Traité européen", souligne Roberto Romero. Chez les hamonistes, on est donc visiblement superstitieux.

Au même moment que le meeting de Benoît Hamon, un autre candidat à la primaire animera une réunion publique à Paris : Arnaud Montebourg. L’ancien ministre de l’Economie a quant à lui opté pour le gymnase Jean Jaurès, dans le XIXe. Si la salle choisie par le député des Yvelines a une capacité de 3.000 personnes – dont 2.500 places assises – celle réservée par l’ex-député de Saône-et-Loire peut contenir 1.800 personnes. Le match à distance Hamon-Montebourg sera donc scruté de près à quatre jours du premier tour. Du côté de chez Benoît Hamon, on assure en tout cas que le candidat ne délivrera pas cette-fois un discours de deux heures, comme il l'avait fait lors d'un meeting au gymnase Japy le 14 décembre à Paris. 

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