Le député Damien Abad veut "être le trait d’union entre les deux droites" au sein de LR à l'Assemblée

Publié à 17h23, le 20 juin 2017 , Modifié à 12h49, le 21 juin 2017

Le député Damien Abad veut "être le trait d’union entre les deux droites" au sein de LR à l'Assemblée
Damien Abad, député LR de la 5e circonscription de l'Ain. © AFP
Image Victor Dhollande-Monnier

Victor Dhollande-Monnier

Le parti Les Républicains est au bord de la crise de nerfs. Depuis la débâcle de François Fillon à la présidentielle et la claque des législatives, les langues se délient et deux courants s’opposent : les "constructifs" et ceux qui veulent assumer "une droite forte et claire" (selon les mots d’Eric Ciotti). Pour éviter que le parti ne se déchire, un homme propose de faire la synthèse : le député de l’Ain Damien Abad.

Thierry Solère a annoncé ce mardi 20 juin au Parisien et à France Inter son intention de créer un groupe parlementaire indépendant de LR et favorable au gouvernement. Pour justifier cette scission, le député des Hauts-de-Seine a souligné non sans malice la grosse perte de vitesse de son parti en nombre de députés depuis 2002. En face, Éric Ciotti a lui souhaité dès sa réélection dimanche soir l’exclusion de LR des députés de droite Macron-compatibles. Pour calmer ces volontés claniques, le député Damien Abad propose ce mardi 20 juin dans les colonnes du Monde "d’être le trait d’union entre ces deux droites". Il pourrait même proposer sa candidature à la tête du groupe LR à l’Assemblée pour apaiser les esprits :

"

Je peux être un trait d’union entre ces deux droites.Je veux une opposition constructive mais très vigilante et j’ai eu une candidature En marche face à moi.

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[EDIT 19h] C'est officiel : Damien Abad est bel et bien candidat à la présidence du groupe. Il a déposé sa candidature mardi après-midi.

Le député de 37 ans a donc trouvé une formule *légèrement* alambiquée pour faire la synthèses entre ces deux droites : "une opposition constructive mais très vigilante". Ou comment s'opposer à la politique d'Emmanuel Macron sans passer pour un frondeur primaire. 

Entre les "Macron-compatibles" et les partisans de l’opposition au gouvernement, certains députés LR rescapés de la vague Macron s’agacent de l’ambiance. C’est le cas de Philippe Gosselin qui propose, lui aussi, une synthèse ce mardi 20 juin dans Le Monde :

 

"

Une opposition frontale ne m’irait pas, les choses ont trop évolué. Mais un vote de confiance, cela signifie une adhésion à tout un projet. Nous pouvons trouver une troisième voie. Mais pas une quatrième ou une cinquième, car on arriverait à une atomisation sans issue.

"

Mais quelle pourrait être cette troisième voie ? Un troisième groupe au sein de LR ? Un groupe encore plus libre de LR, voire indépendant ? 

Reste à savoir ensuite si ces députés au poids politique moindre sauront embarquer avec eux les Wauquiez, Ciotti, Solère, Raffarin et autres poids lourds dans cette troisième voie. 



[EDIT 21/06]

Le suspense n'aura pas été long. Ce mercredi 21 juin, Christian Jacob a été réélu président du groupe LR à l'Assemblée avec 62 voix, contre 32 pour Damien Abad.


 
 

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